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« La récréation est terminée….ceux qui refuseront de se soumettre aux principes seront tout simplement remerciés ». Voilà en quelques mots, paraphrasé, Alpha Ibrahima Kéira, le nouvel homme fort de l’entourage du chef de l’Etat, le général Lansana Conté qui, dans un décret inattendu, s’est débarrassé de deux de ses serviteurs : Sam Mamadi Soumah, ancien ministre Secrétaire général de la Présidence, muté, récemment à la Caisse Nationale de Sécurité Sociale - où il refusera de prendre fonction - et Idrissa Thiam, ancien directeur du protocole de la République. Deux hommes qui auront terni l’image de la présidence par des pratiques estimées douteuses. Comme le précise le décret de leur révocation, Sam Soumah est rendu au département de la Fonction publique, pour abandon de poste et Idrissa Thiam, remercié pour faute lourde. Cette décision du chef de l’Etat vient à point nommé, cependant, c’est avec une certaine réserve que la nouvelle sera accueillie par la plupart des citoyens, étant donné que, depuis un certain temps, la gestion des affaires de l’Etat semblait ne plus être une préoccupation pour le président Conté. Un fait qui aura été mis à profit par certains de ses collaborateurs pour abuser du pouvoir, en lui faisant souvent signer des décrets dont celui qui vient d’être abrogé. Une situation impensable sous d’autres cieux, quand on sait, comme l’a souligné déjà Alpha Ibrahima Kéira, que la présidence de la République est un « lieu saint ». Tout au moins, un milieu où la discrétion et l’honnêteté doivent être observées. La nomination d’Alpha Ibrahima Kéira, quoi qu’on en dise, est le moindre mal, compte tenu de la nécessité de mettre de l’ordre dans la maison. C’est là que doit commencer le changement attendu. La prise en main de la gestion de l’Etat est une priorité et il ne revient qu’au président de République d’en faire sa préoccupation. Cela, pour éviter toute confusion susceptible d’aboutir à une nouvelle crise au sommet de l’Etat, comme il nous a été donné d’en vivre ces derniers temps. Qu’est-ce que Kéira pourra apporter, de nouveau, dans la gestion de l’entourage du pouvoir, pour améliorer la gouvernance, mieux, pour permettre au gouvernement Souaré de disposer, surtout, d’une marge de manœuvre suffisante dans l’accomplissement de sa mission qui, malheureusement, est loin d’en finir avec les difficultés ? Difficultés liées, non seulement, aux nombreuses revendications latentes, mais aussi à certaines disposions internes. Il faut rappeler que le gouvernement Souaré, malgré son ouverture, s’était voulu, dans un premier temps, fermé aux anciens ministres. La nomination de Kéira viole ces dispositions, estimées sélectives, et ouvre la porte à d’autres opportunités, pourquoi pas à d’autres anciens ministres qui ont fait leurs preuves et qui, malheureusement, restent des victimes de la mauvaise gestion des affaires présidentielles par des individus qui n’en faisaient qu’à leur tête. Une page vient d’être tournée, en attendant d’autres décrets-surprises. Thierno Dayèdio Barry L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
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