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Les actes posés par le ''Professeur'' Alpha Condé depuis son investiture ne donnent nullement l’impression d’un retour à la Guinée de Sékou Touré avec un Etat providentiel auquel les nostalgiques de ce régime s’attendaient. Le comportement du Président ne fait que renforcer, au contraire, la conviction de ceux qui craignaient de voir à la tête du pays un autre dictateur.
Une rétrospective du comportement de l’opposant historique ces derniers temps peut à elle seule en dire long sur ce que sa gestion réserve au peuple de Guinée. "Le retour de la police économique", la guerre contre des catégories socioprofessionnelles et les propos désobligeants à l’endroit de certaines communautés, sont autant de faits qui rappellent les pires moments de la dictature de Sékou Touré. Sous Alpha Condé, nous assistons à un recul de la démocratie et de l’état de droit, s’accordent à reconnaître beaucoup de Guinéens.
Pour être plus exhaustif, il faut ajouter ses discours à Dixinn et Kindia en langue nationale. Des discours particulièrement dévastateurs et pleins de propos peu rassembleurs, de sous-entendus et rancuniers. Aussi écœurant, il a maintenu dans son équipe des individus au passé plus que douteux en termes de probité morale.
L’arrestation de Yari Briqui, l’ancienne présidente des mareyeuses de Guinée le 5 Avril 2011 à son domicile suite aux violences des forces de l’ordre contre les partisans de Mamadou Cellou Dalein Diallo et les violences elles-mêmes sont, on ne peut plus, d'autres illustrations du caractère dictatorial du nouveau régime. Cela ne devrait surprendre personne.
Pendant les campagnes électorales au compte de la présidentielle de 2010, le ''Professeur'' Alpha Condé n'a cessé de déclarer que s'il était élu, il allait reprendre le pays là où feu Ahmed Sékou Touré l'avait laissé. Cette déclaration, bien qu'elle soit une promesse de campagne, a été prise au sérieux par beaucoup de Guinéens, ''victimes'', selon eux, du régime de feu Ahmed Sékou Touré. Quoi qu'ignorant le sens dans lequel Alpha Condé va aller.
Le régime du chef suprême de la Révolution, père de l'Indépendance du pays a été l'une des plus grandes dictatures du monde, selon plusieurs organisations de défense des droits de l'homme. Selon les mêmes sources, au moins 50.000 personnes ont péri, sous ce régime qui a privé les Guinéens de tous leurs droits et concentré tous les pouvoirs entre les mains du chef de l'Etat et sa famille.
Se rappelant du tristement célèbre camp Boiro, des exécutions extra judiciaires, des pendaisons, des exactions de la police économique, pour ne citer que ceux-là, ce projet, pour cette bonne partie de la population guinéenne, n'est autre qu'une véritable descente aux enfers. Pour eux, vu l'aspiration des Guinéens à la liberté, le pays n'a aucune raison de tomber dans une nouvelle dictature.
Le régime de feu Sékou Touré s’étant caractérisé au moins par une gestion rationnelle des ressources du pays, d’autres Guinéens ont pensé que le retour au respect de la chose publique pouvait aider la catastrophe engendrée par le ‘’laisser aller’’ instauré en système de gouvernance sous Lansana Conté. Ce serait un rempart contre la dépravation des mœurs, selon certains.
Pour le site d’information Guinéeconakry.info : « S’il y a quelque chose qu’Alpha Condé a pu changer, pour le moment, c’est seulement sa personne. » « On a de plus en plus l’impression qu’au lieu de réaliser le changement pour lequel les Guinéens l’ont élu, Alpha Condé veut se changer lui-même » explique le site.
Heinan Goba
www.guineeactu.com
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