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La vie politique guinéenne est ainsi faite : les mensonges et surtout les arguments fallacieux ! Certes notre pays n’a pas l’apanage de ce travers, mais il faut bien admettre qu’il excelle dans cet art. Arguments bidon, rumeur, supputations et attaques personnelles, souvent nauséabondes, font florès dans la presse (notamment électronique). Ainsi, depuis le décès du dictateur Lansana CONTE et constatant l’évidente pole position du leader du RPG, le Pr. Alpha CONDE, dans la course à la présidence de la République, que sa rentrée triomphale du 11 Avril vient de corroborer, ce dernier est jalousé, critiqué, vilipendé, imité, injurié, de façon pavlovienne, par ses détracteurs. Sachant que l’opposant historique est, en réalité, inattaquable sur le plan personnel et sur celui des idées, la ressource stratégique de certains de ses adversaires politiques et détracteurs est dorénavant basée sur un âgisme (1) primaire, sur fond de manœuvres politiciennes, qui vise, d’une part, à l’empêcher par loi d’être candidat à l’élection présidentielle et, d’autre part, à le présenter à l’opinion publique comme une vieille personne inapte à diriger la Guinée. C’est la raison pour laquelle, ils ont décidé, pour des arrière-pensées politiques indicibles, de mettre insidieusement l’âge du leader du RPG au centre du débat politique guinéen. Au-delà de nous révéler l’inaptitude de ces personnes à générer, dans l’espace public, un vrai débat démocratique, leur démarche représente une grave dérive qui pourrait conduire notamment à des tensions politiques aux conséquences imprévisibles. Les exemples sont innombrables dans le monde et notamment en Afrique. Dans le débat politique, il est piquant, d’ailleurs, de constater qu’ils essayent souvent d’étouffer le carillon des médias (notamment la presse électronique) sur des sujets qui les dérangent, et qui sont pourtant importants pour l’intérêt général. Par contre, ils préfèrent faire de la diversion en nous parlant de l’âge de l’inusable leader du RPG. Et ils n’aiment pas aborder les questions de fond : comment esquisser des ébauches de solutions aux attentes d’une population confrontée à la misère, comment bâtir des institutions démocratiques fortes, comment résorber les particularismes communautaires en faveur de la construction d’une nation, comment lutter contre la corruption, comment assurer la sécurité des biens et des citoyens, comment mettre en place une justice indépendante au service des citoyens, quelles stratégies proposées pour que le pays mobilise efficacement la rente du développement…Concomitamment aux manœuvres politiques irresponsables qui se mènent du côté du CNT, dont le socle est un travail de lobbying destiné à influencer certains membres de cette institution, les relais médiatiques passent, l’essentiel de leur temps, à brocarder le leader Alpha CONDE sur son âge et, en même temps, à écrire sur leurs mentors des articles qui ressemblent clairement à des plaques publicitaires. Obéissant à leurs fantasmes politiques et, singulièrement, à un âgisme primaire, ils traitent, de plus en plus, le leader du RPG sous l’angle de l’âge en lui attribuant arbitrairement et gratuitement 74 ans, 76 ans, 78 ans… Et, faisant fi de nos valeurs qui exigent le strict respect dû aux personnes âgées, ils le dépeignent souvent comme sous les traits de « Mathusalem » (2), de « vieux fini »… En fait, les politiciens qui sont derrière ces manœuvres politiques craignent l’incontestable grande popularité du leader du RPG auprès des électeurs et, par voie de conséquence, ont peur de l’affronter sur le terrain électoral. Pour avoir cautionné l’autoritarisme et la prédation économique sous Lansana CONTE, ces politiciens opportunistes, qui se sont subitement mués en militants de la démocratisation et de la bonne gouvernance en Guinée, ne se sont jamais confrontés au seul baromètre qui vaille : le suffrage universel. Ils nourrissent, en fait, l’espoir d’écarter par des manœuvres le leader du RPG à la course à la présidence. Même si un tel scénario aurait pu inévitablement ouvrir …la boîte de pandore, ces irresponsables pyromanes ne reculent devant rien. Son légendaire et enviable parcours de combattant pour la démocratie et les droits de l’homme, son important projet de société, ses valeurs, son C.V orné de prestigieux diplômes, son incontestable légitimité politique et historique, son très riche et enviable carnet d’adresses, sa stature internationale, ses convictions politiques et économiques, ses années de prison, son aversion pour les compromissions (une qualité rare en politique), ses millions de militants inconditionnels…sont mis de côté, dans leurs analyses, pour ne le percevoir qu’au seul prisme du rapport à l’âge. Une perception de l’âge qui relève évidemment du sectarisme. C’est bien triste. Mais ils peuvent être certains que ces attaques inutiles et injustes ne pourront pas percer la carapace du leader du mouvement populaire, le RPG. Que les fantasmes et les mensonges s’estompent donc au profit de la vérité : Alpha CONDE, qui est en possession de la totalité de ses ressources intellectuelles, psychologiques et physiques, est né en mars 1938 à Boké, et, donc, il a 72 ans. Qu’ils retiennent cela pour toujours, et cessent de lui donner injustement l’âge qu’il n’a pas. Il est clair qu’au regard de sa forte mobilité et de son dynamisme, il n’est pas exagérer de dire qu’il semble même bénéficier d’une seconde jeunesse. D’ailleurs l’âge avancé de cet homme, qui a toujours été aux avant-postes sur le terrain du combat pour l’alternance politique dans notre pays, est synonyme pour nous de courage, de discipline, d’expérience, de patience, de maturité, d’orthodoxie, de désintéressement, d’éthique…
Mais s’il ne s’agit pas de la Guinée, ce pays de tous les paradoxes où ces personnes ont appauvri le débat politique, sous d’autres cieux les gens tomberaient, en effet, des nues, si on leur disait qu’il messied, à cause seulement de son âge avancé, au leader d’un grand parti politique ayant une très une grande popularité, de vouloir présider aux destinées de son pays. Comme si appartenir à la catégorie des personnes âgées est un crime. Que ces pyromanes de la vie politique guinéenne comprennent qu’ils entreprennent quelque chose de totalement impossible. Car, empêcher le leader du RPG d’être candidat à l’élection présidentielle, revient à faire passer un chameau par le chas d'une aiguille. Impossible.
En fait, dans l’analyse du profil d’un homme politique, au lieu d’accorder à l’âge un rôle déterminant, c’est plutôt l’état de santé qui doit mériter notre attention. Et dans ce cas, il est incontestable que des soucis de santé peuvent paraître à toute période de la vie. C’est un truisme de dire, en effet, que la maladie ne fait pas de distinction d’âge. C’est la raison pour laquelle, dans les pays où la démocratie n’est pas un habit neuf, l’analyse et les textes se focalisent souvent sur l’état de santé, mais pas sur l’âge des hommes politiques. Il n’échappe à personne que dans l’écrasante majorité des vieilles démocraties occidentales, les textes n’imposent pas, comme critère, une limitation d’âge des candidats à l’élection présidentielle ou à la députation. Les textes imposent au contraire l’expérience comme critère d’éligibilité à cause de l’exigence pour les candidats d’avoir un âge minimum (3). Appréhender donc le profil d’un homme politique à l’aune de son âge est réducteur, car l’âge ne représente qu’une caractéristique très marginale de celui-ci. Toutefois, il faut s’empresser d’ajouter que suggérer de ne pas faire de l’âge un aspect important dans l’analyse du profil du politique, ne prend pas à rebours le nécessaire renouvellement du personnel politique, qui constitue, à coup sûr, une variable importante pour asseoir la modernisation de la vie politique nationale. Et comme le renouvellement du personnel politique est une œuvre de longue haleine, culpabiliser les personnes âgées de la classe politique guinéenne n’est pas la solution à nos problèmes ; par contre c’est l’intergénération entre les acteurs politiques qui est à encourager, afin d’éviter le verrouillage.
Ah si j’avais une baguette magique, je ressusciterais le père de la réconciliation franco-allemande, l’un des pères de la construction de l’union européenne, l’architecte de l’Allemagne moderne, Konrad ADENAUER, qui est devenu chancelier à 73 ans, pour qu’il leur rappelle que l’âge n’est un pas handicap pour bien diriger son pays. Oui, si j’avais une baguette magique, je ressusciterais sans doute celui que tous les observateurs sérieux désignent, dans l’histoire contemporaine américaine, comme le dernier grand président républicain, Ronald REAGAN, et qui fut élu président des Etats-Unis à 70 ans. Pourquoi, ces personnes refusent de se rappeler que John McCAIN, candidat républicain malheureux à la dernière élection présidentielle, n’a pas perdu, en novembre 2008, à cause de ses 72 ans, mais plutôt à cause de son pauvre projet de société, de ses impairs, de son conservatisme exacerbé, de sa colistière Sarah PALIN, de son réel manque de compétences en économie dans un contexte de crise financière et économique internationale d’une violence inouïe, de son approche guerrière des crises qui polluent la vie internationale… Malheureusement que le cancer a emporté le Sénateur démocrate, Ted KENNEDY, à 77 ans, sinon il ferait partie aujourd’hui, à cause de sa riche expérience, de la galaxie OBAMA.
Les âgistes doivent se rappeler quand même que la Reine Elisabeth II du Royaume Uni a 84 ans. Ils ne doivent pas oublier non plus qu’Albert II, le Roi des Belges, et Harald V, le Roi de Norvège, ont chacun 76 ans. Mais les 72 ans de Beatrix, la Reine des Pays-Bas, qui occupe le trône depuis 1980, ne lui posent pas problème dans l’exercice de ses fonctions. Il en est de même pour Margrethe II qui, avec ses 70 ans, n’a aucun problème pour exercer ses fonctions de Reine de Danemark. Idem pour le Roi Juan CARLOS qui, avec ses 72 ans, règne sur l’Espagne sans problème. Nous savons tous que le Président Italien, Giorgio NAPOLITANO, a 85 ans et fait bien son boulot. Toujours en Italie, le Président du Conseil, Silvio BERLUSCONI, va fêter, en septembre, son 74e anniversaire. Le Pape allemand Benoît XVI, Chef d’Etat de la Cité de Vatican, est âgé de 83 ans. N’oublions pas aussi que Jacques CHIRAC, qui fut près de deux décennies le Maire de Paris, a quitté l’Elysée à l’âge de 75 ans. La liste est longue. Ainsi, ce qu’il faut retenir, et ne pas perdre de vue dans l’analyse, c’est le volontarisme, le mouvement, l’énergie et le dynamisme d’un homme politique pour son pays qu’il ambitionne de diriger.
Si nous sommes des vrais démocrates, nous devons facilement admettre cette lapalissade : il n’y a aucun lien entre l’âge et les qualités du politique, tout comme il n’y a aucun lien entre les origines sociales, familiales ou patronymiques et les qualités du politique. Tout est lié au contraire à la bonne santé, au patriotisme, aux compétences, à la volonté, aux valeurs, au programme politique, au parcours politique, aux qualités humaines et sociales...du politique. L’âge en lui-même a très peu de signification, car la bonne santé n’est pas toujours liée à l’âge. Le versant nocturne du discours âgiste, aux visées politiques inavouées, est qu’il fait implicitement de la vieillesse l’origine de toutes les tares mentales, physiques ou politiques et, en même temps, du jeune âge ou de l’âge adulte la garantie d’une bonne santé, d’une meilleure gouvernance et d’une pensée prolifique . Or, cela représente non seulement un raisonnement biaisé, mais aussi une curieuse perception des générations et de la pratique démocratique dans la société guinéenne. Et c’est justement pour nous mettre à l’abri d’un tel mauvais raisonnement sur la notion de l’âge que la deuxième grande figure de la sociologie française du 20 siècle, Pierre BOURDIEU, nous suggère de comprendre « l’âge [comme] une donnée biologique socialement manipulable et manipulée [..]. » (4).
Sans risque de se tromper, on peut affirmer que de la jeunesse à la vieillesse, il n’y a pas d’âge idéal pour présider aux destinées d’un pays et, en même temps, il n’y a pas de corrélation entre l’âge et le rendement du dirigeant politique. Sinon comment ils expliquent, en effet, qu’Umaru YAR’ADUA, le président du Nigeria, soit incapable de gouverner à 59 ans à cause des ennuis de santé ? Qui peut me dire qu’ Abdoulaye WADE, qui est actuellement âgé de 84 ans et qui a accédé au pouvoir à 74 ans en 2000, est un Président qui ne fonctionne pas à cent pour cent ? Ce dernier s’apprête même à solliciter un troisième mandat en 2012, c’est-à-dire quant il aura 86 ans. Mais il est aussi indéniable que le dictateur de Hararé, Robert MUGABE, à 86 ans, assume totalement les fonctions accaparantes du Président de la République, et ne passe pas l’essentiel de son temps dans les cliniques occidentales. Qu’on fasse un effort pour se souvenir que l’icône mondiale, Nelson MANDELA, est devenu Président de l’Afrique du Sud à 76 ans. Pourtant c’est bien visible qu’on gouverne en Gambie, au Togo et au Congo-Kinshasa, comme on avance à tâtons dans le brouillard et ce, en dépit des 45 ans du Président Yaya JAMEH, des 44 ans du Président Faure EYADEMA et des 39 ans du Président Joseph KABILA. Mais il est indéniable que la jeunesse du Capitaine Moussa Dadis CAMARA n’a pas aidé à nous protéger contre sa mégalomanie meurtrière. Il faut donc comprendre que les critiques, consacrées à l’âge de l’homme politique, sont injustes et relèvent seulement de la mauvaise foi.
Que les âgistes politiques de tout acabit prennent conscience du fait que, grâce aux progrès de la médecine et de l’hygiène, la vieillesse n’est plus, et notamment en occident, une période d’inactivité avant la mort, mais elle est devenue une véritable étape physiologique de la vie. On ne vieillit plus aujourd’hui de la même manière qu’hier. On peut plus considérer la vieillesse comme une « maladie » liée à l’écoulement du temps, car ces progrès de la médicine et de l’hygiène permettent aujourd’hui qu’un octogénaire ait une meilleure forme physique et mentale qu’un sexagénaire d’il y a cinquante ans. D’où l’importance de rappeler que les différentes périodes de la vie (jeunesse, âge adulte, vieillesse et grand âge) ne sont que des données complexes qui sont loin d’être immuables. Cette réalité n’a pas échappé à Pierre BOURDIEU, lorsqu’il dit « La jeunesse n’est qu’un mot en ce que jeunesse et vieillesse sont "construites socialement".» (5). La perception de la vieillesse peut donner lieu à une interprétation multiforme. La vieillesse est plurielle, et c’est pourquoi il faut toujours articuler cette notion à la culture, au statut social, aux conditions de vie et d’hygiène, à l’environnement, au mode de vie…Dans les sociétés occidentales, l’être humain vit de plus en plus vieux, car il est de plus en plus mieux portant et valide. Dans ces sociétés l’espérance de vie, qui est différente de la longévité humaine qui plafonne à 110 ans, ne fait que croître. Il faut donc en finir avec les idées reçues sur les personnes âgées et, surtout, sur celles qui évoluent dans sphère politique. Mais, comme les jeunes et les adultes, il faut se rappeler que les personnes âgées, qu’elles soient politiques ou pas, sont des citoyens à part entière. C’est malheureux de constater qu’en Guinée, il a paru insupportable à certains que les hommes naissent et demeurent égaux en droits. Sachant que le Pr Alpha CONDE, qui a su mobiliser la clameur populaire autour des idéaux et un projet de société, a les mains propres et jouit d’un enviable parcours politique, les âgistes, à court d’arguments sérieux, trouvent dans l’âge de l’opposant historique l’occasion de faire de la diversion dans le débat politique. Il est vrai que son combat légendaire pour la décolonisation en Afrique (FEANF), et, surtout, pour la démocratie et les droits de l’homme en Guinée fait de lui une sorte d’ovni politique au sein d’une classe politique où, dans la plupart des cas, l’on ne devient opposant promoteur de l’alternance démocratique et de la bonne gouvernance qu’une fois débarqué du gouvernement. Contrairement à cette posture opportuniste de beaucoup de nos présidentiables, le Pr Alpha CONDE, lui, n’a jamais ménagé ses efforts dans le combat pour la démocratie et les droits de l’homme au sein du maelström politique guinéen. Il faut qu’on fasse un effort quand même pour se souvenir que c’est le RPG, plus que n’importe quelle formation politique en Guinée, qui a mis, sous la houlette de son leader, de façon cohérente et, surtout, permanente, le régime fainéant et autoritaire de Lansana CONTE, qui « a transformé en un quart de siècle "la perle de l’Afrique " en un lupanar pour multinationales » (6), sur le gril des revendications pour la démocratie, le respect des droits de l’Homme et la bonne gouvernance. Jusqu’au bout, le Pr Alpha CONDE, ce militant démocrate de toujours, est resté fidèle à lui-même : l’homme politique qui doit incarner les aspirations du peuple guinéen pour le changement politique, qui doit induire la démocratie et le progrès socio-économique et culturel.
En conséquence, que l’irrespect, l’hypocrisie, la haine, la manipulation, la diversion, le mensonge et la mauvaise foi cèdent la place à la vérité qui blesse : il n’y a aucun candidat à la prochaine élection présidentielle qui peut mieux incarner le vrai changement politique plus que l’inoxydable leader du RPG, le Professeur Alpha CONDE, qui a refusé d’assumer n’importe quelle fonction en Guinée sans l’onction du suffrage universel. Aucun. Il est bien dommage que cette vérité qui crève l’œil ne soit pas comprise ou intégrée par ses détracteurs. Partant, qu’on nous en veut pas de leur balancer tout de go : à cause de leur passé, tous les autres candidats à l’élection présidentielle ne peuvent incarner qu’un changement dans la continuité. C’est évident! Et c’est la raison pour laquelle les militants du leader du RPG, qui furent longtemps réprimés, humiliés, harcelés, torturés, traqués, injuriés, massacrés…sous Lansana CONTE, brûlent de le voir s’installer à Sékoutoureya, pour opérer l’indispensable changement (tous azimuts) permettant de mettre notre pays sur les rails du progrès socio-économique et culturel, de bâtir des institutions démocratiques fortes, d’éradiquer la corruption, de libérer les pensées et les énergies nécessaires à l’édification d’une nation guinéenne forte et réconciliée avec elle-même. C’est pourquoi des millions de guinéens restent convaincus que ce changement, tant attendu par le peuple de Guinée, ne peut être impulsé réellement que par un homme politique nouveau, qui gage son action sur la transparence, la compétence, le patriotisme, le travail en puisant dans des idées et des valeurs qui tranchent totalement avec l’autoritarisme et, aussi, avec la gestion patrimoniale qui ont rendu malade notre pays. En effet, pour guérir le malade, les potions thérapeutiques doivent être administrées par un homme politique nouveau et intègre. Car, et il ne faut pas se lasser de le rappeler, le problème majeur dont souffre le continent africain en général et la Guinée en particulier, est que ses politiciens conçoivent malheureusement la politique comme un moyen de parvenir au bonheur matériel personnel et non pour réaliser le bien-être commun. Au RPG, nous sommes donc déterminés à mettre fin à cette situation, et, ce faisant, à lutter implacablement contre la « politique du ventre » (7). Une fois élu à la présidence de la République, le Pr Alpha CONDE sera le chantre de la lutte contre la corruption parce que nous sommes convaincus qu’aucune politique de développement ne saurait sortir notre pays du sous-développement en l’absence d’une lutte efficace contre la corruption, le clientélisme et le népotisme... Oui, nous nous sommes promis de mettre fin à cette sinistre et révoltante pièce théâtrale en Guinée, où les multinationales prédatrices, les spéculateurs, les puissances tutélaires du Nord et les élites dirigeantes vénales se distribuent les rôles, alors que le citoyen guinéen n’est que simple spectateur. Oui, une fois au pouvoir, le RPG, qui n’a jamais mis son drapeau idéologique dans sa poche et qui s’est toujours affiché comme un parti de gauche digne de ce nom, est prêt à abattre le modèle féodal et oligarchique, qui s’est enraciné dans notre pays, pour que nos ressources naturelles, qui font de notre pays l’un des coffres forts de l’Afrique, profitent désormais à l’ensemble des guinéens. Partant, au rebours des discours âgistes et inaudibles, et afin d’améliorer la qualité du débat politique et d’éviter la violence dans notre pays, dans cette phase de campagne électorale, les analyses doivent se porter sur les reformes qui sont nécessaires pour l’éclosion de la démocratie et de la bonne gouvernance en Guinée, car, il sied de reconnaître que l’âge n’est pas un argument qui tombe sous le sens.
Par ailleurs, il faut admettre que pour mettre en œuvre un processus de transformation sociale et surtout assurer un meilleur avenir, la jeunesse guinéenne a besoin de modèle et de repères qui peuvent l’inspirer, et l’amener à se surpasser. Car seul un modèle est capable d’amener les autres à se surpasser par le fait qu’ils croient en sa vision et, par voie de conséquence, en tirent une force extraordinaire. Mais, honnêtement, parmi tous ces présidentiables, dont la plupart sont, peu ou prou, comptables du désastreux état de notre pays induit par des décennies d’autoritarisme et de prédation économique, qui peut mieux jouer cet indispensable rôle de modèle pour notre jeunesse plus que le leader du mouvement populaire, le RPG ? C’est pourquoi, loin de la politique politicienne et du discours âgiste, au RPG, nous pensons, qu’avec l’actuelle situation politique, et après plus de cinquante ans d’indépendance et de misère, les conditions sont réunies pour un véritable changement politique pour que les guinéens puissent enfin laisser leur empreinte sur le pays en contribuant, tous ensemble, à l’œuvre de la construction nationale.
Enfin, retenons que l’âge, qui ne constitue que le témoignage du vécu, de l’expérience et des années écoulées, n’est jamais un facteur de risque par lui-même. De même qu’il faut intégrer l’idée qu’on ne juge pas un démocrate sur son âge chronologique ou calendaire, mais sur ses actes et sur ses idées. Et, dans l’intérêt de notre pays, il faut donc en finir avec les stéréotypes, les idées dépassées et les manipulations âgistes sur les personnes âgées en politique. Heureusement que le 27 juin, le peuple guinéen, par le suffrage universel, s’exprimera de manière souveraine, et c’est cela qui compte. Et il est évident que le choix des guinéens ne se fera pas sur l’âge de tel ou tel candidat, mais sur le parcours politique et les qualités des candidats, et, surtout, sur les programmes que les uns et les autres sauront présenter pour que notre pays, que nous aimons tous, amorce la spirale du développement.
Mariame CAMARA, RPG Allemagne
(1) Âgisme: Le terme âgisme est né, à l’entame des années 1970, aux Etats-Unis, dans la littérature scientifique consacrée à la Gérontologie. Au début, il désignait exclusivement les discriminations et les mépris à l’égard des personnes âgées. Mais de nos jours, le terme a évolué pour couvrir toutes les personnes (enfants, jeunes, adultes et vieux) victimes de ces problèmes à cause de leur âge. Pour certains analystes, l’âgisme est, par analogie, à l’âge ce que le sexisme est au sexe, le racisme aux races, l’ethnocentrisme aux ethnies…
(2) Mathusalem est, dans l’Ancien Testament, connu pour être la personne la plus âgée, et symbolise donc la longévité.
(3) La Constitution américaine impose, par exemple, comme critère d’éligibilité des candidats à la présidence des Etats-Unis d’être âgé de plus de 35 ans. Pour la France, le candidat doit avoir au minimum 23 ans.
(4) et (5) in Pierre BOURDIEU, " La Jeunesse n’est qu’un mot ", Questions de Sociologie, les Editions de Minuit, Paris, 1984, pp.140-155
(6) Lire Gilles NIVET, La Guinée, d’un putsch à l’autre, Le Monde Diplomatique, Novembre 2009, Page 11
(7) Pour une lecture approfondie sur cette expression, lire Jean François BAYART, " L’Etat en Afrique. La politique du ventre", Fayart, Paris, 1989.
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