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Alpha Condé dit avoir constaté « des actes de sabotage » des actions de son gouvernement de la part de certains cadres du Département de la Santé et de l’Hygiène publique. Mais, le Président de la République, Chef de l'Etat se montre incapable de sanctionner les auteurs de ces actes « inadmissibles et de honteux pour la Guinée ».
Le centre national de transfusion sanguine (CNTS) est confronté, depuis quelques semaines, à une crise de poches de sang et de réactifs. Des pertes en vies humaines ont été enregistrées dans les hôpitaux par manque de sang. Il a fallu que le Directeur du CNTS, tire la sonnette d’alarme pour que l'OMS et une petite société de la place contribuent à la résolution de la crise.
Alpha Condé voudrait-il que la situation devienne catastrophique avant d’agir ? Pour quelle raison, le Président de la République s'est-il refusé de réprimer ces actes qu’il qualifie « d’inadmissible et de honteux pour la Guinée » ? Voici autant de questions que se posent, aujourd’hui, les Guinéens qui n'ont pu entendre de leur Président qu'une petite déclaration qui s’apparentait difficilement à un avertissement.
« Nous allons réellement mettre de l’ordre. Comme nous allons mettre de l’ordre dans beaucoup de services. Parce qu’il y a beaucoup de cadres qui sabotent l’action du gouvernement. Nous allons y veiller. Pour les cadres qui ne viennent pas à l’heure, nous allons désormais mettre des pointages. Quiconque sabote, on l’enlève » a lancé Alpha Condé sur les antennes de la télévision nationale.
Cependant, d’après les révélations du Président qui, apparemment, n’est pas surpris par la situation, il manque depuis longtemps des poches de sang en urgence. Il a demandé d'envoyer le bon pour qu’il commande tout de suite de Paris. Mais au lieu de lui envoyer la note pour les poches, on lui a envoyé une facture pour 40 médicaments. En sachant très bien que ces médicaments, on ne peut les avoir que dans plusieurs laboratoires différentes.
« Ces agissements sont des actes de sabotage » selon Alpha Condé. « Comment le gouvernement peut-il être incapable de payer même un million de poches? » s’est interrogé le Chef de l’Etat. « C'est inadmissible que le centre chargé de faire des transfusions soit en manque de poche » a dit Alpha Condé. Bref pour lui, tous ceux qui ont joué sur la ligne ont fait exprès de laisser mourir les pauvres citoyens.
« Docteur Loua dit qu’il a écrit à son ministre. Celui-ci a dit qu’il n’y a pas de budget. S’il n’y a pas de budget, le ministre doit poser le problème en conseil des ministres. C’est un cas d’urgence. On aurait pu régler cela. C’est inadmissible. C’est une honte pour la Guinée qu’on soit obligé de nous donner des poches qui ne valent que 60 000francs. Si on m’avait dit au moins 60 000 euros, je comprendrais » s’est offusqué, le Chef de l’Etat.
« Deux millions de poches ça fait 60 000 francs guinéens. Même en payant un million ou deux millions de poches. C'est réellement une irresponsabilité de ce service. Les gens sont morts parce qu'ils n'ont pas été transfusés. J'étais obligé d'appeler Dakar et Ouaga pour qu'on nous envoie ça d'urgence. C'est à ce moment qu'il m'a expliqué qu'il y a une société qui en dispose ici. On ne peut pas attendre qu’on soit en manque pour demander » s’est indigné une fois de plus Alpha Condé.
Alpha Condé s’est dit convaincu, au regard de la situation qui prévaut au niveau de l’unique centre de transfusion sanguine du pays, que les états généraux de la santé n’ont servi à rien « Il va falloir mettre en place au sommet de l’Etat, une commission médicale qui va réellement prendre les états généraux et mettre en application les recommandations » s’est résolu le Président.
« Le ministère de la santé vient faire les états généraux de la santé. C’est très bien de faire les états généraux. Mais ça ne sert à rien de faire les états généraux si on ne met pas en application leurs recommandations. Je constate donc que les services ne font pas leur travail. C’est pourquoi j’ai demandé au niveau de la Présidence, une commission médicale qui va réellement prendre les états généraux et mettre en application les recommandations … » a promis Alpha Condé pour qui la santé est aussi une priorité.
Est-ce maintenant que le "nouveau surveillant du pays", alors que « la situation en Guinée est tellement pourrie que je suis obligé d’avoir tout à l’œil » (cf. Jeune Afrique), a su que « les états généraux de la santé n’ont servi à rien » ? Pourtant c’est la mode au niveau des départements ministériels qu’il a créé en nombre exorbitant, sans tenir compte du coût financier sur l’économie du pays.
Ce qui a choqué surtout, en ce qui concerne cette crise de poche de sang, est qu’au-delà de ces simples condamnations, et ce en dépit de la gravité des fautes commises, Alpha Condé n’a prononcé aucune sanction contre les auteurs. Il n’a même pas parlé de l’ouverture d’une enquête pour situer les responsabilités. Pour que plus jamais cela ne se répète en Guinée.
Il n’y a pas longtemps, des conseils communaux ont été dissouts et remplacés par les délégations spéciales par Alpha Condé pour mauvaise gestion. Aujourd'hui il se montre incapable de sanctionner les cadres qui relèvent de lui (exécutif).
Entre la mauvaise gestion et le fait que, par négligence, un médecin ou un responsable des services de santé laisse mourir des personnes, qu’est qui est le plus grave ? Pourquoi sanctionner les auteurs présumés de malversation financière et ne rien faire contre les coupables de crime de sang ?
Qu'Alpha Condé nous aide à trouver les réponses à ces questions.
Heinan Goba de Conakry pour www.guineeactu.com
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