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L’homme a encore de la peine à étouffer son arrogance congénitale. Même en rêvant d’être le « président de tous les Guinéens ». On l’a compris suite à son intervention sur Rfi, à la fin de la semaine dernière. Le nouvel homme fort de Conakry vante ici sa victoire, le non de 58 face à de Gaulle, de l’autre côté, dans un parfait mépris, nie l’antagonisme ethnique qu’il attribue aux commerçants peuls. Au même moment, Alpha Condé plaide pour une véritable réconciliation.
Il parait que le président perd souvent la sérénité. Certains l’accusent déjà d’être paranoïaque. Extrait : « Il ne faut jamais oublier que la Guinée a été le seul pays francophone qui a pu voter non en 1958, comme un seul peuple. Le Niger a échoué, le Sénégal a échoué. Donc, si ça s’est fait, c’est parce qu’il y avait l’unité. Disons qu’il y a eu une certaine instrumentalisation des populations, mais aussi il y a eu l’ampleur donnée par les médias. Par exemple, on présente cette élection comme un affrontement entre les Malinkés et les Peuls. Mais à Conakry, quatre communes sur cinq ont voté pour moi et ce ne sont pas des Malinkés. J’ai gagné toutes les préfectures de la Basse côte, à part Boké, toutes les préfectures de la forêt et de la Haute Guinée. Et donc pourquoi tout ramener à un antagonisme ethnique? Il y a aussi une mobilisation qui s’est faite non pas contre une ethnie, mais contre des gens qui détiennent le monopole économique et qui rendent la vie très chère. Il y a eu une révolte de la population contre le comportement de ces hommes d’affaires. Il se trouve que la plupart de ces hommes d’affaires soutenaient le camp d’en face. Vous savez, après le premier tour, on a dit "il y aura des affrontements, ça va mal se passer", etc. Le premier tour s’est passé et il n’y a pas eu d’incidents. Le deuxième tour s’est passé. Il y a des extrémistes qui veulent pousser à l’affrontement mais vous voyez que les choses se passeront calmement parce que les extrémistes seront vite neutralisés. » Il est temps, au moment où le tissu social est en lambeaux, que le président élu tienne un langage fédérateur, en lieu et place des coups bats qui n’ont qu’un seul objectif : narguer.
Au-delà donc du vœu pieux, Alpha Condé doit savoir matérialiser ses déclarations, afin de rassurer tous les Guinéens : « La Guinée a ses quatre régions et ces quatre régions doivent se donner la main. Pour le moment, il y a une instrumentalisation des populations par des hommes d’affaires qui savent qu’ils sont moins des hommes d’affaires que des trafiquants. Mais le peuple est en train de se reprendre. Je suis certain qu’avec de la bonne volonté et une bonne gouvernance, la tolérance et surtout une politique basée sur la vérité et la réconciliation, le tissu social qui est assez déchiré va vite être recousu. » La chose et son contraire : parler d’union ici et persécuter les autres là. Cet amalgame réside même au sein de son alliance où des leaders politiques ou de ce qui y ressemblent rêvaient déjà d’être placés au plus haut sommet de l’Etat. Même analphabètes. C’était sans compter la nuance qu’on reconnaît au mentor. « Il ne s’agit pas d’un gouvernement d’alliance de partis. Quand je dis gouvernement d’union nationale, ça veut dire que toutes les composantes de la Guinée doivent se retrouver dans ce gouvernement, que ce soit les composantes régionales ou les Forces vives, que ça soit les partis, les syndicats, la société civile. Mais ce n’est pas une coalition de partis. Il ne faut pas confondre. » Que d’illusions perdues pour le chapelet de ‘’0,...’’ !
L’œil de Guineeactu.com
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