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Alors que les cent jours de gestion ont été un passage à vide, alors que la crise continue de tenailler les Guinéens qui se battent pour trouver quelques grains de riz, alors que l’eau et l’électricité tardent encore à arriver dans les foyers, etc., Alpha Condé à la tête d’une forte délégation gouvernementale arrive en France pour la première sortie internationale depuis trois mois. Guinéens et Français parleront certainement affaires, gouvernance et politique. Pour cela, le président guinéen sera accompagné selon l’AFP, de plusieurs ministres, dont ceux des Affaires étrangères, de l'Economie et des Finances, de la Justice, des Mines et de la Géologie, mais aussi d’hommes d'affaires. « Alpha Condé doit aussi rencontrer le Conseil français des investisseurs en Afrique (Cian), le MEDEF, principale organisation patronale française, et le maire de Paris, Bertrand Delanoë. »
Cette visite coïncide aussi avec le très controversé décret annulant la concession de Necotrans en le confiant à Bolloré sans plus de formalités. Et du coup, le conclave avec les autorités françaises pourraient tout aussi bien porter sur ce dossier sulfureux. Selon des médias français, « Pour être sûr que le sujet soit évoqué, l’un de ses concurrents, la société Necotrans, a déposé hier à Paris une plainte pour dit-on corruption internationale visant le groupe Bolloré, dans l’affaire du port de Conakry. » D’ailleurs, le journal Libération est revenu cette semaine sur ce qu’il a appelé "imbroglio politico-juridico-économique". « En 2008, le président guinéen de l’époque, Lansana Conté, accorde une concession de vingt-cinq ans au français Necotrans, à l’issue d’un appel d’offres international imposé par les bailleurs de fonds ; Bolloré n’arrivant qu’en numéro 2. Conté décède cinq jours plus tard, une junte prend le pouvoir. En 2009, les militaires suspendent la concession avant de confirmer trois mois plus tard le bail de Necotrans. Mais en décembre 2010, Alpha Condé, opposant historique des potentats locaux, est élu président à l’issue d’un scrutin sans taches. Le 8 mars, il annule par décret la concession de Necotrans, l’armée prenant possession du port, puis en confie la gestion à Bolloré sans plus de formalités. »
L’œil de Guineeactu.com
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