M. Alpha Condé ne semble pas comprendre qu’il est élu Président d’une République. Quatre mois après son élection, il se considère toujours comme étant le délégué d’une région d’un pays dans n’importe quel forum ou conférence. Et, à ce titre, il est appelé à défendre les intérêts de ladite région.
Les actes politiques posés par Alpha Condé depuis son élection à la présidence de la Guinée laissent penser que le pays a à sa tête le représentant d’un lobby qui lutterait pour la possession d’un territoire ou l’accaparement d’un quelconque bien d’un lobby adverse.
Tout indique qu’Alpha Condé croit que l’état de grâce que les Peuls lui accordent, compte tenu de la conjoncture de crise actuelle, est un aveu de faiblesse. Sinon, un renoncement à leur idéal de liberté et de démocratie. Pire, il croit qu’en menaçant les Peuls, il résoudra les problèmes auxquels il est confronté dans sa gestion du pouvoir.
Au lieu de faire une analyse objective de ses difficultés ou de son incapacité à diriger la Guinée, Alpa Condé cible la communauté peule comme le chasseur ferait du gibier. C’est ainsi que lors d’une visite dans la préfecture de Kindia ce vendredi 11 mars 2011, celui qui est censé être le Président de tous les Guinéens s’en est une nouvelle fois ouvertement pris aux Peuls. Cette fois, il est allé très loin. Dangereusement et indignement très loin !
Il a poussé l’ignominie jusqu’à traiter « les Peuls de tortue dont il faut chauffer le derrière ». Comble de l’insolence, il n’a pas hésité à annoncer une date fatidique de sa Guerre aux Peuls. Celle-ci serait le 7avril prochain. Il semble perdre de vue le fait que, pour celui qui voudrait décider du sort d’un peuple ou d’une communauté sociale, il a son propre sort scellé ailleurs par plus puissant que lui. Les Juifs ont survécu à Hitler et au nazisme. Celui qui avait déclaré la guerre aux Peuls n’est plus et les Peuls lui ont survécu. N’est-ce pas ?
A l’analyse des propos d’Alpha Condé sur les Peuls, on ne peut, un seul instant, douter que le comportement du « Président tripatouillement élu de Guinée » relève de la psychanalyse. Sa haine avérée pour les Peuls ne saurait se comprendre si on excluait une analyse clinique. Mais, cette démarche devant appartenir aux spécialistes, il n’y a pas lieu d’y insister. Cependant, le devoir nous incombe de se demander quelle attitude il faut avoir face à la menace Condé Alpha.
Il ne faut pas avoir peur d’Alpha Condé
Les Guinéens dans leur ensemble comprendront très bientôt la stratégie de l’homme qui, sa vie durant, a fait de la haine du Peul une arme politique. C’est très tôt, quand il était à la tête de la Fédération des Étudiants Africains de France (FEANF) qu’Alpha Condé s’est montré un anti-peul viscéral. Son entrée dans l’opposition guinéenne en France ne fera qu’attiser sa haine. On peut même dire qu’il est engagé en politique par jalousie des leaders peuls d’alors. En l’occurrence Siradio Diallo et le Professeur Alpha Ibrahima Sow. Faut-il souligner que ce dernier était un vrai professeur académiquement attitré.
Pour ceux qui douteraient de la véracité des affirmations sur la haine d’Alpha Condé pour les Peuls n’ont qu’à lire « La Guinée Albanie de l’Afrique ou néo-colonie américaine », éditions Gît-le-Cœur, 1972. Il y consacre des chapitres édifiants à sa phobie des Peuls. Nos compatriotes des autres régions qui l’ont côtoyé en France en savent quelque chose. Mais, tous les Guinéens comprendront très bientôt qu’Alpha Condé veut bâtir son pouvoir, car cela seul l’intéresse, en les instrumentalisant.
Alpha Condé pourra-t-il indéfiniment s’attaquer aux Peuls et sauvegarder l’entité nationale ?
L’ethnocentrisme d’Alpha Condé ne datant pas d’aujourd’hui, il ne faut point s’étonner qu’il s’acharne contre les Peuls. Il faut simplement se demander à quand le tour des autres ? Celles et ceux qui pensent pouvoir faire carrière avec lui devraient se détromper. Les uns et les autres auront très bientôt un choix de taille : s’éloigner d’Alpha Condé ou enterrer leur vie politique. Il n’est pas risqué de parier que, dans un avenir très proche, ils se retrouveront sans parti politique ni poste ministériel s’ils comptent sur leur allié actuel.
La stratégie d’Alpha Condé est celle de la liane. Se servir du tronc de l’arbre-tuteur jusqu’à atteindre les branches. Et, en même temps qu’elles cherchent le sommet, ses racines s’enfoncent dans le sol, s’accaparent de la terre nourricière, asphyxient l’arbre- tuteur et le tuent. Telle est l’image qui attend bon nombre de ceux qui croient pouvoir nouer des liens solides avec le Président du RPG.
Pour le moment, la préoccupation d’Alpha Condé se résume à la démolition des Peuls, à la destruction de leurs biens et à l’atteinte à leur dignité. Mais tout cela ne devrait aucunement inquiéter outre mesure la communauté peule. Bref, Peuls de Guinée, ne nous préoccupons pas d’Alpha Condé. L’enjeu est ailleurs.
Il y a une sorte de jurisprudence historique qui devrait apaiser la communauté peule qu’Alpha Condé veut persécuter
Tous ceux qui, dans un passé proche ou lointain, se sont acharnés contre la communauté peule n’ont pas atteint leurs objectifs. Alpha Condé ne risque pas de faire l’exception. Indépendamment de cet aspect, aucun homme politique ne parviendra à sauvegarder la paix sociale d’un pays en semant la division, la haine et le mensonge. Instrumentaliser les composantes nationales en les dressant les unes contre les autres ne saurait construire une politique sur le long terme.
Hier, Dadis était la bête noire d’Alpha Condé. Avant lui, ce fut le Général Lansana Conté et Sékou Touré. Aujourd’hui ce sont les Peuls et le Général Konaté. Demain, on verra qui sera la nouvelle cible.
L’amitié d’Alpha Condé est à l’image des relations nouées avec le vent. Quand il t’apporte un boubou, cherche-toi un autre en secours. Ne doute point qu’il reprendra ce qu’il t’a donné au moment où tu ne t’y attendais pas.
Disons clairement que la paix sociale est plus que jamais menacée en Guinée. Vouloir masquer son incapacité à diriger le pays en remuant l’épouvantail d’une chasse aux sorcières n’est que trop dangereux. Alpha Condé a tout simplement la certitude de son échec. En attendant que le peuple ne le comprenne, il cherche à détourner son attention afin d’asseoir son pouvoir personnel ? Qui disait qu’on ne guérit pas du communisme ? Pourtant, communiste, il est « notre Alpha national ».
D’ailleurs, tout indique de les populations commencent à déjouer le stratagème. Les chansons qui fleurissent dans les quartiers de Conakry parmi lesquelles « un nouveau pouvoir, une nouvelle famine » sont à plus d’un titre révélatrices d’un début de ras- le-bol.
Que devons-nous faire face à la menace d’Alpha Condé ?
Personne n’est plus dupe en Guinée. Le jeu d’Alpa Condé ne peut plus durer car il y a des choses qui déjouent tous les plans : la famine et le besoin de satisfaction des éléments vitaux. Le vrai ennemi d’Alpa Condé n’est pas le Peul, commerçant ou non, politique ou intellectuel. Son vrai adversaire, c’est tout simplement, la famine qui règne actuellement en Guinée. Celle-là, aucun discours, fût-il honnête ne saurait la tromper. L’exemple de 1977 en est la preuve.
Mais, la connaissance de la Guinée et des Guinéens n’étant que livresque chez Alpha Condé, il va continuer à vouloir berner un peuple qui, à force d’être trompé est plus avisé que tout homme politique. Bien de ses prédécesseurs l’aient appris à leur dépend.
La différence des époques et des générations renforce les difficultés de celui qui, en promettant le changement, a opté pour le chantage en accusant à tort et à travers. On serait bien tenté de se demander si monsieur Alpha Condé n’est pas arrivé trop tard dans un pays et au milieu d’un peuple pour lequel l’aube a trop tardé. Un peuple qui, au lieu d’avoir la lumière du jour, se voit annoncer un nouveau crépuscule. Face à ce crépuscule qui se dessine, il y a quelque chose qui intrigue.
Pourquoi le mutisme des leaders politique ?
Le mutisme assourdissant de leaders, plus précisément celui du Président de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) commence à en intriguer plus d’un. Pour le moment, je me contenterai d’un SOS.
Je dis clairement que le Président de l’UFDG devrait à nouveau, et encore plus aujourd’hui qu’hier, se faire entendre. Le peuple de Guinée tout entier, non plus ses militants et sympathisants, l’attend et commence à s’interroger. Par conséquent, il n’a pas le droit de se taire. La situation politique actuelle est incompatible avec le silence. Se taire équivaudrait à la démission et à la complicité.
M. Cellou Dalein Diallo devrait, le plus tôt serait le mieux, écourter son séjour à l’étranger que ses détracteurs commencent à qualifier d’exil masqué.
En tous les cas, ne peut marcher que ce qui possède une tête. Il est bien connu qu’un corps loin de la tête, et inversement, ne peut tenir débout. Certes, il ya d’autres responsables de l’UFDG sur place en Guinée. Mais, on n’est jamais mieux servi que par soi- même. Non seulement les militants et sympathisants réclament leur président, mais aussi, ils ont besoin de sa présence.
Cela seul assurera les uns et les autres de la continuité du combat politique pour lequel des vies ont été sacrifiées. Alors, M. Dalein, jusqu’à quand devrions-nous vous attendre à Conakry pour rassurer les Guinéens qui sont actuellement dans tous leurs états ?
Lamarana Petty Diallo
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