 |
« Le candidat de l’Arc-en-ciel et du RPG, a montré son incapacité à traiter toutes les régions sur le même pied d’égalité pendant la campagne électorale. Il n’est jamais parti en Moyenne Guinée pour faire sa campagne et il a suscité cette haine contre les ressortissants de cette région. Quelqu’un qui aspire à être le Président de tous le Guinéens ne peut pas avoir un tel comportement. Parce que les violences survenues à Siguiri et Kouroussa en Haute Guinée (ndlr : de nombreux peuls ont été spoliés et chassés, parfois avec des machettes, selon des témoignages concordants) ont été suscitées par le RPG et ses alliés. » Dixit Cellou Dalein Diallo, lors d’une interview accordée à la Rfi, quelques jours avant les résultats.
Ce seul témoignage de l’ex-Premier ministre de Lansana Conté semble partagé par de nombreux autres militants de ce candidat à la présidentielle dont le gagnant selon la CENI est bien Alpha Condé. Ce leader historique qui s’est présenté comme « le président du changement au bénéfice de tous, le président de la réconciliation nationale et du progrès » n’a donc pas tardé à tendre la main à son « jeune frère », estimant que « le temps est venu de se donner la main ». Quel que soit le gagnant de cette présidentielle, épiloguait un confrère, il aura besoin de son adversaire. Fût-il un « candidat de la mafia qui a mis le pays en coupes réglées », un « garçon poli » ou fût-il un aventurier politique « arrogant et haineux qui a montré son incapacité à traiter toutes les régions sur le même pied d’égalité pendant la campagne électorale ». Réconciliation nationale vous avez dit ? Comment le nouvel élu va-t-il s’y prendre dans le contexte actuel où haine et rancœur meublent depuis peu, les rapports de bon voisinage entre les communautés peul et malinké ? Le tout encore exacerbé d’une façon avouée par Alpha Condé lui-même, alors qu’il dédie au même moment sa victoire à « tous ceux qui ont lutté, souvent au prix de leur vie, et souffert dans leur chair pour l’avènement de la démocratie en Guinée ». Il est donc bien difficile de comprendre des déclarations du genre, faites lundi dernier dans Le Figaro et ayant une allure de menaces à peine voilée : « Il existe dans ce pays une mafia qui importe frauduleusement des denrées (ndlr, les commerçants peuls très certainement), spécule sur le riz. Ils se sont emparés du commerce et veulent défendre leurs intérêts. Il est très facile de manipuler une poignée de jeunes. L'ethnocentrisme est l'arme de ceux qui n'ont pas d'idées. Mais je ne suis pas inquiet. »
De toute évidence, Alpha Condé a brandi, durant la campagne, le spectre d’une « mafia peule » cherchant à « accaparer tous les pouvoirs ». A 73 ans donc et près de 40 ans de lutte, Alpha Condé doit faire face actuellement à d’énormes défis. « Je crois qu'il faut un large gouvernement d'union nationale pour redresser le pays et cela pour au moins deux mandatures. Ce n'est pas quelque chose de politique mais l'union des bonnes volontés. Il y a de nombreux cadres dans la diaspora. Ce sont eux qui peuvent le plus nous aider. Ils seraient comme des assistants étrangers qui aideraient à remettre le pays en marche. » Pour y parvenir, il faut absolument cette malaisée et inévitable réconciliation entre tous les Guinéens.
L’œil de Guineeactu.com
|
 |