jeudi 2 juin 2011
Alpha Condé : « Qui oserait me donner des leçons de démocratie ? »
Alpha Condé

Remise en ordre du pays, relance de l’économie, situation politique… Le nouveau chef de l’État guinéen parle sans détour pour sa première grande interview. Volontariste et énergique, "sur tous les fronts", il promet "la fin de l’anarchie".

Alpha Condé, 73 ans, a pris son job de président comme il a embrassé, un demi-siècle durant, sa vie d’opposant : à bras-le-corps. Levé à 6 heures, couché passé minuit, il enchaîne les audiences au palais Sékoutoureya puis, le soir venu, dans sa villa de Kipé, mange peu, se fait occasionnellement masser le dos et ne se sépare jamais de ses trois téléphones portables avec lesquels il gère des affaires qui, ailleurs qu’en Guinée, pourraient paraître des détails.

Les importations de riz asiatique par exemple : l’entendre négocier lui-même le prix de la prochaine cargaison attendue dans le port de Conakry – « Je veux tout sauf du riz de Birmanie : les généraux là-bas ne sont pas des gens sérieux » – est un grand moment. Mais aussi la distribution d’eau et d’électricité dans les quartiers, la marque des véhicules de fonction, les états d’âme de la Grande Muette, des imams et des petits changeurs de francs guinéens, les bagarres de féticheurs au fin fond de la Guinée forestière et, surtout, le travail de chacun de ses ministres. Pour ce faire, « le Professeur », ou « kôrô Alpha » (« grand frère Alpha ») dispose d’une capacité d’écoute et d’un réseau parallèle d’information impressionnants. Il fait tout, voit tout, se mêle de tout, concentre toutes les décisions et ne ménage guère son corps couturé de tant de batailles, de condamnations à mort et de séjours en prison.

Dimanche 15 mai, le voici qui pose le pied sur le tarmac de l’aéroport, de retour d’une épuisante tournée de VRP en Afrique du Sud, en Turquie et dans le Golfe. Aussitôt : bain de foule, puis meeting dans une salle surchauffée du Palais du peuple au cours duquel il prononce un long discours en trois langues, français, soussou et malinké (il ne parle pas le peul), avant de tenir une séance de travail avec les chefs de l’armée puis avec son Premier ministre. « C’est vrai, je suis sur tous les fronts », confie le président élu le 7 novembre 2010 avec 52,5 % des voix et investi il y a à peine cinq mois, « mais tout ici est à reconstruire ».

À l’image de Conakry, capitale en lambeaux de deux millions d’habitants menacée d’AVC par des embouteillages cauchemardesques, le pays entier peine à sortir d’un coma de cinquante ans. La démocratie, les droits de l’homme, la bonne gouvernance y sont des notions nouvelles derrière lesquelles affleurent toujours les tensions ethniques, la violence et la corruption. C’est à cette tâche herculéenne qu’à sa manière – solitaire, déterminée, tranchante, militante, brouillonne en apparence mais dans le fond plutôt méthodique et évidemment sujette à critiques de la part d’une opposition mordante qu’il accuse désormais de vouloir recruter des mercenaires – le camarade Alpha s’est attaqué à corps perdu. Et peu importe si son sommeil est peuplé de sacs de farine, de conteneurs de riz, de barils d’huile et de kilomètres de rails…


Jeune Afrique : Vous attendiez-vous à trouver la Guinée dans un tel état ?

Alpha Condé : Un peu, oui. Mais j’ai tout de même été surpris par l’ampleur des dégâts. Exemple : la quasi-totalité des contrats passés par l’État en 2009-2010 a été surfacturée. Certains de 200 %. La Banque centrale de Guinée était au bord de la faillite, à cause de l’utilisation abusive des avances au Trésor. Plus grave : le gouverneur de cette même banque s’est permis d’émettre des billets non sécurisés, rendant impossible la détection de la fausse monnaie ! Toute notre économie est dans un état de déliquescence avancée. Un vrai désastre.

Depuis cinq mois, qu’avez-vous fait pour tenter d’y remédier ?

Première chose : enrayer la corruption en créant l’unicité des caisses de l’État. Tous les comptes auparavant dispersés entre divers pôles autonomes – port, mines, fonds routier, etc. –, dont les titulaires usaient et abusaient à leur discrétion, ont été rapatriés au ministère des Finances. Deuxième mesure : la Banque centrale ne fait plus aucune avance au Trésor sans contrepartie des recettes correspondantes. Troisième acte de rupture avec le passé : la suppression de l’impôt de capitation, extrêmement impopulaire, et la gratuité des soins pour les femmes enceintes. La réduction drastique du déficit budgétaire aussi, ramené de 13 % du produit intérieur brut à 2 %. La révision des accords miniers, scandaleusement désavantageux pour la Guinée. La création de bureaux de change agréés et l’interdiction du change sauvage et clandestin. J’en passe. Ici, le bouleversement est quotidien.

Vous avez renégocié, avec succès, plusieurs gros contrats conclus avec des géants miniers comme Vale et surtout Rio Tinto. Comment y êtes-vous parvenu ?

C’est très simple. Rio Tinto a revendu, en 2010, 47 % de ses actions aux Chinois de Chinalco sans en informer l’État guinéen, ce qui est en contradiction avec le code minier. Et cela d’autant que sa concession expirait en février 2010. Nous avons donc exigé et obtenu de Rio Tinto une indemnisation à hauteur de 700 millions de dollars, plus 15 % d’actions gratuites et 20 % d’actions payantes, soit 35 % au total. Je crois que c’est une première en Afrique. La négociation a été ardue dans la mesure où les groupes miniers avaient pris en Guinée de mauvaises habitudes – il leur suffisait de verser des dessous-de-table pour arriver à leurs fins. Désormais, ce genre de pratiques n’a plus droit de cité. Un nouveau code minier est en préparation. Quand il sera achevé, d’ici à juillet, nous discuterons avec les autres sociétés, dont Rusal, pour qu’elles s’y conforment. Un article essentiel y figurera : toute société qui se rendra coupable de corruption se verra contrainte de payer une forte amende. Dans les cas les plus graves, le contrat sera tout simplement annulé.

La Chine a octroyé des prêts très importants et à très bas taux à l’Angola et à la RDC en échange de concessions minières. Ce raccourci ne vous tente pas ?

Non. Nous dissocions les prêts des contrats. Le contraire n’est ni sain ni transparent.

Vous avez promis de faire des audits de la gestion passée et de poursuivre ceux qui ont détourné des biens publics. Où en êtes-vous ?

Pas de chasse aux sorcières, mais une volonté forte de clarifier les choses. Les présumés coupables seront convoqués devant la justice, ils se défendront, et les juges apprécieront. Des audits ont été effectués avant notre arrivée au pouvoir, d’autres sont en cours. Pour le reste, nous avons décidé de récupérer tous les biens – terrains, villas, immeubles – appartenant à l’État et indûment accaparés par d’anciens ministres. Idem pour les commerçants qui ont osé spéculer sur les dons étrangers : ils devront rembourser ou faire face aux rigueurs de la loi.

Quand vous critiquez les commerçants véreux, la communauté peule a l’impression que vous la stigmatisez…

À tort. Ce sont quelques commerçants ayant abusé de leur monopole d’importation de certaines denrées, le riz ou la farine par exemple, que nous visons. En aucun cas les Peuls dans leur ensemble. Il faut casser les monopoles. Je l’ai dit aux commerçants peuls et libanais, je l’ai dit aux paysans, aux artisans : dans la nouvelle Guinée, il n’y aura plus de privilèges indus. Si nous voulons produire ce que nous consommons et consommer ce que nous produisons, chacun doit être égal devant la loi.

Pourquoi avoir rendu publique la liste des quarante-deux plus gros débiteurs de l’État ? N’est-ce pas les désigner à la vindicte ?

Non. Avant de publier cette liste, nous avons donné un mois à ces gens pour qu’ils se mettent en règle, sous peine de voir leur nom étalé au grand jour. Certains l’ont fait et ont proposé à l’agent judiciaire des calendriers de remboursement. Nous en avons tenu compte et ils ne figurent pas sur la liste. Quant aux autres, ils ont pris leurs responsabilités. Ils ont pillé ce pays. Qu’ils assument.

En tête de cette liste, on trouve l’homme d’affaires Mamadou Sylla, qui, pourtant, vous a soutenu lors de la présidentielle de 2010. Il a dû être surpris…

Ce n’est pas moi qui ai confectionné cette liste, mais le ministère en charge des Audits et du Contrôle économique et financier. J’ai simplement dit : publiez-la, quelle qu’elle soit. J’avais d’ailleurs été clair à ce sujet pendant ma campagne en annonçant que je ferais tous les audits nécessaires. Lorsqu’il s’agit des intérêts du peuple et du pays, je n’ai pas d’états d’âme : je ne protège personne sous prétexte qu’il m’a soutenu.

L’alliance Arc-en-Ciel, qui vous a porté au pouvoir, semble battre de l’aile. Certaines personnalités comme Lansana Kouyaté, Kassory Fofana, Mamadou Sylla bien sûr, s’estiment plutôt mal récompensés. Cela vous ennuie ?

Je ne m’occupe pas de cela, mais de l’application du programme sur lequel j’ai été élu. Le copinage et l’ethnocentrisme ne font pas partie de mes méthodes. Ceux qui sont d’accord avec moi me suivent. Les autres… Je me suis engagé devant le peuple, pas devant les politiciens, fussent-ils de mes alliés.

Pourtant, c’est bien d’ethnocentrisme qu’on vous a accusé entre les deux tours du scrutin présidentiel de 2010. Plus exactement, d’avoir joué la carte du « tout sauf un Peul au pouvoir »…

Écoutez. J’ai été longtemps président de la Fédération des étudiants d’Afrique noire en France [Feanf]. Je suis un militant de l’unité africaine. Ce n’est pas à mon âge que je vais commencer une carrière de tribaliste. Qui a mené une campagne ethnique ? Qui a dit « c’est notre tour », « c’est le tour des Peuls » ? Cellou Dalein Diallo. Beaucoup de leaders de cette communauté m’ont rejoint et m’ont soutenu, ce qui leur a valu d’être intimidés et menacés par mon adversaire. Moi, je n’ai jamais menacé un Malinké ou un Soussou parce qu’il avait rallié Cellou ! Sékou Touré était un Malinké comme moi, je l’ai combattu. Lansana Conté était un Soussou, je l’ai combattu. Mon combat n’est pas pour ou contre une tribu, il est pour la bonne gouvernance et contre ceux qui ont mis ce pays à genoux.

S’il a accepté le résultat de la présidentielle, Cellou Dalein Diallo répète que l’élection n’a pas été juste, qu’il a sauvé la Guinée de la guerre civile et qu’il ne collaborera jamais avec vous. Cela vous pose problème ?

Non. Parce que le problème ce n’est pas lui, mais l’eau, l’électricité, la pauvreté, l’autosuffisance alimentaire, bref l’essentiel. Je ne réagis pas à ce que dit ce monsieur depuis Dakar, quitte à ce qu’on me le reproche.

Lors de son bref retour à Conakry, le 3 avril, il y a eu de sérieux affrontements entre ses partisans et les forces de l’ordre.

Ses gens ont refusé de changer l’itinéraire de leur manifestation comme cela leur avait été signifié. La Guinée est devenue un État de droit, chacun doit s’y conformer. Le temps de l’anarchie, de la pagaille, des pierres jetées sur les voitures, c’est fini ! Le général français qui est venu nous aider à mettre en place le service civique pour les jeunes a été agressé et blessé dans son véhicule. C’est inacceptable. Alors oui, nous avons arrêté les casseurs. Désormais, nul n’est au-­dessus des lois en Guinée.

Le 10 mai, c’est le domicile de Cellou Dalein Diallo qui aurait été perquisi­tionné en son absence par des militaires de la garde présidentielle. Pourquoi cet acharnement ?

Vous savez, le mensonge est chez certains Guinéens une seconde nature. Il n’y a jamais eu de perquisition, mais un problème interne à la garde personnelle de Cellou. L’argent qu’il distribue à ses hommes, dont certains sont des Bérets rouges, a été mal réparti, et l’un d’entre eux, mécontent, est venu exiger son dû les armes à la main. Tout ce qu’on a raconté dans les médias à ce sujet est faux. D’ailleurs, ce ne sont ni les agences de presse, ni les radios étrangères, ni les journaux, encore moins internet qui guident mes actions. Vous me connaissez suffisamment pour le savoir.

Tout de même. Quand la rumeur se répand, lors de votre récent voyage en Afrique du Sud, que vous vous y êtes rendu pour vous faire opérer en urgence, vous réagissez…

Oui, mais avec le sourire. Je sais que cela aurait fait plaisir à certaines personnes, celles qui vont voir les marabouts pour que je tombe malade. Si cela les amuse de dépenser leur argent pour rien… Je suis allé en Afrique du Sud à l’invitation du président Zuma ; de là je me suis envolé pour la Turquie, Dubaï, puis Abou Dhabi afin de vendre la destination Guinée aux investisseurs, le tout en une semaine. À peine revenu à Conakry, vous m’avez vu tenir une réunion publique. Je crois que le malade se porte plutôt bien, non ?

Quand auront lieu les élections législatives ? Apparemment, vous n’êtes pas pressé de les organiser. Or, selon les accords de Ouagadougou de janvier 2010, elles auraient dû se tenir au maximum six mois après la présidentielle, un délai déjà dépassé. Pourquoi ce retard ?

Elles auront lieu vers la fin du mois de novembre 2011. Mais je veux qu’elles soient le plus irréprochables possible. Il faut donc procéder à un nouveau recensement électoral afin que les paysans, dont beaucoup refusaient de s’inscrire sur les listes afin d’échapper à l’impôt de capitation, puissent le faire. Prenons notre temps, pour permettre à tous les Guinéens de voter et pour réduire au minimum tous les risques de fraude. Les cartes d’électeur et les cartes d’identité seront distribuées conjointement pour éviter les doubles inscriptions, le vote des mineurs et autres aberrations. Vous savez, les choses sont claires : je me suis battu pendant cinquante ans pour la démocratie dans ce pays et je n’ai aucune leçon à recevoir dans ce domaine de la part de ceux qui étaient de l’autre côté de la barrière. J’ai gagné la présidentielle face à des gens qui disposaient de soutiens financiers énormes. Aucun homme d’affaires ne m’a aidé. Je défie quiconque de prouver le contraire.

Vous êtes à la fois le chef de l’État et le ministre de la Défense, car vous avez voulu conduire vous-même la réforme de l’armée. Pendant un quart de siècle, les militaires guinéens ont pris de très mauvaises habitudes. Comment les en guérir ?

Je suis fier de l’armée guinéenne. Elle ne sort plus dans les rues, elle a accepté que toutes ses armes lourdes soient délocalisées à l’intérieur du pays, on ne la voit plus déambuler dans les bars en tenue ni tenir des barrages dans la capitale. Un programme de refonte est en cours qui prévoit notamment une réorientation du génie militaire vers les activités de développement.

Le problème de l’armée guinéenne aujourd’hui, ce n’est plus son comportement mais sa composition : il y a plus de gradés que d’hommes de troupe, et certains militaires sont d’active depuis – tenez-vous bien – 1952 ! Des mises à la retraite accompagnées s’imposent donc. Elles concernent pour l’instant 4 200 hommes et entrent dans le cadre général de l’assainissement de la fonction publique. Sachez qu’en à peine un mois d’enquête sur le terrain, 8 800 fonctionnaires touchant un double salaire et 1 000 fonctionnaires décédés dont les émoluments étaient toujours versés – et donc détournés – ont été détectés. Et sans doute n’est-ce là que la partie émergée de l’iceberg. Pour conclure sur l’armée guinéenne : le peuple n’en a plus peur. C’est un progrès décisif. Et elle se rend compte d’elle-même que la démocratie est la meilleure chose qui puisse lui arriver. Elle est à nouveau considérée, respectée, aimée.

Quelles sont vos relations avec votre prédécesseur, le général Sékouba Konaté ?

Je n’ai aucun contentieux avec le général. J’ai toujours dit et je répète qu’on lui doit les élections en Guinée. Certes, la gestion du pays lorsqu’il était président n’a pas toujours été au-dessus de tout soupçon. Mais Sékouba Konaté n’était pas Premier ministre et il ne cessait de dire : « Je ne suis pas un économiste, je signe tous les contrats que vous me présentez, mais vous vous expliquerez avec celui qui me succédera. » Il ne connaissait rien à ces histoires financières ou minières. Je ne le considère donc pas comme responsable de ces contrats léonins que nous remettons en cause aujourd’hui. Les vrais coupables, ceux qui ont guidé sa main, tentent de le dresser contre moi pour se protéger. Ils lui font croire que je le vise. À tort. Sékouba est sorti grandi de l’Histoire, je ne lui reproche rien et il le sait.

Vous avez rencontré le capitaine Dadis Camara à plusieurs reprises – la dernière fois le 7 avril, à Ouagadougou. Apparemment, il veut rentrer en Guinée et cette perspective vous gêne. Pourquoi ?

Beaucoup de gens parlent à la place de Dadis. Il n’a émis aucune exigence de ce type et je n’ai aucun problème avec lui. Il y a peu, certaines personnes ont voulu créer un mouvement pour le retour de Dadis Camara en Guinée. Savez-vous ce qu’il m’a dit ? « Il faut les faire arrêter, ils ne me représentent pas ! »

Dadis Camara est dans le collimateur de la Cour pénale internationale (CPI) pour sa responsabilité dans le massacre du 28 septembre 2009 à Conakry. Pour vous, c’est un vrai casse-tête…

Ce que je dis à qui veut l’entendre à ce sujet, c’est qu’il faut faire preuve de souplesse. La Guinée est fragile, elle sort de vingt-six ans de régime militaire, il faut être prudent, ne pas jeter des paroles en l’air.

Nous allons organiser, le moment venu, une conférence « vérité et réconciliation », je m’y suis engagé. Mais nous devons auparavant nous assurer que les Guinéens soient capables d’entendre et de pardonner.

Pour cela, des comités de sages et de religieux sont progressivement mis en place dans les préfectures afin de sensibiliser le peuple sur la nécessité de revisiter notre histoire et notre mémoire. Il n’y a pas eu que le 28 septembre, il y a eu Sékou Touré, le camp Boiro, les morts de la IIe République, etc. Tout cela incite à la circonspection, afin que l’exercice de réconciliation ne débouche pas sur son contraire : la haine et un surcroît de division.

La CPI entend-elle ce raisonnement ?

La CPI n’intervient que par défaut, quand la justice nationale ne joue pas son rôle. Ce qui, je l’espère, ne sera pas le cas.

Le franc guinéen ne repose plus sur grand-chose, et certains de vos pairs – Blaise Compaoré et Amadou Toumani Touré par exemple – vous recommandent d’intégrer la zone CFA. Comptez-vous suivre leur conseil ?

C’est un sujet délicat. Je ne me pose que les problèmes que je suis en mesure de résoudre. Pour l’instant, mon problème est de redresser l’économie et de rendre crédible notre monnaie.

Cependant vous n’écartez pas cette perspective…

Je vous dis que je m’attelle aux problèmes immédiats. Quand ils seront résolus, je réfléchirai au reste.

Le franc guinéen, c’est un peu un bijou de famille. Mais le bijou est passablement terni.

La monnaie concerne tout le peuple, c’est vrai, et toute décision la concernant doit être prise collectivement. Il faudra donc un débat national et c’est le peuple qui tranchera.

La polémique soulevée par la concession au groupe Bolloré du terminal à conteneurs du Port autonome de Conakry se poursuit. On vous reproche maintenant d’avoir accordé à Bolloré l’exclusivité sur l’ensemble des opérations portuaires, ce qui en fait de facto un monopole privé. Qu’avez-vous à répondre ?

Que tout cela est faux. Le directeur général du port a cru bon de signer avec le groupe Bolloré une convention d’assistance concernant la gestion du port autonome conventionnel et ce sans en informer le ministre des Transports. Quand nous nous en sommes aperçus, nous avons immédiatement annulé cette convention. Bolloré ne gère que l’activité conteneurs, le chemin de fer et un port sec, c’est tout. Pour le reste, il n’est même pas demandeur.

Vous vous êtes donné cinq ans pour sortir la Guinée de la grande pauvreté et assurer son autosuffisance alimentaire. N’est-ce pas ambitieux ?

Le meilleur plan de développement qui ait été conçu pour ce pays date de 1955. Il est l’œuvre du gouverneur français de l’époque, Roland Pré, qui, au sortir de la guerre d’Indochine, s’était juré de faire de la Guinée le grenier à riz de l’Union en remplacement du Tonkin. C’était donc possible. Par la suite, la paysannerie a été totalement abandonnée alors que la Guinée, comme l’avait bien perçu Roland Pré, est non seulement un scandale géologique mais aussi agricole.

J’ai conclu un pacte avec les paysans : l’État va les aider et ils vont produire jusqu’à l’autosuffisance et au-delà, afin que nous devenions exportateurs. Les sociétés étrangères sont les bienvenues si elles encadrent et soutiennent nos paysans, mais nous ne vendrons pas nos terres comme à Madagascar. Il faut que ce soit clair.

Comment relever un pays sans État ?

C’est tout le défi. Mais l’État guinéen renaît, on le voit chaque jour. Regardez l’aéroport Gbessia de Conakry. C’était un haut lieu de trafics et de rackets en tout genre. Aujourd’hui, l’ordre y règne. Autre plaie : le trafic de drogue, qui était organisé au plus haut niveau avec des hélicoptères venant de Guinée-Bissau. Désormais, avec l’aide technique des Américains et des Français, j’ai rattaché directement à la présidence la brigade antidrogue. Ils arrêtent jour et nuit des trafiquants et ne rendent compte qu’à moi. Sur un autre plan, nous sommes en train de payer tous nos arriérés auprès des organisations internationales et nous réglons les frais des ambassades, dont certains sont impayés depuis près d’un an. Je ne veux plus d’ambassadeurs guinéens clochards, à qui l’on coupe l’eau et l’électricité. C’est une question de dignité.

Vous êtes sur tous les fronts, vous voulez tout faire vous-même. Ne risquez-vous pas de vous épuiser rapidement ?

Je n’ai pas, pour l’instant, d’autre choix. J’ai un Premier ministre et un gouvernement qui travaillent, mais les mauvaises habitudes prises sont telles que je dois tout surveiller et tout vérifier. Je ne tolère aucune velléité de corruption, j’ai donc l’œil sur tout. C’est vrai que cela me fatigue, mais qui d’autre que moi peut mener cette bataille des mentalités ? Je ne gère pas des Guinéens venus de la planète Mars, je gère les Guinéens tels qu’ils sont.

 « Je suis pour des solutions africaines excluant le recours à la force », aviez-vous dit à propos des crises ivoirienne et libyenne. Manifestement, vous n’avez pas été entendu…

Sur la Libye, ma position est celle de l’Union africaine : un cessez-le-feu suivi d’un débat national. Sur la Côte d’Ivoire, j’aurais préféré que la solution permettant au président élu Alassane Ouattara d’exercer son pouvoir soit purement africaine. Dans l’un et l’autre cas, notre incapacité à résoudre nous-mêmes nos problèmes est préoccupante.

Voir Laurent Gbagbo arrêté et filmé en maillot de corps, cela vous a choqué ?

Je préfère ne pas commenter cela.

« La Guinée est de retour », aimez-vous à dire. Mais la Côte d’Ivoire aussi. Comment exister à côté d’un tel voisin ?

Je ne me compare à personne. Je sais simplement qu’à la fin des années 1950 la Guinée était, de toutes les colonies françaises, celle qui paraissait promise au plus bel avenir. Nous n’avons pas su faire fructifier ce capital. Mais le capital est toujours là.

Vous n’êtes pas, chacun le sait, un homme d’argent. Mais que faites-vous pour éviter que votre entourage familial s’enrichisse indûment ?

Je connais ce risque et je sais que la famille est le talon d’Achille de beaucoup de chefs d’État. Aussi ai-je décidé, tous les Guinéens l’ont remarqué, que mon épouse vive dans un autre domicile que le mien. Elle est de Kankan, fief de nombreux gros commerçants malinkés, qui, tout naturellement, viennent lui rendre visite. Je ne veux pas que l’on dise que j’ai remplacé les commerçants peuls par des commerçants malinkés que je recevrais en catimini. Comme cela, les choses sont claires. Chez moi, je ne reçois que sur rendez-vous et vous n’y verrez pas d’hommes d’affaires.

Est-ce suffisant pour éviter les tentations, les influences ?

Vous voulez que je sois plus clair encore ? J’ai interdit à mon épouse de faire de la politique et des affaires. Le jour où elle m’apportera un dossier de faveur, je divorcerai sur-le-champ. Elle le sait et je l’ai dit assez fort pour que chacun le sache.

Il n’empêche : votre fils Mohamed serait, selon la rumeur, impliqué dans certains dossiers économiques…

C’est faux. Mon fils n’est pas un homme d’affaires ni un entrepreneur en quoi que ce soit. Il a fait des études aux États-Unis, il a travaillé au Brésil puis à Londres et il est revenu m’aider ici après le décès de mon frère. Je parle mal l’anglais, lui est anglophone, aussi lui ai-je demandé de me servir de traducteur et de suivre pour moi les dossiers de coopération avec l’Afrique du Sud de mon ami Jacob Zuma. Pour le reste, je n’ai aucun homme d’affaires dans ma famille et je ne donne de mandat à personne pour me représenter. Le temps des ambassadeurs itinérants exhibant des mandats de la présidence guinéenne pour se remplir les poches ou des trafiquants colombiens munis de passeports diplomatiques est définitivement révolu. Je reçois moi-même les investisseurs et tous savent que je suis incorruptible.

Dans cinq ans, à quoi ressemblera la Guinée ?

À ce qu’elle aurait dû être si nous avions réussi notre indépendance. Une Guinée avec des chemins de fer, des routes, des barrages, des logements sociaux. Une Guinée avec un nouveau Guinéen pour qui la valeur porteuse ne sera plus la magouille mais le travail. Une Guinée fière, débarrassée des mensonges, des jalousies et de l’autodépréciation. Avec l’aide de Dieu, le renouvellement des générations et le retour progressif de la diaspora, nous y parviendrons.

Vous ne rêvez pas un peu ?

Ce sont les rêveurs qui font avancer le monde.

Dernier livre lu ?

J’en ai lu un avant-hier dans l’avion de retour d’Abou Dhabi. Mais je ne vous dirai pas lequel.

Pourquoi ?

Laissez-moi une part de secret.

Même off the record ?

On se connaît depuis suffisamment longtemps. Vous savez bien que je ne crois pas au off avec les journalistes.


Propos recueillis à Conakry par
François Soudan


Source : Jeune Afrique

www.guineeactu.com

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Vos commentaires
Saïdou Nour Bokoum, mercredi 8 juin 2011
M. Mory Diakité, je crains de devoir confirmer la perspicacité des remarque de ce « Passant, un étudiant en économie ». Après avoir lu mes réserves à l’encontre de la publication de la lettre de François Soudan, vous persistez et conseillez doctement la lecture de cette torpille vicieuse qu’est la dernière prestation d’Alpha, extorquée au forceps par le même F. Soudan. La vérité, c’est que vous devez travailler 25 heures sur 24, comme l’avait écrit un internaute sur ce même site à propos de l’emploi du temps hyper-sarkozyen de je ne sais plus qui.. En effet, je ne voulais pas vous « réveiller » quand vous avez hâtivement écrit à propos de mon « dernier » Cantique peuhl : «.. j’attendais la suite de votre cantique peuhl.. » ! Le même cantique peuhl rigoureusement repris, semble faire votre joie, alors que lors de sa première diffusion d’aucuns (vous n’en faisiez pas partie, j`en conviens), regrettaient cette nouvelle pastorale qui aurait dû selon eux, être consacrée à toutes les femmes. Unique différence, mon « nouveau » cantique a un nom, (Nafissatou), mais toujours sans visage identifié. La première était fictive alors que la seconde est en chair et en os, voire ! Seul l’ADN de DSK pourrait l’attester si.. De deux choses l’une, ou bien vous n’aviez pas lu ce cantique lors de sa première sortie, ou bien c’est la seconde que vous avez zappée. Quelque chose me dit que c’est une troisième hypothèse qui doit être plus plausible : vous n’avez jamais VRAIMENT lu ce cantique, ni avant ni après, vous furetez, les yeux mi-clos, dans les sites, avec vos pet-pets, « en attendant.. », l’autre nom des chaussures du temps de l’Autre ! En ce temps-là, avoir son « En attendant » au complet, c’était comme chausser des « Salamander », la prestigieuse marque de pompes, mais bas de gamme pour laquelle Roland Dumas n’aurait que mépris, lui qui chausse 11000 euros la paire de tatanes. Wa Salam mon cher « Morikè ».
Mory Diakité, mercredi 8 juin 2011
@M. B. Auger. belle réponse. Mais qui donnera des leçons au peuple si ce dernier ne vote que par ethnocentrisme?
Auger Bernard, mercredi 8 juin 2011
"Qui peut me donner des leçons de démocratie ?" Mais Monsieur le président Alpha Conde "démocratiquement élu et en toute transparence", c`est le peuple guinéen lui-même qui vous donnera des leçons de démocratie!
Un passant (étudiant en économie), mardi 7 juin 2011
« Si je te fais mal et qu’en plus je te nargue, ce n’est pas juste » (Alpha Blondy). Fory Diakité, « pet pet » aux pieds et errant dans tous les recoins de guineeactu ne manque jamais l’occasion de faire montre de cynisme. Décidément, en Guinée tout est à l’envers : les vertueux sont les méchants, les vainqueurs sont les perdants, …. etc. Cet état de fait est paradigmatique de la pourriture ambiante dont on aura du mal à se défaire.
Mory Diakité, mardi 7 juin 2011
Une belle interview. A lire et à faire à beaucoup. Je regrette toutefois l`usage du mot "ce monsieur" concernant DCD. Car même s`il ne l`aime pas, le Pr Condé doit savoir qu`il a représenté 47% de Guinéens au 2nd tour. A ce titre, il mérite le respect.
Saïdou Nour Bokoum, lundi 6 juin 2011
Extrait de la lettre de François Soudan au nouvel élu, lu sur le site officiel du RPG : « ..Il faudra pourtant que je m’y habitue : si un jour tu reviens nous rendre visite à Jeune Afrique, ce ne sera plus en retard ou à l’improviste, après avoir déposé tes cabas à l’entrée, plaisanté avec Dione à la réception, exigé « Soudan est là ? » d’une voix de stentor, AVALE UN CHATEABRIAND à la brasserie du coin et hélé un taxi pour te conduire à l’aéroport, direction Ouaga, Dakar ou Conakry... ». J’ai eu des dizaines d’amis musulmans qui ont passé leur vie à se péter la gueule avec de grands vins, des breuvages pour chevaux, des alcools chers, ou même cette horreur de "tambanayia" de nos villages. Cela n’a jamais terni notre amitié. Ni leur génie créateur. Ce sont de grands journalistes, grands, écrivains, des poètes. Certains ont fini clochards, morts comme tels. Sans sépulture parfois. Aucun n’était président musulman d’un pays musulman à plus de 90%. Assurément quand on est président on ne mène pas sa vie, même privée comme on veut. Je dis sans aucun esprit « taliban » que le RPG et le protocole d’Etat n’auraient jamais dû laisser publier cette lettre. Il y a des vérités indignes d’un mensonge. Réciproquement. Et il y a une tradition prophétique qui le dit. Wa Salam.
toungouroun, samedi 4 juin 2011
Quand Alpha Condé se demande qui peut lui donner de lecons de démocratie c`est ridicule. Je reponds haut et fort bien sur que oui. Car depuis qu`il a été parachuté sur le fauteuil présidentiel de notre patrie il ne se nourrit que de fausses promesses et de la haine. Il a remis à terre tous ce que le peuple a obtenu ces dernières années comme espérences. Il a promis mille et une choses sans rien réaliser. Il ne s`est pas rendu compte encore que toujours mentir aux proches, on firnira par se découvrir. Surtout pour lui c`est trop fréquent. `` Du courant et de l`eau en six mois`` résultats rien. ``Des ordinateurs pour chaque élève guinéen`` résultats rien. Il doublera la salde des soldats criminels guinéens, pour celà au moins, il s`en est penché dessus un peu, à cause certainement du risque et péril qui pourrait en découler. ``De l`argent à Gogo pour les femmes``, là aussi rien comme résultats. ``Des soins gratuits``, pas de suite. ``Des Rails jusqu`au Burkina chez lui en passant par le Mali``, là également rien. Récemment encore, dans l`une de ses multiples interviews fleuves et mal agencées, il promettra de payer les arriéréres de toutes les contributions de la Guinée, arriérés qui se chiffreraient en centaines de millions de dollars et de rajouter, qu`il va régulariser les arriérés que l`Etat doit aux miséreux diplomates guinéens qui ne sont pas payés dépuis bientôt 8 mois. Ces miséreux agents qui végetent dans une situation terrible ne savent plus ou donner la tête. Depuis bientot 5 ans ils ne sont payés que par contre goute. C`est-à-dire après chaque 9 mois dans la gallaires ils recoivent trois mois parfois seulement de salaires sans primes ou primes sans salires. Juste pour les permettre de rembouser quelques arriérés de loyés. Ce nouveau futur dictateur ne peut pas tenir un discours sans ajouter une fausse promesse, comme si le peuple l`exigeait. Alpha est loin de Conaitre ce que c`est la gestion d`une famille, à plus forte raison un Etat. Soyons encore patient, on est loin de sortir du trout noir.
madina, samedi 4 juin 2011
Ah non Bouba,si Alpha Conde est un accro de chateaubriand,la Guinee est dans ce cas vraiment foutu.Un president soulard,un soulard tout court on ne peut vraiment pas compter dessus.Cela est une notion de base.Mais je comprends alors,justement pourquoi il ne tient aucune promesse ni vis a vis de ses amis ni vis a vis du peuple qui attendait un changement et c`est vrai depuis qu`il est au pouvoir il y a vraiment du changement parceque tout s`est change en difficulte.Je comprends donc,le pays a elu un soulard,il n`ya absolument aucun espoir.On comprend pourquoi la voiture Guinee ne demarre meme pas depuis six mois.
Bouba, vendredi 3 juin 2011
@Mr Boukoum, que le Président Condé soit accro de Chateaubriand ou pas ne nous intéresse pas.Les guinéens ont voté pour un President et non pour un Imam ou un Pape,Pr Conde est libre de boire ce qu`il veux .On s`en moque aussi que F Soudan se moque de Pr Conde ou vice versa.Ce qui est important pour la-plupart des guinéens est de savoir si le Pr conde peut tenir ses Promesses électorales ou pas. Le reste est une Mesquinerie ridicule. Wa salam
Mamadou S. Diallo, vendredi 3 juin 2011
Comment AC peut dire qu`il ya la justice qui fonctionne en Guinee et qu`il accepte qu`il y`ait des berets rouges qui fassent leurs propores cas de justice en Guinee. Sommes-nous dans le wild-west? S`il affirme que ce sont des berets rouges, alors il doit dire qui sont ils, les ammener devant la justice pour leur faire comprendre, ce n`est pas a eux de faire justice: ils sont aller au dela de leurs pouvoirs. S`ils ont des choses a reclamer ils n`ont passer par la justice. Quand au fils de AC, il faut qu`il nous evite la gestion a la senegalaise comme le fait Wade a son fils Karim.
Mamadou Saliou Kankalabe Diallo, vendredi 3 juin 2011
Dans cet interview la seul chose que doit pensé chaque guinéen c’est cette phrase « mais les mauvaises habitudes prises sont telles que je dois tout surveiller et verifier». Dans cet interview, Alpha Conde lui meme sait et reconnait que sont entourage n’est pas digne de confiance, alors que ce qu’il attend pour se debarrasser d’eux et metre d’autre personne digne de confiance au service du peuple, ou il attend que la situation devien plus pourri quelle est aujourd’hui.
diallo2, vendredi 3 juin 2011
Payikoun calme toi,enterre la hache de guerre,soit democrate,n`ayez pas peur d`une gouvernance sans corruption si tu ne te repproche de rien,apprend a vivre dans l`honnetété et dans la sincérité.Laisse l`ethnocentrisme maintenant puisque ça na plus de sens la periode des campagnes est déjà passée,conforme toi aux nouvelles réalités meme si c`est dure pour toi,oublie un peu ton obcession d`avoir de l`argent,d`etre riche,régarde maintenant l`interet de ton pays et celui du peuple,la Guinée n`est plus au stade de l`affairisme et clientelisme mais rigoureurisme et sincerisme.S`il te plait sanakou calme tu es Guineen aussi comme tous les autres Guinèens c`est pourquoi je te demande tout ça,c`est fini la corruption sanakou il faut que tu comprennes ça et ce n`est pas contre toi ni contre ta famille ou au delà ton ethnie dont je fais parti mais pour le bien du peuple.Il ne faut pas vendre la Guinée pour ton obcession d`etre riche mais plutot mettre les interets de la Guinée au dessus de tout puisque c`est elle qui t`a vu naitre pourquoi tu es si ingrat envers elle payikoun?réflechit bien sanakou a ce que tu dis puisque tu peux detester une personne mais quand il fait du bien reconnait-le,n`est ce pas une bonne chose de reprendre les anciennes entreprises d`etat privatisées a l`epoque au profit d`une poignée d`individu inconscients et qui crient aujourd huit pour l`interet de la Guinée a l`entreprise nationale permetant de récréer des emplois aux jeunes Guinéens?Eh sanakou cela aussi ne te dit rien? si c`est le cas ça me désole et si c`est le contraire tant mieux,bonne lecture a tous merci
Saïdou Nour Bokoum, vendredi 3 juin 2011
F. Soudan, nous avait appris (voir sa lettre à Alpha à peine « élu » dans les archives du site officiel du RPG) de façon quelque peu vicelarde qu’Alpha, le musulman qui avait honte d’en être un, était un accro du « CHATEAUBRIAND » (pas l’écrivain français, mais un vin cuit ?) Le chapeau de son interview d’Alpha est un subtil et brutal jeu de massacre du « président démocratiquement élu » (RTG). Il nous jette à la figure ceci : « Je veux tout sauf le riz de Birmanie, les généraux là-bas ne sont pas des gens sérieux.. ». Alpha n’aime pas le riz birman, et le peuple de Guinée ? Bientôt il nous dira la "saveur" des femmes que les hommes « friands » de cette moitié de lui-même sans laquelle l’homme ne saurait vivre ni être. J’exagère ? Lisez le texte : « moi, je, moi je. ». Le dégoût présidentiel pour le riz birman est une mise en abîme de son goût dictatorial : le ministre des finances c’est moi. La ministre du commerce c’est moi. Le courtier international du négoce parapublic, c’est moi ; le parangon de l’opérateur économique c’est moi. Le peuple c’est moi. La nation c’est moi. L’Etat c’est moi. Le gouvernement c’est moi. Même la première dame c’est moi. Pauvre de Djènè, pauvre de Guinè.. Rien d’étonnant à cela, dans la « tête » de JA, Alpha Condé en est toujours et de façon indécrottable à la « dictature du prolétariat », alors que dans la tête de ce dernier, JA est toujours ce « canard réactionnaire des chefs d’Etat vendus à l’impérialisme.. ». Reste à savoir combien a coûté ce publireportage qui ne dit pas son nom. BBY est un commerçant, et là où le journal Le Monde a palpé plus de 250 000 euros (dixit Billo Sy Savané) pour caresser Alpha dans le sens du poil, (et encore..), on n’attendrait pas moins de générosité de la part de « notre » panafricaniste, à l’égard de « notre » magazine, le plus intelligent d’Afrique. Wa Salam sur le Soudan et ailleurs ! PS : naturellement, je partage comme bon nombre de Guinéens le sentiment maladroitement exprimé par la formule lapidaire d’Alpha à l’encontre de certains imams. C’était plus pour regretter un Monseigneur Sara (Chrétien), face à ces « docteurs » musulmans blasphémateurs, qui avaient baptisé une ex miss devenue seconde première dame, « mère des musulmans ». La question qui me taraude : Alpha sait-il que F. Soudan se moque de lui et étale pour les aveugles, ses dérives brouillonnes et dictatoriales ?
boundiala, vendredi 3 juin 2011
Voir bafouer le droit des enfants dans un pays qui a pour premier responsable un professeur de droit c`est chose vraiment bizarre et triste.Mais enfin c`est quoi le travail de Alpha en dehors des discours,des interviews et des voyages.Relisez je vous en prie l`histoire de hic.
madina, vendredi 3 juin 2011
Hic,depuis que j`ai lu l`histoire de ces enfants je pleure sans cesse.Si Alpha Conde ne resout pas ce probleme le courroux de Dieu va s`abattre sur lui.
madina, vendredi 3 juin 2011
Hic,depuis que j`ai lu l`histoire de ces enfants je pleure sans cesse.Si Alpha Conde ne resout pas ce probleme le courroux de Dieu va s`abattre sur lui.
Porekary, vendredi 3 juin 2011
Ce interview nous montre que Alpha Conde est haineux ,arrogant autoritaire devant les journalistes et pauvres Guineens,il faut le lire entre les lignes pour le comprendre il n`admet jamais ces actes. il parait que aussi il ne couche pas avec sa femme dans le meme lit esperons que Monsieur va changer de methodes de gestion pour sortir la Guinee de l`orniere de pauverete.
correction, vendredi 3 juin 2011
Lamrana Diallo, ta haine contre AST est visible sinon tu ne peux confondre Mohamed Toure à Mohamed Condé
NABE, jeudi 2 juin 2011
Bonne change monsieur le présidant que Dieu guide votre pas. Surtout n’écoute pas aux égoïstes, c’est le peuple qui vous a élu et c’est a eux que vous avez un compte à rendre. Les jalons déjà pausé nous rassurent avec vos beaux rêves. Guinée is back est déjà une réalité
Diakhaby, jeudi 2 juin 2011
Entièrement d`accord avec les méthodes de gouvernance qui seraient adopté par le président. Il faut tout serrer. Certes, le début sera difficile(comme il en est de réalité actuelle) mais l`avenir donnera raison. Le plus grand malheur de la Guinée c`est d`avoir fait de la corruption un outil de gouvernance, et qui a fini par atteindre tous les secteurs de la vie, y compris le peuple lui même. En guinée, tout est mensonge et affairisme. Alors, si votre combat c`est pour y remédier, vous avez le soutien de tous les fils dignes du pays.
hic, jeudi 2 juin 2011
Monsieur le President,vous avez aujourd`hui dans la Guinee de Alpha Conde,un garcon de cinq ans et une fille d`a peine quatorze ans qui sont condamnes par un Tribunal de Conakry,Dixinn a payer trois cent million de dommages a un commercant qui pretend avoir achete le terrain avec les propritaires quand le premier avait sept mois et la seconde huit ans. Pourtant ce dossier est sur la table de votre ministre de la justice et les enfants,dans un extreme denuement vivent dans la misere a la belle etoile.Ou donc est le changement Monsieur le President. Pourtant vous le savez tres bien aucun changement ne peut preceder celle de la justice. Avant hier les enfants ont ete voir un avocat,le premier etant dorenavant celui de leur adversaire,oui nous sommes dans la Guinee de Alpha Conde,ou donc est le changement,mr le President.Pourtant aucun changement ne peut preceder celui de la justice. L`avocat qu`ils ont ete voir demande vingt cinq millions d`honoraires et leur dit meme s`ils ont fondamentalement raison,ils ne sont pas sur de recouvrer leur droit car le juge ,il faudra le payer.Ou donc est le changement monsieur le President.Nous sommes pourtant dans la Guinee de Alpha Conde,le grand fondateur du slogan:Le changement. C`est vrai qu`il est tot pour faire un bilan,mais on ne demande pas au chauffeur de parcourir mille kilometres en six heures,mais au moins de demarrer la voiture en ce laps de temps. Sans justice,il n`yaura aucun changement monsieur le President.Et cet exemple est tellement frappant.
Un passant (étudiant en économie), jeudi 2 juin 2011
Man In Power a réussi son petit coup : se faire interviewer très longuement par son grand pote François Soudan. Il ne pouvait rêver mieux et en est manifestement heureux. Poroto !!! Il est tellement heureux du contenu de ce long bavardage qu’il a « hate de lire les commentaires incendiaires des Ghandi et autres ». Franchement, ce pauvre Man In Power pense vraiment qu’exercer le pouvoir c’est s’amuser. Papy MIP Condé, je te conseille vivement d’arrêter de t’amuser avec le destin de tout un pays. C’est dangereux ! D’ailleurs, Malraux ne disait-il pas que : « Ceux qui croient que le pouvoir est amusant confondent "pouvoir" et "abus de pouvoir" ? Pour ma part, je ne lis jamais les interviews et autres discours blabla …de Papy MIP Condé car je sais d’avance que c’est du pipeau.
Cisse de Beyla, jeudi 2 juin 2011
Bien dit Presi!!! Je sais que la tache est dure, mais on prie pour vous. Seulement il faut continuer a nettoyer cette armee, elle est un risque au guineen en general. Surtout, oubliez Cellou, ne vous occupez pas ce qu`il fait ou dit, vous n`etes plus opposant. Le plus important, il faut vous occuper de votre peuple. Autrement, je suis content de ces declarations...good job. Quand j`imgagine toutes les versions qui on ete publiees decrivant la raison du debarquement des militaires chez Cellou, sont differents de la votre j`ai meme peur.
Bah, jeudi 2 juin 2011
a.condé j`ai compris une fois encore que tu es trop bête.Tout le monde sait aujourd`hui les audits dont tu parles sont purement et simplement ethnique. Pour preuve tu parles des commerçants peulhs pourqoui tu n`associe pas tes parents malinkés qui gèrent le diamant,l`or.....en haute guinée qui sont aussi des commerçant d`ailleurs les plus grand commerçants car eux ils vendent leurs produits aux pays étranger. Tu parle du pillage économique,tu oublie le massacre commis au stade par les militaires comme ceux sont tes parents tu défend konaté qui a vidé la caisse de l`état avant de partir parce qu`il t`a donné un pouvoir volé.....Mais une chose reste claire à la CPI il n`ya pas d`ethnocentrisme tu commets des crimes tu vas repondre.Par rapport à ça tu n`a aucun pouvoir pour les défendre. En ce qui concerne la corruption dont tu parle tu dois comprendre que tout ton entourage est dedans.Mais sache que c`est cette ethnie que tu es entrain de combattre de toute energie qui entrainera ta chute au pouvoir.
Lamarana Diallo, Londres, jeudi 2 juin 2011
Question: Votre fils serait, selon la rumeur, implique dans des dossiers economiques. Reponse: C’est faux. Je lui ai demande de suivre les dossiers de cooperation avec l’afrique du sud. A quoi servirait le ministere de la cooperation? A quel titre Mohamed Toure suit-il ces dossiers?? Alpha Conde est-il serieux quand il feint d’ignorer que la cooperation tourne autour des dossiers economique, en majorite?? De toutes les facons, pour bien mentir, il faut disposer d’un minimum de bon niveau. Ce qui n’est pas le cas de notre Alpha National. Lansana Conte ne vivait pas non plus avec ses nombreuses epouses mais nous savons tous qu’elles influencaient les decisions de l’Etat. Donc, Alpha doit avoir d’autres raisons qui expliquent le fait qu’il ne vit pas sous le meme toit avec sa femme. Et c’est honteux de raconter ces enfantillages a la face du monde. Pour le reste, ce sont des promesses qui n’engagent que ceux qui y croient. Salut a tous.
Youssouf bangoura, jeudi 2 juin 2011
Esperons que les choses se passent comme le dit Alpha. J`ai lu cette interview depuis plus d`une semaine, je l`ai lue et relue, surtout à la question : dans cinq ans, à quoi ressemblera la guinée ? Alpha: A ce qu`elle aurait dû être si nous avions reussi notre independance. Une Guinée avec des chemins de fer, des routes, des barrages, des logements....... Eh Allah, que c`est beau ce rêve . Nous ne refusons pas ce rêve, si nous parvenions à avoir rien que de l`eau et de l`electricité en cinq ans, nous aurions reussi notre quinquennat . Longue vie aux reveurs .
Mohamed Sadibou Camara, jeudi 2 juin 2011
La phrase elle-même prouve qu’Alpha a une méconnaissance de la démocratie. Même les pays les plus avancés s’adaptent quotidiennement à la démocratie ; donc apprennent chaque jour. C’est un Alpha Condé qui dit tout connaitre en démocratie. On a tellement ce monsieur faire, qu’il se prend déjà pour ce qu’il n’est pas. Depuis qu’il est à la tête de notre pays, il a posé toutes les actes sauf celles qu’on pourrait qualifier de démocratiques. Tellement qu’il n’a pas froid aux yeux, il le dit à ceux qui le connaissent et savent qu’il est loin d’être un démocrate. Quand la malédiction ronge un système, on retrouve un menteur à sa tête. Notre pays n’a jamais été aussi bas démocratiquement. Mohamed Sadibou Camara Hagen, Allemagne.
se, jeudi 2 juin 2011
Alpha Conde est la MALEDICTION de la Guinee. Les opposants Guineens ont trahi les Victimes du 28 Septembre. Ces victimes qui ont tout donner pour que la Guinee avance. Mais helas, ils n`allaient jamais imaginer que leurs sacrifices allaient mener a l`arrivee de ce MAUDIT FILS DE L`OCCIDENT, tout sa parce que les opposants Guineens ont ete assez incompetant.
Koly, jeudi 2 juin 2011
La guineee nous appartiens nous tous .Il faut te calmer si non tu regretera tres fort.Dans un Etat de droit caque citoyens est libre de s`exprimer.Un homme intellegent apprend tous les jours et ecoute les conseilles des autres.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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