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Le reggaeman planétaire, le « rastafoulosophe » ivoirien, l’incontournable Alpha Blondy, vient d’accorder une interview exclusive à notre confrère « Notre Voie » d’Abidjan, un entretien dans lequel il fait des révélations sur la situation guinéenne et ce qu’il avait dit à Dadis. Prémonitoire. Extraits...
Notre Voie: La Guinée-Conakry traverse une crise aux multiples visages. En tant qu’ambassadeur de la paix de la CEDEAO, avez-vous songé à vous rendre en mission dans ce pays ?
Alpha Blondy: Il faut préciser que je ne suis pas surpris par ce qui arrive en Guinée. Lorsqu’il y a eu cette histoire de junte militaire, j’ai envoyé, lors d’une émission sur la Radio Africa N°1, un message direct à Dadis Camara. Evidemment en toute courtoisie. Le 28 septembre 2009, on a tiré dans un stade sur le peuple qu’il présente comme sa raison d’être à la tête de la junte. Il nie toute implication. Soit, mais c’est grave. Je lui ai dit : «M. Dadis, organisez des élections présidentielles mais ne vous présentez pas. Faites plus tard comme ATT au Mali. Rendez votre démission de l’armée et soyez candidat indépendant, si vous le souhaitez. Le peuple que vous dites défendre verra en vous un homme de parole. Mais, avant tout, présentez des excuses publiques au peuple guinéen pour le drame du 28 septembre. Que vous soyez coupable ou non, celui qui a posé cet acte vous a discrédité. Si vous ne le faites pas, le jour où vos amis militaires et vous allez vous tirer dessus, personne ne vous défendra». Quand j’ai appris qu’on lui a tiré dessus, j’ai dit voilà...
N.V. : Vous n’irez donc pas en mission en Guinée parce que vous aviez prédit ce qui devrait arriver ?
A.B. : Non, ce n’est pas ce que j’insinue. Voyez-vous, l’implosion était prévisible. Elle était grosse comme un nez sur le visage.
N.V. : Un rapport d’enquête de l’ONU sur les événements du 28 septembre en Guinée accable la junte militaire et son chef, Moussa Dadis Camara. On parle même d’une saisine de la Cour pénale internationale (CPI). Comment jugez-vous cette option ?
A.B. : Mais quand on a tiré sur les populations civiles et fait de nombreux morts et blessés, ainsi que des femmes violées, il faut bien répondre de tous ces crimes-là. Le peuple guinéen, ce n’est pas du bétail. On ne tire pas impunément sur des citoyens parce qu’on a des idées divergentes. Vos gars font des manifestations de soutien, on trouve ça normal. Les autres font les leur, on va leur tirer dessus. Ce n’est pas démocratique et c’est inacceptable. Il faut qu’on sache qui a fait quoi et qui a donné l’ordre de faire quoi.
Source : news.abidjan.net
et Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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