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Après avoir longtemps travaillé dans le secteur privé guinéen, Alpha Mamadou Diallo a décidé de créer sa formation politique, le Parti de l’Unité et de la Liberté, au lendemain des évènements de janvier-février 2007. Aujourd’hui, il fait partie de cette nouvelle génération de leaders politiques qui ont à cœur de changer la donne. Dans cette interview, le président du P.U.L. campe son parti et porte un regard critique sur l’actualité nationale.
L’Indépendant : Présentez-vous à nos lecteurs
Alpha Amadou Diallo : Je suis Alpha Amadou Diallo, né en 1960 à Mamou, marié et père d’un enfant. Je suis fils de Docteur feu Abdoulaye Diallo de Kankalabé (Dalaba) qui a longtemps servi l’administration en qualité de chirurgien à l’hôpital de Kankan pendant la première République. Pour la petite histoire, je suis titulaire du baccalauréat guinéen session 1980, ce qui me propulsa à la faculté de Médecine où j’ai passé trois ans avant d’aller décrocher un diplôme de conseiller commercial en transport et logistique (IFTIM) en 1992. Actuellement, je suis le PDG de la société ALPHACOM International et représentant pour l’Afrique Occidentale de la Société SPECHIM S.A. et ADERCO S.A. Je suis le Président du Parti de l’Unité et de la Liberté (P.U.L.).
Justement, brossez-nous l’histoire de votre parti…
Le P.U.L. est un jeune Parti créé juste après les convulsions sociopolitiques de janvier et février 2007, sous l’impulsion de femmes et de jeunes animés par un idéal commun de changement. C’est un Parti libéral Social, dont le projet de société de par sa pertinence, de par sa faisabilité et son réalisme politique fait aujourd’hui, l’approbation de bon nombre de Guinéens tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de nos frontières. La devise du Parti est : Paix, Justice, Liberté. Son siège social se situe à Kipé, dans la commune de Ratoma.
Est-ce que, à l’instar de certains partis, le vôtre n’est pas dans le carcan de l’ethnocentrisme ?
Non, non, non. Voyez-vous, la famille est une réalité biologique et sociale à ne pas exclure. Mais en politique, elle devient une arme fatale contre son utilisateur. Les partis qui font de l’ethnie leur cheval de bataille en se cachant derrière un label de coloration sont en train de payer aujourd’hui le lourd tribut de cette sale expérience politique. D’ailleurs, notre implantation sur toute l’étendue du territoire, nous confère un caractère national.
Pouvez-vous décliner quelques grandes lignes des objectifs de votre parti ?
En tant que Parti libéral social nous ambitionnons : Rassembler les Guinéennes et Guinéens sans aucune distinction, partageant la légitime ambition de faire de la Guinée un pays de paix, de justice, de concorde nationale et de démocratie véritable. Bâtir une nation forte et prospère fondée sur la liberté, l’unité nationale, la justice, l’amour du travail, la paix, le respect des lois et de la personne humaine. Edifier un Etat basé sur la séparation et l’équilibre des pouvoirs. Garantir l’équilibre de la nation par l’autosuffisance alimentaire, l’éradication de l’ignorance et de la pauvreté par le respect du droit au travail, aux soins de santé, au logement, à l’éducation, à la formation, à l’initiative privée et à l’appui financier. Disposer d’une armée républicaine forte, équipée garante de la stabilité, de la paix, et de l’intégrité territoriale.
Actuellement, on assiste à une prolifération de partis sur l’arène politique. Quelle lecture en faites-vous ?
En tant que démocrate, nous pensons qu’on ne peut nullement enfreindre la liberté d’association idéologique, culturelle, religieuse, de pensée ou d’expression. Notre pays a ratifié dans ce cadre toutes les conventions internationales. Mais en Guinée, il existe un véritable paradoxe. Les appartenances aux partis ne sont pas le reflet d’une quelconque conviction politique et idéologique mais plutôt un problème de personne et aussi d’intérêt immédiat. Voyons par exemple, la recomposition du paysage politique actuel caractérisé par l’arrivée massive d’anciens gestionnaires de l’Etat à la tête de quelques partis politiques qui, hier, se retrouvaient dans la même embarcation et défendaient la même philosophie politique sont curieusement aujourd’hui des adversaires politiques. Un autre aspect vraiment ridicule est que ces fameux politiciens d’aujourd’hui qui, hier, ont été des mauvais gestionnaires, pris de peur par les audits annoncés et craignant fort d’être rattrapés par leur passé obscène, recherchent une soi-disant immunité derrière le parti. Par contre, ce que nous saluons, c’est l’émergence de jeunes leaders politiques aux mains propres et qui n’ont pas trempé dans la gestion calamiteuse passée du pays, déterminés à prendre en charge les destinées de cette couche sensible qui a son mot à dire dans le cadre du développement de notre pays. Aussi, le peuple n’arrête pas de fustiger ceux qui ont bradé l’économie hier et veulent encore aujourd’hui par le biais des partis politiques revenir aux affaires.
Le P.U.L. est membre des Forces vives. Le comité ad hoc que vous avez constitué a rendu compte de ses résolutions concernant le chronogramme et l’ordre des élections. Qu’en pensez-vous ?
Notre parti a cru dès le départ à la sincérité et à l’engagement du Président de la République et du CNDD à organiser des élections libres, justes, transparentes et crédibles au terme de la transition. C’est pourquoi, nous partageons ce chronogramme qui prend en compte les aspects techniques et politiques de leur faisabilité.
Le mot de la fin
Je voudrais d’abord remercie votre journal, nul n’est besoin de rappeler l’immensité de la tâche que les médias ont à jouer surtout pendant une période aussi sensible que les élections. Je voudrais de tout mon cœur inviter les Guinéennes et Guinéens à opérer un choix judicieux lors de ces consultations pour sortir la Guinée e l’ornière. Car, la pauvreté, la misère ne sont pas une fatalité pour un pays. Ils ne relèvent que de l’irresponsabilité des hommes. En témoigne la gestion catastrophique de la Guinée pendant les années écoulées. J’invite donc les jeunes, les ouvriers, les paysans bref les Guinéens à venir massivement adhérer au P.U.L. et à voter pour lui lors des prochaines consultations électorales.
Interview réalisée par Talibé Barry L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
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