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Étant un passionné de cinéma, j’avais démarré en janvier 2007 une adaptation guinéenne de « 24 heures chrono » qui a été publiée mensuellement. Les textes sont disponibles pour ceux que cela pourrait intéresser. Le personnage principal était bien-sûr L.C. Bauer avec ses 3 groupes de terroristes : les S.A. (Soudards Armés), les B.B.B. (Bandits en Boubous Bazin) et les V.C.B. (Voleurs en Cols Blancs). En face la résistance du peuple était menée par 3 groupes : les G.C. (Guerriers du Changement de l’axe Bambeto – Cosa – Hamdalaye), les Patriotes des Syndicats et de la Société civile et dans une moindre mesure les politiciens de l’Opposition. Je précise que comme dans la série américaine, la version guinéenne s’est achevée avec la mort de L.C. Bauer ! Que de changements bouleversants depuis cela en Guinée: les factions terroristes sont toujours là, encore plus puissantes, mais la résistance ne compte plus vraiment que le 1er sous-groupe, les 2 autres ayant perdu une bonne partie de leur âme en moins de 3 ans. J’ai essayé de faire une nouvelle série avec Dadis mais il nous jouait déjà tellement bien et tous les jours une pièce de théâtre extraordinaire qu’il était inutile d’en rajouter…
Pour le règne de notre Général 5 étoiles, de ses 50 sous-officiers analphabètes ou semi-lettrés promus généraux en moins de 2 ans et de la bande d’environ 200 bandits civils et militaires qui gèrent le pays depuis 52 ans (soit directement, soit par leurs progénitures inconscientes) j’ai d’abord pensé à Harry Potter mais il y a trop de Lord Voldémort et pas assez de Harry Potter et de sa bande de guerriers intrépides du changement dans notre pauvre pays. Finalement après moult réflexions j’ai donc choisi Ali Baba et les 200 voleurs. Pour les 200 voleurs cela a été très facile à déterminer car tous les Guinéens et étrangers qui ont vécu plus de 6 mois en Guinée les connaissent – ils sont partout en petit nombre, dans notre armée, dans nos partis politiques, dans notre présidence, dans notre gouvernement, dans notre CNT, dans notre CNC et bien-sûr, le plus grave aujourd’hui, dans notre CENI qui n’est effectivement dépendante que de celui qui paie le plus vite et le plus. Cette mafia locale est la seule plaie ouverte de la Guinée, celle qui ne veut pas entendre parler de Démocratie, d’Etat de Droit et de la compétence avant tout pour gérer désormais le pays; c’est compréhensible, ils sont à l’opposé exact de tous ces principes et ils savent à juste titre que le jour où ceux-ci seront une réalité chez nous leur descente irrémédiable aux enfers va commencer. Pour Ali Baba (qui représente le Bon dans la version guinéenne) cela a été beaucoup plus difficile mais finalement j’en ai trouvé 2 de valables. Au pays, c’est le Président Syma de la Cour Suprême qui doit rigoler sous cape en regardant tous ces intrigants gesticuler, mentir et tricher du matin au soir. Non seulement il n’a pas besoin de parler, mais en plus il sait que le jour où il le fera, tout le monde, y compris notre tigre édenté, devront la fermer – il aura de toutes les façons le dernier mot car il est le seul aujourd’hui dans le pays pour lequel il est impossible de dire quel bulletin il choisira le jour du 2e tour; et même ! Comme il est un peu molichon et n’étant donc pas forcément suffisant pour tenir ce rôle prestigieux, je lui ai adjoint notre doyen Saidou Nour Bokoum dont la force du combat et la plume acerbe, malgré sa retraite spirituelle actuelle, lui valent bien le titre de représentant spécial de l’axe du changement au niveau de la diaspora (mais avec uniquement un salaire moral); il tire comme il le sent, du fond de son cœur et de sa tête bien garnis, sans aucun gant, sur tout ce qui bouge de travers dans notre pays de fous au pouvoir.
Je voudrais envoyer un message très clair et net à cette bande de 200 criminels nationaux parce qu’aucune des 2 alliances en course et aucun des soi-disant sages ou chefs religieux du pays n’ont osé pour le moment le leur dire et le prouver franchement; aussi parce que c’est le seul langage qu’ils connaissent et appliquent à leurs victimes. Konaté l’a déjà souligné dans son dernier discours mais je le renforce ici : les victimes de ma génération et de celles qui viennent après moi sont et resteront totalement indifférentes à l’hypocrisie et à la malhonnêteté nationale que certains appellent pompeusement « nos cultures et traditions nationales ». Tous ceux qui ont versé directement ou indirectement le sang d’un seul Guinéen ou violé une seule guinéenne finiront devant la justice de notre pays sinon devant l’internationale. Il n’y aura aucun « pardon cadeau » acceptable tant que la vérité entière ne sera pas dite, que la justice ne se sera pas prononcée et que les peines ne seront pas appliquées. L’impunité pour les crimes de sang et pour les principaux crimes économiques va lentement mais irrémédiablement cesser à partir de maintenant. L’heure de l’impunité va enfin sonner en Guinée! Même si certains se découragent en chemin il y aura toujours un groupe d’intellectuels obsédés par la comparution de ces criminels devant la vraie justice des hommes. A l’image des équipes d’Arméniens, de juifs (Klarsfeld père et fils), de Cambodgiens, de Rwandais et de Kosovars, nous allons vous traquer jusqu’au dernier et nous réussirons. Vous vivrez dans l’angoisse permanente d’être démasqués jusqu’au jour où vous serez présentés en trophées de l’impunité. Nous ne vous jugerons pas nous-mêmes car nous sommes des intellectuels démocrates (donc diamétralement vos opposés) mais nous vous traquerons pour vous amener devant la justice et pour être sûr que des peines à la hauteur de vos crimes vous seront effectivement appliquées. Et ceux qui sortiront blanchis par celle-ci ou qui se repentiront sincèrement devant toutes leurs victimes reprendront progressivement leur place dans la nouvelle nation. C’est cela, la fin de l’impunité dont a parlé le Général Sekouba Konaté dans son dernier discours, même si lui-même il ne le sait pas encore. Et puis nous n’avons rien à faire des excuses d’un quelconque président de la république, aujourd’hui ou demain, à moins qu’il ne soit lui-même responsable d’avoir versé le sang d’un Guinéen, d’avoir violé une Guinéenne ou de graves crimes économiques, auquel cas il devra lui-même faire face à ses juges. Il ne peut et ne pourra jamais parler que pour lui-même car il ne sera jamais à nos yeux le porte-parole de la Justice Universelle indispensable à une vraie réconciliation nationale. Nous les victimes de l’état guinéen de 1959 à 2010 (les assassins militaires du pauvre taxi-maître de Nzérékoré) sommes prêts à aller vers la réconciliation nationale, l’unique chance de sauver notre pays, mais avec toute la vérité, la justice, la dignité et le respect que ce pays doit aux martyrs du PDG et de ses clones suivants. Je suis certain qu’à la fin correcte de tout ce processus de nombreuses victimes, dont moi, seront prêtes à pardonner, pour nos enfants et pour la sérénité de la Guinée du XXIe siècle.
Un dernier petit conseil mes chers mafiosos, faites TOUT pour que ce soit Konaté qui vous traduise devant nos tribunaux guinéens laxistes avant son départ; c’est votre meilleure chance d’avoir quelques circonstances atténuantes. Et si le prochain président ne prend pas entièrement et rapidement ses responsabilités, alors nous le remplacerons dans 5 ans par celui qui le fera sans aucune hésitation, le 1er président du changement véritable dont le 1er objectif de son plan de société sera de débarrasser le pays de cette mafia qui ne lui permettra jamais de se développer – la justice contre les crimes affreux et les génocides est beaucoup plus agréable quand elle est consommée à froid…
2 Octobre 2010
A. O. T. Diallo Guinéen, mais optimiste!
www.guineeactu.com
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