jeudi 7 janvier 2010
Aide-mémoire et points de réflexion pour la désignation du premier ministre par les forces vives
Sidikiba Keita

Aujourd’hui, la junte invite les forces vives à lui proposer un premier ministre.

Il s’agit d’une responsabilité délicate et, au regard des leçons de mars 2007, nous devons nous garder de tout faux-pas, et ce choix ne serait judicieux que dans la mesure où nous nous conformons à certaines lignes directrices.


Remarques liminaires :

L’enjeu est l’exercice du pouvoir politique par les civils, qui doivent obtenir le départ des militaires.

Du côté des civils, il y a les forces vives, et du côté des militaires, il y a le CNDD.

Le CNDD est installé sur une armée actuellement dominée par des pro-Dadis orphelins.

Les forces vives sont composites et sont partageables en deux entités, à savoir le mouvement social et les partis politiques.

La pléthore de partis est aujourd’hui telle qu’il est indispensable de passer par des élections législatives pour éclairer les boussoles nécessaires aux indispensables fusions avant l’élection présidentielle.

Le passage au régime civil exige une période transitoire.

Cette période transitoire est celle qui doit préparer le cadre institutionnel dans lequel devront évoluer les partis politiques.

Dans cette phase transitoire, nous devons distinguer deux sous-périodes :

  1. Une sous-période de gouvernance mixte militaro-civile sanctionnée par la mise en place du CNT.
  2. Une sous-période de gouvernance 100% civile contrôlée par le CNT, et le CNT devrait être composé à parts égales, :
    • du Mouvement Social,
    • des partis politiques,
    • du CNDD.

Le CNT devrait avoir pour principale mission de contrôler la gouvernance, de produire et faire adopter une nouvelle Constitution.

La mise en œuvre de ce cadre institutionnel doit se faire sous l’égide d’une gouvernance civile neutre par rapport à l’ensemble de la classe politique. Cela fait du mouvement social le vivier naturel devant fournir des acteurs neufs et politiquement neutres pour animer et conduire cette phase.

Cette phase est certes limitée dans le temps, mais elle est arbitrale, entre l’Armée d’une part et les partis politiques d’autre part.


Démarches et critères de désignation du premier ministre:

Le premier ministre doit être une personne de consensus entre les partis politiques et le mouvement social.

Il ne doit appartenir à aucun parti et provenir de la société civile.

Il doit être capable de contrôler et impulser la réforme de l’armée.

Il doit continuer et intensifier la lutte contre les narco-trafiquants.

Il doit préparer l’avènement du gouvernement 100% civil qui doit très prochainement être constitué en tant que première phase de la démilitarisation du pouvoir politique.

Ce gouvernement 100% civil doit constituer la seconde étape de la période de transition.

Comme dit précédemment, cette période de transition doit comporter deux phases :

  1. La phase mixte militaro-civile.
  2. La phase exclusivement civile, amorçant la réforme de l’armée, et le retour des militaires dans les casernes.

L’ensemble des ministres, directeurs nationaux et régionaux de cette phase doivent impérativement être soumis à la déclaration préalable des biens à leur nomination et à leur départ.

L’ensemble des ministres, directeurs nationaux et régionaux de cette phase doivent impérativement être soumis à l’interdiction de se présenter aux élections qui se dérouleront après la transition.

L’ensemble des ministres, directeurs nationaux et régionaux de cette phase doivent impérativement être remplacés à leur poste respectif et soumis à la déclaration de leurs biens en fin de mandat, à savoir, à la fin de la période de transition, sanctionnée par des élections législatives permettant de décanter la pléthore des partis politiques.


KEITA Sidikiba


www.guineeactu.com

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Vos commentaires
bala, samedi 9 janvier 2010
La réalité a évolué, Mr Kéita. Il y a moins de 10 partis aujourd`hui dans les forces dites vives. Pensez-vous qu"elles seules constituent l`opposition et doivent seules décider de l`avenir de la Guinée? Et même si elles constituaient 90 p; cent des partis, de quel droit s`arrogeraient-elles le droit de décider ce qui serait bon pour tout le monde. Soyez plus tolérnt et plus critique envers votre camp. Rien n`est statique et ne doit le rester.
Youssouf Bangoura, vendredi 8 janvier 2010
Konaté doit nous dire quelle est son intention, si oui ou non il sera candidat, l`opposition n`a pas fait des sacrifices humains au stade pour l`obtention d`un poste de premier ministre . cette proposition est pour moi nulle, Konaté doit nous dire clairement ce qu`il compte faire et qu`elles sont les intentions des autres membres de son cndd. Un gouvernement civil avec à sa tête un militaire comme president est voué à l`echec . Nous savons que les militaires guinéens n`ont aucun respect pour les civils, un seul militaire en guinéen peut facilement insulter un ministre, il est illusoire de penser qu`avec un premier ministre civil issu de l`opposition peut faire quelque chose contre ces militaires qui ont la certitude d`avoir le droit de vie de mort sur leurs compatriotes.
kagbadouno Tamba, jeudi 7 janvier 2010
Sidiki, je suis un peu septique de la présence des militaires dans un gouvernement. Tu sais que pour les militaires (même dans les vrais armées Républicaines) ne font aucune confiance aux civils. D’autre part, en Guinée, il n’ya plus d’Armée depuis 1971 époque où le sanguinaire Sékou Touré à imposer la politique dans l’Armée et créer sa « milice Populaire ». Depuis, cette date, en Guinée il ya des miliciens déguisés en MILITAIRE. Enfin, il faut comprendre, que le CNDD (Comité Négationniste des Droits Démocratiques), le Parti Des Geôles (PDG) et le Parti Unique de la Pourriture (PUP) sont disqualifiés pour toujours de parler au nom des Guinéens. Nous voulons un Gouvernement de CIVIL à 100% (tous les postes politiques y compris le Ministère de la Défense. Ce gouvernement doit avoir une durée qui n’excède pas 4 mois pour aller aux élections après avoir réécrit 2 ou 3 articles de la constitution, notamment, la liberté de candidature aux élections nationales (que les partis politiques cherchent à faire perdurer !). Nous souhaitons un régime parlementaire intégral. En effet, l’ Africain (malheureusement est incapable de digérer le titre de Président), on dirait que psychologiquement, ce titre le rend FOU et il fini par être un DICTATEUR comme le disait l’autre parlant de lui-même à la 3ème personne «… phénoménal !…
Madiou, jeudi 7 janvier 2010
Je pense que vos propositions sont a prendre en consideration. Seulement, je pense que,compte tenu des experiences douleureuses de deux precedents chefs d`Etat, il faudrait mettre hors jeu tous les militaires dans le jeu politique, notammenet ceux du cndd. Si vous considerez le cndd et les partis politiques comme parties egalitaires dans le jeu politique, cela equivaudrait a une reconnaissance tacite du cnnd, donc des militaires, le droit de competetir dans le combat politique. Or, a mon avis, l`armee doit se cantoner dans son role d`arbitre impartial entre les acteurs poliques en competition (partis politiques) et de gardienne de l`integrite territoriale, de la paix publique et de protection des instututions de la Republique. De ce fait, le cnnd doit etre dissout immediatement en tant que tell, mettre en place le CNT auquel ne devra faire partie aucun eventuel candidat aux futurs mandats electifs. Ce qui nous garantirai un jeu transparent et honnete. Madiou
Bangaly Traoré, jeudi 7 janvier 2010
Nous voulons un gouvernement d`union nationale sans aucun militaire

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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