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« Pour des raisons de santé qui m’obligent à ne pas m’éloigner trop loin de Paris où je suis un traitement médical, (…) je suis dans l’obligation impérative de renoncer au poste de confiance que vous m’aviez proposé ».
Cet extrait de la lettre de Aicha Bah, signée du 19 janvier dernier et adressée au PM Komara, fait-il ainsi de l’ancienne dame de l’Education, une victime des loups de ses premières amours, ou Aicha est tout simplement animée d’un sérieux leadership visionnaire ?
Ce qui est le plus probant, c’est que l’ancienne sous-secrétaire à l'UNESCO, devenant dorénavant, Conseillère spéciale du Premier Ministre, n’aura même pas eu le temps de prendre fonction à son nouveau poste de ministre de l'Enseignement Pré-universitaire et de la formation professionnelle. Aicha Bah (nommée le 14 janvier) a été, de fait, remplacée par l'ancienne Maire de la Commune de Matam, Rougui Barry.
Les mauvaises langues évoquent déjà les effluves des décrets et contre décrets qui ont largement caractérisé dernièrement, le gouvernement du régime défunt, sous l’effet des intrigants de la République.
Auparavant précédée d’une certaine réputation et d’une certaine rigueur, auxquelles s’accommodent mal encore des cadres de l’Education, Aicha Bah ne pouvait, à priori, jamais être la bienvenue. Car, loin de son profil atypique, elle avait la tâche d’incarner une nouvelle Education qui projette en elle, tous les espoirs et tous les rêves, le fondement même du choix porté en elle pour appartenir au gouvernement de Komara. Sa première attaque nous dit-on était celle qui consistait à garder très éloignés, les loups de la bergerie : ceux qui doivent faire valoir leurs droit à la retraite, les corrompus du Pré-universitaire et de la Formation professionnelle, etc. Trop ambitieux et trop tôt, mijote-t-on dans les couloirs.
C’est pourquoi, selon des sources concordantes, plusieurs hauts responsables du secteur de l'Education se seraient plaints de la dame et de sa vision du département. Seulement, des indiscrétions révèlent que les architectes du contre décret –qui auraient signé une pétition à l’attention du CNDD et de la Primature contre la nomination de la pauvre dame- craindraient une sorte de vengeance de la part de Aicha Bah.
Le PM lui, va préférer la garder comme conseillère spéciale et éviter la honte à la dame, la déception des siens et des admirateurs. Pour la victime, en toute dignité, et pour ‘'des raisons de maladie'', elle a préféré décliner l'offre, tout en restant disponible en citoyenne, pour les conseils que la Guinée sollicitera en matière de science, d’éducation et de culture.
Quoiqu’il en soit, lorsqu’elle était aux affaires, des mouvements de grève enclenchés entre autres par le syndicat libres des enseignants et chercheurs de Guinée (SLEG) ont crée des brouilles entre Aicha et le défunt président. Ces syndicalistes, nous dit-on, ont proposé au Général Conté, que la seule façon de calmer les ardeurs à l’Education, c’était de « mettre sans délai, hors d’état de nuire », l’ancienne ministre. Les auteurs de cette conspiration, plus d’une décennie après, sont toujours en poste. Et ils redoutent le retour en force de leur ancienne victime, cette fois-ci alors, frappée davantage d’une obligation de résultats. Il n y aura donc pas d’état d’âme dans la restructuration du secteur. Ce qui n’est pas mal en soi. Si on veut tourner réellement maintenant la page de tout un système synonyme d’immobilisme, provoqué par une faillite morale exemplaire.
Aicha bah s’en va donc poursuivre à l’UNESCO, son leadership visionnaire au bord de la Seine, en étant ‘’contrainte’’ d’abandonner un système éducatif miné par tous les maux : recrutement fantaisiste, bourses d’études réduites aux parents et autres amis, etc. Certes, elle n’aurait pas tout corrigé peut-être, vu les challenges et l’engagement des excitateurs. Mais, cela ne justifie point l’acharnement de ces vieux anciens collaborateurs, eux-mêmes appelés à suivre le vent du changement.
Au regard de la complexité des défis et du refus de certains de se débarrasser des vieilles habitudes dans le secteur, il est loisible de se demander comment Rougui Barry, reconnue tout aussi coriace, pourra sortir le Pré-universitaire et la Formation professionnelle de ses mille et un maux.
Thierno Fodé SOW pour www.guineeactu.com
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