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Ahmed Kanté, ancien ministre des Mines et de la géologie est sorti de la prison mercredi dernier, après près d’une année de détention pour « détournement de fonds ». Cette mise en liberté conditionnelle a été obtenue grâce à la volonté des autorités judiciaires qui veulent se forger désormais une bonne image.
Durant son incarcération, Kanté avait sollicité en vain une confrontation avec l’ancien ministre du Contrôle d’Etat, Alassane Onipogui qui serait très au fait du dossier relatif au fonds minier, pour lequel l’ancien ministre des Mines a été interpellé. Maintenant que celui-ci n’est non plus aux affaires, il ne serait pas exclu qu’il soit convoqué à la barre, pour qu’il puisse éclairer la religion de la cour sur cette affaire qui a fait couler assez d’encre et de salive.
Tout a commencé par les opérations de lutte contre la corruption et la moralisation de l’administration publique engagées par la junte, au lendemain de son avènement au pouvoir.
Et les enquêteurs se seraient vite aperçus que des anciens ministres avaient profité de leur position pour se servir dans réserves issues du fonds miniers.
Ces personnalités soupçonnées de détournement sont au nombre de quatre à savoir, Ahmed Tidiane Souaré, ancien ministre des Mines, qui fut également Premier ministre sous la deuxième république qui aurait pompé 12 milliards 500 millions 837 mille 559 francs guinéens dans les caisses du fonds minier ; Dr Ousmane Sylla lui aurait puisé 11 milliards 109 millions 096 mille 700 francs guinéens de ce fonds ; tandis que Louncény Nabé se serait contenté de ne prendre que la somme de 754 millions 542 mille francs guinéens.
Le quatrième mis en cause c’est Ahmed Kanté, à qui on reproche d’avoir soutiré 2 milliards 152 millions 216 mille francs guinéens de cette manne.
Si les trois précités ont reconnu sans grande difficulté devant les enquêteurs les faits qu’on leur reproche, ce n’est pas le cas d’Ahmed Kanté qui a tout nié en bloc.
Criant à un « complot » ourdi par l’ancien ministre du Contrôle d’Etat, Alassane Onipogui, avec qui il faut le reconnaître il avait eu maille à partir pendant qu’il gérait le département des mines, alors que Onipogui était à l’époque inspecteur général des Mines.
Cette négation des faits va coûter à Kanté u long séjour en prison. D’abord au PM3 puis à la Maison d’arrêt de Conakry.
Ces collègues, eux, ne pouvant supporter sans doute les misères des prisons guinéennes, vont vite se mettre à table et accepter de rembourser les fonds incriminés.
Toutefois, à ce jour bien des gens se demandent si les trois anciens ministres des Mines ont fini d’éponger leurs dettes vis-à-vis du trésor public ou s’ils ont simplement profité de la de la débâcle du CNDD pour se terrer ?
Le gouvernement de transition nous édifiera certainement à la longue.
Pour le moment c’est le face à face entre Ahmed Kanté et Alassane Onipogui qui est attendu. Etant donné que si l’ancien ministre du Contrôle d’Etat avait pu grâce à la protection dont il jouissait en tant qu’un haut fonctionnaire de l’Etat, se mettre à l’abri de toute poursuite judiciaire, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Onipogui pourrait être entendu même en tant qu’un simple témoin dans cette affaire. Cela y va de sa crédibilité lui-même. C’est du moins ce que pensent la majeure partie des observateurs.
Dian Baldé Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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