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Après des mois de procédures judiciaires, le Président sud-africain, Thabo Mbeki, a été acculé à la démission par son parti : l’African Congress parti (ANC). C’est M. Kgalema Motlanthe, VicePrésident du parti qui le remplace. L’ANC reproche à M. Mbeki d’avoir subordonné la justice pour écarter son principal rival, M. Jacob Zuma. En guise de biographie, je rappelle que M. Thabo Mvuyelwa Mbeki est né le 18 juin1942 dans la région du Transkei (Province du Cap oriental). Son père est un militant de l’ANC et du Parti Communiste sud-africain (SACP.) Le jeune Mbeki suivra, tout naturellement, les traces de son père et adhère au parti de Nelson Mandela dès l’âge de 14 ans. Depuis, il accède à tous les échelons du parti. Représentant l’ANC auprès de gouvernements étrangers en 1967, il devient chef du département de l’information en 1984 et celui des relations extérieures en 1989. En 1994, il est élu à la vice- présidence avec Frederik de Klerk. Il occupera ce poste auprès Nelson Mandela jusqu’en juin 1999, année à laquelle il remplace démocratiquement le premier président de l’Afrique du Sud. C’est donc, après 9 ans de pouvoir et près de deux mandats achevés qu’il quitte son poste par démission en prenant acte de la décision du Comité Directeur de l’ANC de lui retirer sa confiance. M. Mbeki a noué de solides relations avec les Etats africains et s’est personnellement investi dans le rapprochement et la réconciliation entre Guinéens. Notamment au rapprochement des familles Telly Diallo, victime du PDG et la famille de Sékou Touré. Dans la foulée de la démission de M. Mbeki, un tiers du gouvernement sud-africain a rendu le tablier. En tête des ministres partant, la Vice-Présidente, Phumzile Mlambo-Ngouka, l’une des rares femmes à occuper un tel poste dans le monde. Mais également 10 autres ministres dont celui des Finances que les spécialistes considèrent comme l’un des acteurs principaux de la croissance économique de l’Afrique du Sud. S’y ajoutent 3 ministres adjoints : l’équivalent des Secrétaires d’Etat dans certains pays. C’est au total 14 ministres sur 29 qui démissionnent. La crise politique qui secoue l’Afrique du Sud inquiète à la fois les pays africains et les Etats occidentaux. En effet, les derniers troubles qui ont traversé ce pays qui est considéré comme un exemple de stabilité et de démocratie dans notre continent inquiètent plus d’un Etat. Néanmoins, les autorités sud-africaines tentent de rassurer leurs interlocuteurs. Ainsi, le vice-Président Jacob Zuma a affirmé « nous prévoyons une transition en douceur" et promet la stabilité. Le groupe parlementaire de l’ANC (majoritaire à l’Assemblée) affirme à son tour que la désignation d’un modéré à la présidence va dans le même sens. Enfin, M. Mbeki a engagé une procédure judiciaire en saisissant la Cour Constitutionnelle pour faire appel du jugement. Quelle que soit l’issue, les actions engagées contre M. Mbeki auront montré que les bonnes graines semées par Nelson Mandela continuent de donner de bons fruits. Il y a donc des pays africains où la démocratie et la bonne gouvernance sont de règle. Puisse cela servir, dans le présent et le futur, à nous autres ! Lamarana Petty Diallo pour www.guineeactu.com
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