jeudi 4 novembre 2010
Affichage des listes électorales : La crainte des électeurs

A quelques jours du second tour de la présidentielle guinéenne, fixé le 7 novembre prochain, l’affichage des listes électorales n’est toujours pas effectif sur toute l’étendue du territoire national. Et pis, les quelques listes affichées comporteraient de graves anomalies. Cela suite au ‘’tripatouillage’’ de l’état-civil des électeurs dont bon nombre rencontreraient actuellement des complications sur le terrain. Ce qui risque même de transformer les bureaux de vote en des ‘’centres d’embouteillages de discussion’’ (CED) le jour du scrutin.

Selon le décret présidentiel du 27 octobre dernier, qui convoque le corps électoral guinéen aux urnes, les 4 millions 200 électeurs du pays se rendront au vote, le 7 novembre prochain, pour élire démocratiquement le futur président de la Guinée. Mais à 72heures jours du scrutin, tout porte encore à croire que des problèmes existent. Car, sans vouloir mettre en doute la moralité de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) dont le nouveau président, le Général Siaka Toumany Sangaré, se dit être techniquement prêt pour organiser le scrutin, telle est aujourd’hui la triste réalité. Cela, même si dans l’appréhension du général malien toutes les conditions seraient déjà réunies pour permettre aux guinéens de voter correctement.

En tout cas des couacs existent encore, et qui ne seraient pas des moindres. Il s’agit des listes électorales qui, à constater, comporteraient de nombreuses anomalies. Cela à cause des problèmes d’identification que rencontreraient actuellement les électeurs. En effet, la nouvelle liste électorale comporterait d’énormes anomalies. Et qui serait du au ‘’tripatouillage’’ de l’état civil des électeurs. Car nombreux sont parmi eux qui constateraient des modifications dans leur identité. Les listes comportant dès fois deux identités, ce qui pourrait de facto entrainer des confusions pour les électeurs, le jour du scrutin. D’autant que beaucoup d’entre eux sont inquiets, du fait que devant leur numéro, ils retrouvent un autre nom, et d’autres qui retrouvent leur photo sur la fiche mais, avec une identité différente. Et d’autres encore, qui voient leur nom complètement modifié. C’est le cas de cet électeur, à Ratoma, qui porte le nom d’Ousmane Bah, mais sur la nouvelle liste électorale, l’électeur porte bizarrement le nom d’Ousmane Diakaby. Et comme lui, beaucoup sont les électeurs qui rencontrent le même problème, qui l’ont déjà remonté au niveau de leurs états-majors respectifs pour trouver une solution à cette situation.

A ‘’l’Alliance Cellou Dalein président’’, la question est actuellement au centre des débats entre les barrons de l’alliance et leurs militants qui ne cessent de se plaindre. Le dimanche dernier, au siège de l’UFDG, à Commandaya, Cellou et ses principaux alliés étaient face à leurs partisans. Ce, pour une vaste campagne d’explication et de sensibilisation. Les fédérations de Dixinn et de Ratoma étaient conviées pour la circonstance. Cette stratégie s’est poursuivie le lundi, au QG de l’UFR, à Matam, son principal allié dans ce second tour. Pour le candidat de l’alliance, il n’est pas question de s’alarmer. Cellou demande à ses militants de remonter les problèmes rencontrés sur le terrain. Afin de permettre à son alliance de les porter à la connaissance de la CENI pour une solution idoine, qui devra permettre à chacun de voter.

Par ailleurs, il a été question des déplacés suite aux incidents survenus en Haute Guinée, des cartes alphanumériques qui remplacent les récépissés et le vote des pèlerins. Selon le président de l’UFDG, des démarches ont été menées auprès de la CENI pour permettre aux milliers de déplacés, par dérogation, d’accomplir leur droit civique. Pour cela, trois (3) villes de départ et cinq (5) villes d’accueil ont été retenues. Pour les villes de départ ce sont : Siguiri, Kouroussa et Kissidougou. Quant aux villes d’accueil, la CENI a retenu, Dabola, Dinguiraye, Mamou, Dalaba et Labé. Ainsi, une mission conjointe MATAP, CENI et les deux partis adverses (UFDG-RPG), devra se rendre dans ces cinq villes citées plus haut, pour procéder au recensement des déplacés. Et une fois recensés, des bureaux de vote spéciaux seront installés le jour du scrutin, où ils viendront voter. Mais, à priori, chaque déplacé devra prouver à travers un document (carte biométrique ou alpha, récépissé, carte d’identité nationale), qu’il vienne de l’une des trois villes préalablement citées. A défaut, il faut que son nom se trouve sur la liste électorale. C’est seulement à cette condition que le déplacé pourra voter. Et au moment où nous allions sous presse, la mission conjointe MATAP, CENI et les deux partis, auraient quitté Conakry, ce mercredi pour l’intérieur du pays. Ce retard étant du au refus du RPG de fournir à temps la liste de ses représentants.

Quant aux cartes alphanumériques, Cellou Dalein explique que l’électeur qui ne dispose pas de carte biométrique doit avoir sa carte alphanumérique plus son récépissé pour pouvoir voter le jour du scrutin. Ainsi, il invite ses militants d’aller retirer leur carte alpa, qu’ils doivent nécessairement joindre à leur récépissé le jour du vote. Mais à ce niveau aussi, il existerait des problèmes. Parce qu’il s’avère que certains électeurs disposeraient de deux types de cartes. Ils auraient à la fois, les cartes biométriques et alphanumériques. Ce qui voudrait dire qu’ils sont inscrits dans deux bureaux de vote, et peuvent à cet effet, voter deux fois. Pis certains qui ont voté au 1er tour avec leur carte biométrique ne pourront pas voter cette fois-ci, pour le simple fait qu’ils ne verront pas leur nom sur la nouvelle liste électorale. C’est le cas des électeurs de la sous préfecture de Mitty, à Dalaba, où sur 508 inscrits au 1er tour, 227 n’auraient pas retrouvé leurs noms cette fois-ci. Quel dommage !

S’agissant du vote des Guinéens de l’étranger, ils pourront accomplir leur devoir civique soit avec leur carte alphanumérique, pour ceux qui en auront, à défaut, ils peuvent se servir de leur récépissé pour voter. Et il faut noter que cette possibilité de voter avec simplement les récépissés n’est valable que pour la diaspora guinéenne vivant à l’extérieur.

Aux pèlerins, le leader rappelle qu’ils ne peuvent voter que par procuration. Et pour le faire, précise-t-il, le pèlerin avant d’aller à la Mecque doit, à travers une procuration manuscrite (numéro de carte et du bureau, nom…), laisser sa carte d’électeur à quelqu’un, inscrit dans le même bureau de vote que lui. Ce n’est que de cette manière qu’il pourra voter, explique le président de l’UFDG. Et de souligner que toute personne qui n’a pas son nom sur la liste générale ne peut voter. En outre il indique aussi, que la seule carte alphanumérique n’est valable pour le vote. Le candidat martèle que ces dispositions auraient été prises en commun accord avec la CENI. Cela pour réduire les risques éventuels de fraude.

Au regard de ce qui précède, il y a lieu de s’interroger sur la tenue d’un scrutin calme et apaisé comme le souhaite les observateurs nationaux et internationaux. Autant dire que si ces anomalies ne sont pas corrigées, les bureaux de vote risquent de se réduire en des centres d’embouteillages de confusion et de discussion. Or ce qui pourrait empiéter au déroulement normal du scrutin. D’où la nécessité pour le nouveau président de la CENI de prendre des mesures pour éviter les mauvaises surprises. En tout cas, l’avenir du pays en dépend.


Samory Keita
L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
 

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Vos commentaires
Abdoul Diallo, vendredi 5 novembre 2010
Toute cette confusion a ete preparee durant le court passage de Louceny Camara a la tete de la CENI. C`est une preuve de la volonte de ce monsieur de favoriser un candidat par rapport l`autre. Mais avec la pression de la Communaute Internationale et la lassitude des Guineens, il est impossible de corriger toutes les anomalies. On ira aux elections ce Dimanche en esperant que la voix du peuple triomphera sur les forces du mal.
Fatoumata, jeudi 4 novembre 2010
Je sais que tout le monde veut en finir avec ces élections déplorables mais je ne comprends pas que les auteurs de la transition choisissent tout le temps des dates aussi rapprochées (19 sept, 24 oct, 31 oct, 7 nov) sachant pertinement l`ampleur des problèmes à résoudre. Au lieu d`essayer de courir après une date à rencontrer ils feraient mieux d`adapter leur calendrier à l`ampleur des difficultés à résoudre.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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