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Le capitaine Moussa Dadis Camara a tancé vertement M. Anatoly Pantchenko, fondé de pouvoir au sein de la compagnie RUSAL, au cours d’une rencontre qui a regroupé la semaine dernière des émissaires des travailleurs de FRIGUIA autour du chef de la junte. Cette rencontre qui visait à désamorcer le conflit entre la direction de l’usine et les employés, a pris une autre tournure, avec des révélations sur les dessous de la convention de cession de FRIGUIA à RUSAL.
Le chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara vient de remettre en cause la convention de cession de l’usine de FRIGUIA signée entre l’Etat guinéen et les partenaires du géant minier russe RUSAL. En effet, le nouvel homme fort ne semble pas accorder de crédit à cette convention qui à en croire son propos a été passée dans des conditions opaques. Dadis va plus loin en déclarant que ceux qui ont trempé dans cette opération de bradage de cette usine de production d’alumine seront traduits en justice. Du coup l’ancien Premier ministre Ahmed Tidiane Souaré se retrouve de nouveau dans le collimateur du CNDD. Après avoir été interpellé en mars dernier dans le cadre d’une affaire de malversation financière portant sur 26 milliards de francs guinéens, qui auraient été pompés des caisses du Fonds minier. Dans ce cas ci, l’ancien PM qui occupait les fonctions de ministre des Mines et de la géologie, au moment de la vente de l’usine, pourrait aux yeux des enquêteurs être un témoin clé de l’affaire. Comme pour dire que la fin de la descente aux enfers pour Souaré n’est pas pour demain. Ceux qui ont suivi le débat télévisé ont pu entendre aussi le nom de Cellou Dalein Diallo, autre ancien Premier ministre de la deuxième République, autour de ce dossier. Pour ce qui est de cette convention qui a permis à RUSAL de faire main basse sur ce joyau de l’industrie guinéenne, les travailleurs de l’usine ont dans un mémorandum adressé la semaine dernière au président de la République, dénoncé « l’iniquité du contrat de vente, en demandant à l’Etat guinéen de restituer au patrimoine national, l’usine de Fria qui selon eux a été bradée à RUSAL à environ 20 millions USD (équivalent du coût de la chaudière 5 de provenance ukrainienne, récemment installée par RUSAL) ». Dans leurs recommandations, les travailleurs relèvent que « l’Etat guinéen doit se porter garant de la pérennité de cette entreprise, en devenant l’actionnaire majoritaire dans son capital social ». Au nombre des griefs portés contre les partenaires Russes, il y a le fait que RUSAL a entrepris de façon insidieuse à écarter les employés nationaux au profit d’un personnel importé de l’extérieur. Sans oublier « la déclassification de l’usine », qui est une méthode consistant à installer des équipements de technologie russe ou ukrainienne, en lieu et place des matériels d’origine. Quand on sait que le matériel de substitution est de bas de gamme, on se rend compte du caractère perfide de cette démarche des partenaires. Le mémo des travailleurs de FRIGUIA contient un tableau, qui indique les profits réalisés par RUSAL et REYNOLDS, de 2000 à 2005. Période durant laquelle le prix de la tonne d’alumine frôlait les 500 dollars. Ces deux entreprises ont pu selon les travailleurs de RUSAL réaliser un « bénéfice brut minimum de 1 milliard USD, soit 500 millions de dollars USD par compagnie, en seulement 3 ans ».
Ces énumérations ne seraient que la partie visible de l’iceberg à en croire ces mêmes travailleurs, pour ce qui concerne la gestion de RUSAL. Le chef de la junte qui en a pris bonne note, avait même ordonné sur le champ de mettre le grappin sur l’ancien chef de cabinet particulier de Conté, M. Tamba Tiendo Millimono. Suite aux propos du conseiller juridique du département des mines qui a cité M. Millimono, comme étant un acteur clé de cette transaction.
Dadis qui ignorait sans doute que M. Millimono était en poste à Bissau en tant qu’ambassadeur, a voulu qu’il soit entendu aussitôt sur cette affaire qui commence à faire des vagues dans la cité. Le glas a-t-il sonné pour RUSAL, en Guinée ? Le personnel de la société lui, ne veut plus entendre parler de cette convention, en tout cas. Anatoly Pantchenko qui était assis dans une posture frileuse devant le chef de la junte lors de cette réunion avec les travailleurs de FRIGUIA, doit se faire en ce moment des remords.
Mamadou Dian Baldé Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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