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Le président de la République a invité le Premier ministre Ahmed Tidiane Souaré à prendre en main l’épineuse affaire qui oppose le PDG du groupe Futurelec et l’ex- ministre des Affaires présidentielles Fodé Bangoura. Une affaire qui déchaîne les passions dans les deux camps et qui risque de mettre à nu les profondes divisions qui affectent l’entourage présidentiel. Ce qu’il conviendrait d’appeler désormais l’affaire Fodé Bangoura est loin de connaître son épilogue. C’est le moins qu’on puisse dire, après que le chef de l’Etat ait décidé de confier le dossier à Dr Ahmed Tidiane Souaré, au terme d’une réunion qui a regroupé les deux parties la semaine dernière autour du président Conté. Cette rencontre a été précédée de plusieurs tentatives d’interpellations manquées de Fodé Bangoura, par les services de police, suite à un mandat émis par le tribunal de première instance de Dixinn. Ce tribunal agissait ainsi après avoir été saisi d’une plainte de Mamadou Sylla, réclamant près de 4 milliards de FG à l’ancien ministre d’Etat chargé des Affaires présidentielles. Somme représentant la valeur des véhicules livrés à Fodé Bangoura au moment où il était aux affaires. Ce dernier qui n’a pas daigné répondre à la convocation que lui a adressée le tribunal, craignant sans doute de subir une humiliation, n’est pour autant pas resté indifférent à cette menace qui plane sur sa personne. Il a saisi ses Avocats dont Me Fodé Abass Bangoura et son confrère Me Raja Rafi, qui se sont empressés de démonter l’accusation. Ainsi, dans une correspondance adressée à M le juge d’instruction du 2ème cabinet d’instruction du tribunal de première instance de Dixinn, les deux Avocats ont relevé l’incompétence des tribunaux de droit commun à poursuivre leur client. Ils trouvent que seule la Haute cour de justice pouvait intenter des poursuites contre Fodé Bangoura. Cette réponse de Me Fodé Abass Bangoura et de Me Raja Raffi n’a en rien entamé la détermination de la justice décidée qu’elle est, à en découdre avec l’ancien numéro 2 du régime. Cautionnant la chasse à l’homme déclenchée contre celui-ci. Pour ne pas tomber dans les mailles de la police, Fodé Bangoura s’était fait très discret du côté de Dixinn port où il dispose d’une demeure non loin de celle de Cellou Dalein Diallo, ancien Premier ministre et devenu depuis leader d’une formation politique de l’opposition. Comme si cela ne suffisait pas, il aurait alors, sollicité l’arbitrage présidentiel, afin de stopper la machine judiciaire enclenchée contre sa personne. Le chef de l’Etat qui a réuni les deux hommes la semaine dernière au palais présidentiel, aurait demandé à Mamadou Sylla de faire preuve de retenue, tout en conviant le Premier ministre à tirer au clair cette histoire de gros sous qui oppose deux de ses lieutenants. Même si Fodé Bangoura est considéré comme étant en disgrâce, après avoir côtoyé le général Lansana Conté pendant longtemps. Des faveurs qui lui ont valu d’être considéré en 2006 comme l’un des dauphins du chef de l’Etat. Sa proximité avec le président l’avait rendu fort et craint par la quasi-totalité des membres du gouvernement. A cette allure, personne ne pouvait prédire sa chute, surtout qu’il fut gratifié d’un poste de super ministre, chargé des Affaires présidentielles. Mais en croisant le fer avec le PDG de Futurelec, qu’il avait fait interpeller pour détournement de 16 milliards de FG au préjudice de la BCRG, Fodé Bangoura était loin d’imaginer qu’il venait de commettre là un acte qui allait précipiter son départ du gouvernement. Ce fut un véritable retournement de situation qui montrait à quel point le chef de l’Etat était insondable. Près de deux ans après cet imbroglio juridico financier, la rancœur qui continuait de sommeiller en Mamadou Sylla, l’a encore poussé à demander des comptes à l’ancien ministre. Au moment où les rumeurs les plus folles faisaient cas d’un probable retour de Fodé Bangoura au sein du gouvernement. Du coup, les proches de Fodé Bangoura y voient une manœuvre visant à saper tout rapprochement entre celui-ci et le président de la République. La tâche revient dorénavant à Souaré qui n’a pas droit à l’erreur, confronté qu’il est, à un dilemme cornélien, dans ce dossier brûlant. Au risque d’y laisser des plumes, le Premier ministre doit s’en remettre à la Justice. Même si les autorités judiciaires ont la mauvaise réputation de rouler pour le plus offrant. Certains observateurs pensent toutefois que Souaré saura se tirer d’affaire. On ne peut apprendre à un vieux singe à faire des grimaces, comme le dit l’adage. Mamadou Dian Baldé Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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