 |
Suite à la découverte des substances explosives hautement toxiques, une forte délégation gouvernementale composée du No 2 de la junte, le général Mamadouba Toto Camara, ministre de la Sécurité, du capitaine Tiégboro Camara, dorénavant ministre chargé de la Lutte Antidrogue, du Colonel Siba Loholamou, ministre de la Justice et du colonel Abdoulaye Chérif Diaby, ministre de la Santé, a effectué le lundi 21 juillet une visite sur les deux sites de dépotage (Gbessia Port1 et Faban), en compagnie des scientifiques et d'une équipe multimédias.
Sur le terrain, qu'il soit à Gbessia port 1 ou à Faban, tous des quartiers situés dans la commune de Matoto, il nous a été donné de constater qu'il y a eu bel et bien dépotage d'importantes quantités de produits chimiques toxiques très dangereux sur les deux sites incriminés.
A Gbessia port 1
Nous sommes à l’intérieur du quartier, précisément dans le secteur 3. A près de 700 mètres du premier virage après la mosquée Gbessia port1, se trouve sur le côté gauche une grande cour fermée ouvrant sur la mer devant laquelle est monté un campement des gendarmes du désormais ministère des Services Spéciaux chargé de la Lutte antidrogue. Tout autour, ils ont délimité un périmètre ultrasécurisé. Ce lundi, n’y ont accès que ceux portant des équipements de protection recommandés par les scientifiques. Les privilégiés sont les ministres, les scientifiques, les journalistes selon les consignes du capitaine Tié. A l’intérieur de cette vaste cour banalisée, en apparence inhabitée, entre les arbustes de la mangrove et les hauts buissons se tiennent débout trois bâtiments. C’est la bâtisse principale aux battants doubles dont la forme ressemble à celle d’un magasin d’entrepôts qui contient ces substances chimiques toxiques. A l’intérieur, se trouvent entreposés, à même le sol et au milieu des planches de bois, plusieurs dizaines de fûts de 200 litres, des bidons noirs de 30 litres et autant de sacs de 50 Kg. Ils contiennent soit des poudres soit des matières liquides.
Faban
Là, dans ce quartier voisin de Gbessia port1, juste situé derrière la piste de l'aéroport international que les Services Spéciaux appellent le laboratoire, il a été également découvert d'autres bidons et des fûts entassés dans un garage d'une large cour aussi inhabitée. Elle est, comme celle du premier site, située aux berges de la mer et compte plusieurs fosses ouvertes qui y sont creusées. En outre, il y avait d'autres bidons taillés en forme de grand vase sur lesquels se trouvent des installations électriques.
Selon les constats livrés par maître Ouo-ouo Pogomou, Huissier de justice requis par le Procureur général près la Cour d'Appel de Conakry, à Gbessia port 1, 147 fûts de 200 litres contenants de l'acétone; 271 sacs de fertilisants organiques; 19 bidons d'ammoniaque; 14 sacs de bicarbonate de sodium; un tas de tuyaux servant à la fabrication de la drogue ont été identifiés. A Faban, 32 fûts de 200 litres; 7 bidons d'ammoniaque; 2 flacons boriques; 13 sacs sans marque ont été notifiés par l'huissier de justice. De leur côté, les scientifiques sous la direction du professeur Célestin Pierre Goumou et de Docteur Cepleyta Mahomy, ont conclu que les entrepôts des deux sites donnent une combinaison de 10 éléments chimiques, tous des solvants organiques, toxiques, inflammables, cancérigènes, corrosifs. Ce sont: le méthanol, l'hexane, l'acétone, l'ammoniaque liquide 24,5%, l'éther de pétrole, le carbone de sodium, de chlorure de méthylène, le peroxyde de phosphore, fluore à l'état combiné, hydrogénâtes (hydronium liquéfié.)
Suivant le contenu du rapport circonstancié fourni par les scientifiques sur les méfaits et la dangerosité des produits découverts au cas par cas, l’hexane, indiquent-ils est cancérigène de façon incurable ; l’acétone est corrosif car il détruit les cellules ; le méthanol, quand il est inhalé à faible proportion conduit à l’arrêt cardiaque et sa vapeur au contact de l’œil agit sur la rétine et l’on devient, précisent-ils, aveugle irréversiblement. L’ammoniaque liquide est corrosif, il détruit la peau et provoque la sclérose au contact avec l’os ; le chlorure de méthylène, est, lui, suffocant et provoque le cancer de foie et des lésions nasales. Le fluor constitue un poison pour les poumons ; le peroxyde de phosphore, le carbure de tungstène, le chlorure de méthylène, l’éther de pétrole sont des amalgames de produits qui rentrent dans la fabrication des bombes artisanales… Le rapport des scientifiques attire également l’attention des autorités guinéennes que les emballages portent le nom de la Côte d’ivoire. Le professeur Célestin et Dr Cépleyta Mahomy estiment, en outre, que la toxicité de ces produits déposés dans ces zones inadéquates donne, selon eux, une dimension d'Etat à cette importation. A cet effet, sur la base des indices déjà en leur possession, ils concluent que deux pistes restent privilégiées : à savoir la piste de la nébuleuse Al-Qaïda du Saoudien Oussama Ben Laden et les cartels de la drogue. Par ailleurs, à en croire les services Antidrogue, toutes ces deux résidences appartiendraient au sieur Mamadou Ciré Bah, alias Kôtô que le capitaine Tiégboro a récemment dénoncé comme étant le baron des cartels du narcotrafic en Guinée et actuellement en fuite. Cette importante saisie de matières explosives a été rendue possible grâce à la perquisition, il y a quelques semaines, du domicile de Kôtô. Laquelle aurait permis aux hommes du capitaine Tié de mettre main sur l'ordinateur et l'adresse mail de Mamadou Ciré Bah, nous apprend-on. En dépit de cette importante saisie que vient de réaliser le service Antidrogue, certains citoyens des plus sceptiques crient à tort ou à raison à une mise en scène par la junte militaire et font un lien de cause à effet entre cette découverte et l'alerte de menaces d'attaques de mercenaires à la solde des narcotrafiquants comme l'annonçait récemment le chef de la junte. Manœuvre ou réalité, il reste entendu que ces solvants organiques découverts constituent une menace potentielle pour la santé des riverains qui sont aujourd’hui dans l’angoisse d’une possible contagion aux produits. Vivement donc des mesures idoines urgentes pour sauver des vies innocentes.
Camara Moro Amara L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
|
 |