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Moussa Conté fils cadet du président défunt a été auditionné à deux reprises la semaine dernière par le ministre d’Etat à la présidence chargé des Services spéciaux, de la lutte antidrogue et du grand banditisme le commandant Moussa Tiégboro Camara, suite à la découverte d’un stock de produits chimiques à Tanènè à 125 km de Conakry, dans un domaine appartenant à une société sud-africaine dénommée Mosmart, spécialisée dans la production des biocarburants et dont Moussa Conté est le représentant en Guinée depuis 2005. Si le frère cadet de Ousmane Conté a été remis en liberté après ces séances d’interrogatoire, trois de ses collaborateurs eux sont détenus par la junte.
Le 15 juillet dernier, les limiers du Ministère d’Etat à la présidence chargé des services spéciaux, de la lutte antidrogue et du grand banditisme ont découvert des sites abritant des produits chimiques dans la capitale guinéenne. La junte a aussitôt conclu que ces produits devaient servir à la fabrication de la cocaïne et d’explosifs destinés à alimenter les maquis du réseau terroriste Al- Qaeda d’Ossama Ben Laden.
Ces produits comprennent 271 sacs de fertilisants organiques, 147 fûts de 200 litres chacun, 14 sacs de bicarbonate, 19 bidons d’ammoniaque et un tas de tuyaux. Ainsi que de l’acide borique, de l’hexane, de l’acétone, du méthylène, et des corrosifs.
Le propriétaire des lieux de cette première découverte est un présumé narcotrafiquant en fuite, un certain Mamadou Siré Bah qui pour camoufler son trafic se faisait passer pour un opérateur économique sérieux de la place.
Une enquête judiciaire sera alors ouverte pour tenter de mettre hors d’état de nuire les autres membres de ce « réseau de fabricants d’explosifs et de cocaïne». Dans la foulée, d’autres découvertes de sites renfermant des produits chimiques vont encore se faire.
Aussi bien dans la ville de Conakry que dans la préfecture de Dubréka.
Là, c’est à Benda, dans la sous-préfecture de Tanènè à 125 km de la capitale que les éléments du Ministère d’Etat à la Présidence chargé des Services spéciaux, de la lutte antidrogue et du grand banditisme ont trouvé du méthanol (500 fûts de 166 kg chacun), des bonbonnes d’acide sulfurique et de soude caustique.
Cette découverte a été faite sur la ‘’base vie’’ de Mosmart une société sud-africaine spécialisée dans la production des biocarburants.
« Ces produits sont utilisés à des fins d’industrialisation et non pour une quelconque fabrication de cocaïne ou d’explosifs comme l’a laissé entendre la junte », se défend Moussa Conté, fils cadet du président défunt représentant de la firme en Guinée.
D’après lui, Mosmart Guinée qui est une succursale de Mosmart Investment PTY LTD, a été financée de 2006 à 2008 par les consortia anglais SFM (Sustainable Forestry Management) et Venfin (Venture finance).
Elle aurait signé un protocole d’accord en octobre 2005 avec l’Etat guinéen à travers le ministère de l’Agriculture de l’époque pour la production des biocarburants, à partir d’huile de palme.
Moussa Conté a déjà été convoqué à deux reprises la semaine dernière au camp Alpha Yaya Diallo où il a été entendu par le commandant Moussa Tiégboro Camara.
Il sera ensuite remis en liberté. Toutefois, il se dit victime de harcèlement de la part de Tiégboro qui ne cesserait de l’appeler au téléphone en proférant des menaces à son encontre.
Trois de ses collaborateurs ont été arrêtés et écroués au camp Alpha Yaya Diallo depuis le 28 juillet dernier. Il s’agit du directeur des usines de Mosmart. Un franco congolais du nom de Tchissambou Toussaint, du directeur général de la société, Diallo Mamadou Saliou, un franco guinéen. L’ex-directeur général de Mosmart a été lui aussi arrêté par les hommes de Moussa Tiégboro Camara.
Il s’agit de Diallo Thierno Sadou, le président des ressortissants guinéens aux Etats-Unis.
A Mosmart, ces arrestations sont considérées comme un règlement de compte qui vise à faire tomber Moussa Conté. Qui selon eux n’aurait aucun lien avec les cartels de la drogue qui avaient profité de la corruption qui gangrenait le système étatique sous la deuxième République pour s’implanter dans le pays.
Moussa Conté s’est toujours démarqué de son frère aîné le capitaine Ousmane Conté incarcéré à la Maison centrale dans le cadre de l’enquête sur les narcotrafiquants.
Ousmane Conté n’avait pas tardé à reconnaître publiquement sous l’œil des caméras de télévision ses accointances parmi les membres des cartels.
Sur la dangerosité des produits chimiques découverts, la directrice nationale du laboratoire de contrôle de qualité, le professeur de toxicologie à l’Université de Conakry, Dr Fatoumata Oury Diallo, a souligné que la Guinée est devenue « un pays de transit et de fabrication pour les réseaux terroristes et les cartels de la drogue ».
C’est ainsi que la junte a lancé un appel en faveur d’une assistance au lendemain de la découverte de ces sites de stockage de produits chimiques. Un appel qui a sans doute eu un écho favorable. C’est le moins qu’on puisse dire avec la venue d’une mission conjointe composée d’experts des Nations Unies pour la lutte contre la drogue et le crime organisé (ONUDC) et d’Interpol. Le rapport produit par cette mission qui a séjourné dans la capitale guinéenne du 27 au 29 juillet 2009 n’a toujours pas été rendu public. Ce qui amène de nombreux observateurs à se demander si la junte n’en faisait pas trop, avec tout le tintamarre qui a été fait autour de ces produits chimiques.
Mamadou Dian Baldé Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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