|
Depuis le 18 mars dernier, les avocats du Barreau ont suspendu leur mouvement de protestation contre « l’immixtion du pouvoir exécutif dans les affaires judiciaires ». Mais, ils n’entendent pas baisser pour autant les bras. Ainsi, ils seraient sur le point de mettre de nouvelles stratégies en place afin de se faire entendre davantage par l’opinion nationale et internationale.
On ne dira jamais assez des conséquences que la grève des avocats a engendrées dans les procédures judiciaires du pays durant la semaine du 11 au 17 mars 2010. De par ce débrayage, les avocats comptaient attirer l’attention de l’opinion publique nationale et internationale sur la situation d’injustice qui selon eux prévaut dans le pays.
A la veille de ce mouvement de grève, les membres du Barreau avaient rencontré le Premier ministre guinéen, pour prendre langue avec lui autour de leurs revendications. Jean-Marie Doré avait tenté en vain de les convaincre de renoncer à tout mouvement de grève en cette période de transition.
C’est comme si M. Doré avait prêché dans le désert.
L’Ordre des avocats avait donc mis sa menace à exécution.
Chose qui avait paralysé les Cours et Tribunaux du pays et influé sur le démarrage des assises, initialement prévues pour le 15 mars.
On ne sait pas si les avocats avaient obtenu gain de cause, mais ils ont suspendu leur grève la semaine dernière.
Le Barreau avait estimé que ce qui se passait en Guinée constituait « un coup de force du pouvoir exécutif ». Ce qui, d’après les avocats, remet en cause l’état de droit dans notre pays.
Maître Mohamed Sampil que nous avons rencontré au lendemain de la suspension de la grève des avocats, a indiqué que « le combat que lui et ses compagnons mènent présentement cadre avec leur objectif qui consiste à faire préserver le droit de tous les Guinéens, de quelques bords qu’ils soient ».
C’est pourquoi le bâtonnier a tenu à préciser au cours de cet entretien à chaud que le Barreau cherchait actuellement à mettre en place une « stratégie légale pour approfondir leur mouvement afin d’obtenir la neutralité du pouvoir exécutif dans les affaires judiciaires d’une part, et d’autre part la suppression du ministère en charge du grand banditisme et la lutte contre la drogue du Lieutenant-colonel Moussa Tiégboro Camara ».
Bref, le Barreau guinéen qui justifie ses motivations qui seraient guidées par « l’instauration d’un véritable état de droit en Guinée », menace de poursuivre ses actions.
Bien des gens pensent cependant que l’attitude des avocats pourrait aussi contribuer à motiver les cartels à reprendre du service.
En accentuant la pression sur Tiégboro, celui-ci risque de lever le pied et le pays sera de nouveau à la merci des réseaux de trafiquants de drogue. C’est en tout cas l’avis de certains observateurs qui trouvent que le Barreau en fait trop.
Même si le ministère en charge de la lutte antidrogue n’est pas au dessus de tout soupçon, avec parfois ses méthodes cavalières.
Emmanuel Toumany Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
|