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La semaine dernière, le siège de la CENI a servi de cadre à une conférence de presse animée par le président du dit organe. Ben Sékou Sylla mettra son face à face avec la presse à profit pour passer au peigne fin certaines zones d’ombres qui terniraient depuis quelque temps l’image de la CENI. Notamment le dossier des opérateurs de saisie qui défraie encore la chronique. Ceci est dû à la dénonciation par bon nombre d’observateurs d’une magouille lors du recrutement des opérateurs de saisie devant être déployés à l’intérieur du pays pour recenser les électeurs. L’on se souvient que c’est le 4 août dernier qu’on a affiché sur les locaux du ministère de l’Administration du territoire la liste des opérateurs de saisie selon leur affectation à travers le pays. Mais cette liste comportait aussi des omissions de noms des candidats. Certains parlaient de 200 ou de 300 noms qui n’auraient pas été affichés, des candidats se plaignent aussi de retrouver deux ou trois fois leurs noms, ce qui dénotait une certaine anomalie dans la gestion du dossier des candidats. Lors de sa conférence de presse le président de la CENI n’ira pas du dos de la cuillère pour dépeindre le dossier, il soulignera que la CENI n’est pas organisatrice du recrutement des opérateurs de saisie, loin s’en faut. Selon lui, le MATAP et les bailleurs de fonds auraient signé un contrat avec une société de la place qui s’est chargée du recrutement des opérateurs de saisie. Il précisera que les premiers résultats livrés par cette société après la formation des candidats n’étaient pas des résultats d’admission, mais un simple classement selon la moyenne et par centre de formation. La sélection des personnes aptes à travailler dans les opérations de saisie revenait au projet d’appui aux élections, à la cellule informatique avec la société contractante. Selon toujours Ben Sékou, pour les 923 Kits devant être acheminés à l’intérieur du pays, on aurait besoin de 1846 opérateurs de saisie à raison de deux personnes par Kit. « Ce n’est donc pas une question d’avoir la moyenne, c’est plutôt une question de besoin en nombre. Si nous avons besoin de 50 personnes nous ne prendrons que 50 pas plus », précise-t-il. Mais il reconnaîtra aussi que là où le bas blesse c’est du fait de trop mal gérer les choses lors de l’affectation des opérateurs de saisie. A ce niveau Ben Sékou affirme qu’il y avait eu « soustraction » des noms et « introduction » d’autres noms. Certains auraient été affectés dans 3, 4 voire 5 préfectures à la fois sur la même liste. Mais, en sa qualité de président de la CENI et saisi de la situation, les choses seraient désormais rentrées dans l’ordre, selon lui. Les premiers résultats auraient été purement et simplement annulés pour manque de transparence et remplacés par les vrais résultats qui comptent 1846 opérateurs de saisie choisis parmi ceux qui ont obtenu entre 17 et 16 de moyenne. Par ailleurs, cette situation qui discrédite les organisateurs vis-à-vis de l’opinion nationale, la CENI attend que le ministère de l’Administration du territoire prenne ses dispositions pour que ceci ne se répète plus. A défaut, les attributions de la CENI dans son article 4 stipulent que « …La CENI peut proposer, en outre, des sanctions administratives contre l’agent responsable et s’assurer de leur exécution », précise-t-il. Il dira que le Premier ministre même, au courant de cette malencontreuse situation, aurait demandé au MATAP des sanctions exemplaires contre les responsables. « Le PM a dit au ministre de l’Administration du territoire qu’il voudrait que tout le peuple de Guinée entende qu’il y a eu des sanctions », indique-t-il. Samory Keïta Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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