mardi 25 mars 2008
Affaire Chantal Cole, les avocats de la victime demandent le retour de leur cliente
Chantal Cole

L’expulsion de la Directrice de Alo-Guinée par les autorités guinéennes continue de faire couler beaucoup d’encre et de salive. C’est dans ce contexte que ses avocats ont animé un point de presse, samedi dernier pour dénoncer les différentes violations commises depuis l’interpellation jusqu’à l’expulsion de Chantal Cole, le 19 mars dernier sur Paris.

C’est un collège d’avocats dirigé par maître Boubacar Sow et composé des maîtres Raffi Raja,  Fodé Abass Bangoura et Mohamed Chérif Diallo qui a animé cette rencontre avec la presse, en vue de porter à la connaissance de l’opinion les manquements aux règles en matière de droit décelés dans le dossier Chantal Cole. D’entrée de jeu, les Avocats ont fait savoir que toutes les procédures ont été violées par les autorités dans cette affaire qui défraie tant la chronique dans la capitale. Selon Me Raffi Raja, sa cliente Chantal Cole doit être rétablie dans ses droits car la procédure n’a suivi aucune des normes prescrites par le législateur guinéen. Il a ajouté que l’intervention du président de la République, considéré comme le père adoptif de l’expulsée, serait aussi une autre violation de la loi, raison pour laquelle, dira-t-il, nous n’avons jamais voulu faire cela. Pour sa part, Me Boubacar Sow a signalé que Chantal Cole est guinéenne, car elle est née à Fria, une ville de la basse côte. Il a soutenu que les questions abordées par sa cliente lors de son point de presse ne comportait aucun sujet tabou et que Chantal Cole a le droit de se prononcer sur les problèmes liés à la vie de la nation tels que l’eau, le courant, le transport et tant d’autres sujets qui préoccupent aujourd’hui les citoyens.

L’une des preuves de violation des textes est que l’arrestation de Chantal Cole n’a jamais été ordonnée par le Procureur général près du tribunal de première instance de Kaloum, qui en a le droit, car étant celui qui peut donner des ordres dans ce sens à ses subordonnés qui sont les agents de la police judiciaire. « Nous n’userons d’aucune force comme on nous l’a fait pour rétablir Chantal Cole dans ses droits. Nous passerons par des voies légales en saisissant qui de droit dans cette affaire », a ajouté Me Fodé Abass Bangoura. A la question de savoir si les avocats de Chantal ont été informés de la mesure d’expulsion de leur cliente, Me Abass Bangoura répond que : « Tout est illégal dans cette affaire. C’est vers 20 heures que l’arrêté d’expulsion a été signé et déposé à la DPJ pour exécution immédiate. Or s’il y a lieu d’expulser, la loi prévoit au moins un délai et non une exécution immédiate sans l’avis de la justice.» En rappelant les circonstances de son expulsion, Me Boubacar Sow dira que c’est par l’arrêté 785 du ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, Mamadou Beau Kéita qui a été remis à Chantal Cole dans la nuit du 19 mars 2008. Dans l’article 1 de cet arrêté d’expulsion on peut lire « Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité ordonne l’expulsion définitive de Madame Chantal Cole de nationalité française, Directrice de la société Alo du territoire de la République de Guinée. Les conséquences liées à cette expulsion seront réglées par voie de droit. Les frais de l’expulsion sont à la charge de l’Etat ». Me Sow dira ensuite que ce sont les étrangers qui font souvent l’objet d’expulsion et que Chantal Cole est une Guinéenne. « Nous ne comprenons pas cette expulsion. Car nombreux sont les citoyens qui à longueur de journée ne font que critiquer l’action du gouvernement en place. Mais personne n’a été arrêté pour ses opinions reconnues par le législateur guinéen. La presse dit des choses beaucoup plus caustiques s’agissant du bilan du gouvernement. Mais aucune arrestation n’a été opérée. Nous oeuvrerons pour que le droit soit dit dans cette affaire » a martelé Me Boubacar Sow. Le collège d’Avocats constitué par Chantal Cole affirme n’avoir vu aucune plainte portée contre leur cliente ni même la personne plaignante. En citant la Loi Fondamentale,  Me Sow a fait allusion à l’article 7 de cette loi qui stipule que « Le citoyen est libre de croire, de penser et de professer sa foi religieuse, ses opinions politiques et philosophiques. Il est libre d’exprimer, de manifester et de diffuser ses idées et ses opinions par la parole, l’écrit et l’image. Il est aussi libre de s’informer par des moyens accessibles à tous.» De par cette loi les Avocats ne croient pas que Chantal Cole ait diffamé ou injurié une autorité quelconque.

Comme on le voit, ce feuilleton Chantal Cole versus Etat guinéen ne fait que commencer. Me Boubacar Sow et ses confrères menacent de saisir les juridictions internationales au cas où les voies de recours nationales ne seraient pas fiables.

Aly Badara Condé
Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com

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Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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