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Le procès de l’ancien ministre des Mines et de la géologie a démarré ce lundi à Conakry. Au tribunal de Première instance où il a été cité à comparaître pour détournement de deniers publics, Kanté avait l’air serein. Cette première audience aura duré deux heures d’horloge sur fond de querelle de procédure. Les travaux ont été renvoyés en huitaine.
Dr Ahmed Kanté interpellé dans le cadre de l’opération déclenchée par le Comité des audits pour le détournement de plus de 2 milliards de francs guinéens vient de comparaître devant le tribunal correctionnel de Kaloum. Après la présentation de l’accusé et la lecture des chefs d’accusation retenus contre lui, M. Fodé Bangoura président de la cour, a passé le relais aux avocats de la défense. Un collège composé Me Dinah Sampil et Me Moriba Kaba. Ceux-ci ne vont pas tarder à crier au scandale suite à la comparution de leur client dans un tribunal correctionnel, alors qu’il est indiqué clairement dans nos textes de loi selon eux, que seul une Haute Cour de justice peut juger un haut cadre de l’Etat (Ahmed Kanté, leur client est un ancien ministre des Mines, ndlr). Et de demander au Président de la cour de se dessaisir du dossier pour incompétence.
« Vous devez surseoir au jugement de M. Ahmed Kanté parce que votre document de référence est entaché d’irrégularités » a lancé Me Dinah Sampil. Argument balayé du revers de la main par le Procureur M. Yaya Kairaba Kaba, qui estime à son tour que l’ordonnance des nouvelles autorités de la Guinée a été claire à ce sujet : « par dérogation de la suspension de la constitution, les tribunaux sont autorisés de fonctionner selon les textes de lois de la République ».
C’est fut le moment choisi par Me Moriba Kaba de la défense de venir au secours de son collègue, en rappelant au Procureur que si les tribunaux par cette ordonnance ont la compétence de juger l’accusé, il ne voit pas pourquoi la Haute Cour ne peut pas siéger. « La Haute Cour de justice devrait avoir les mêmes prérogatives qu’un tribunal correctionnel ; parce qu’elle est plus représentative que les juges. C’est une cour constituée par des Députés élus par le peuple et présidée par un magistrat professionnel. Donc, à partir du moment où nous ne disposons pas de pouvoir législatif, je ne vois pas les raisons de la comparution de notre client », a fait remarquer l’avocat.
Au moment où les deux parties discutaient de procédures et de vices de procédures, les avocats de la partie civile composés de Mes Adama Skel Fofana, Faciné Dembadouno, Séréba Mory Kanté et de leur confrère Malien Me Moussa Bouba Diarra ont eux demandé purement et simplement le renvoi de l’audience pour cause « de non maîtrise du dossier » et surtout par courtoisie envers leur homologue Malien, arrivé hier, afin de permettre à celui-ci de prendre connaissance du dossier en cour.
« Non, clame la défense », en indiquant que pour des raisons non fondées, le Président de la cour ne devait pas céder à cette demande de renvoi. Et que c’est plutôt les avocats de la défense qui devraient demander un renvoi. Finalement le procès est renvoyé en huitaine, à 10 heures précise.
Il conviendrait de rappeler que Dr Ahmed Kanté, ancien ministre des Mines avait été interpellé en avril dernier pour détournement de fonds dans le cadre des audits déclenchés par le CNDD. Il lui est reproché d’avoir puisé plus de 2 milliards de nos francs dans le fameux Fonds minier alors qu’il était à la tête du département des Mines. Trois autres de ses collègues ont été épinglés dans le cadre de cette même enquête. Seulement à la différence de Kanté, eux ont reconnu les faits. C’est ainsi que Tidiane Souaré, Ousmane Sylla et Loncény Nabé se sont engagés devant l’Office de répression des délits économiques (ORDEF) à rembourser les fonds volés. Qui sont estimés respectivement à 12 milliards de FG, 11 milliards de FG et 700 millions de FG.
Amadou N’Diaré Diallo
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