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« Je trouve que Dr. Ibrahima Fofana a fait ce qu’il devait faire pour le pays, pour les travailleurs et même pour le monde politique et le monde social. Parce que nous avons suivi son combat et nous savons exactement ce qu’il voulait. C’est qui a été concrétisé maintenant. Parce que nous sommes dans une transition qui va nous mener à des élections démocratiques, libres et transparentes. Je crois donc qu’il a fait son devoir. Là où il est, à n’en point douter, il doit être bien heureux pour avoir atteint l’objectif qu’il avait souhaité. Bien qu’il ait planté et arrosé l’arbre, il n’a hélas pas cueilli le fruit.
Pour hadja Magbè Bangoura, vous savez à un moment, certains ne comprenaient pas sa position. On avait tendance à penser qu’elle roulait pour le régime. Mais maintenant, on commence à comprendre le sens de son combat. La preuve en est qu’elle est tombée l’arme à la main sur cette route de Fria pour régler ces remous sociaux qui paralysent le bon fonctionnement de cette usine.
Pour le cas des deux journalistes, je dirais que c’est un drame national. Parce que contrairement aux deux premiers, les syndicalistes qui ont déjà fait leurs preuves, déjà fait leur vie, qui ont des enfants et toutes les renommées, les jeunes journalistes que nous avions n’ont pas eu cette chance. L’un est né en 1973, le second en 1980. Ils venaient de sortir des universités. Ils ne sont ni fonctionnaires ni contractuels. Ils ne sont pas engagés. C’est pourquoi, j’y ai fait allusion ce lundi dans mon discours pour attirer l’attention des autorités et de tout le peuple de Guinée. La majorité des voix qu’on entend aujourd’hui à la télévision et à la radio, ce sont des gens qui n’ont aucun statut. A la fin du mois, ils ne reçoivent rien. Ils ne comptent que sur les petits pécules que les gens leur donnent dans les reportages. Et dans la liste que j’ai ici, c’est eux que j’utilise pour la plupart régulièrement. Ils n’ont même pas de primes. Cela est une situation sur laquelle j’ai voulu attirer l’attention du gouvernement tout entier, afin qu’il puisse s’occuper de la situation de ces jeunes qui se battent à longueur de journée avec nous pour servir la nation.
Depuis des années et toujours, tous les ministres, tous les gouvernements qui se sont succédés… Chacun, tout le monde, sait que, quand il a besoin d’une couverture médiatique, il dit d’envoyer le véhicule pour chercher les reporters. Pour une nation sérieuse ou qui se veut sérieuse, cela doit se dire… Les ministres devraient équiper la RTG de véhicules, ne serait-ce que pour les accompagner simplement dans leur mission. Ils doivent pouvoir équiper la RTG en caméras, véhicules, salles de montage pour monter leurs éléments, leurs messages. Parce que c’est ici que passent leurs décrets, leurs messages. Bizarrement, personne pour le moment n’arrive à le comprendre. Je me demande si on n’est pas dans un pays qui marche sur la tête. Chacun se lève et demande, envoie-moi des reporters. On leur répond le plus souvent qu’on n’a pas de véhicules de reportage, et ils nous rétorquent, ne vous en faites pas, le véhicule viendra vous chercher. C’est ainsi que les enfants sont jetés dans les coffres des véhicules. Et puis, tu entends même certains dire arrogamment, ils n’ont qu’à prendre le taxi, je vais payer…
Pour une nation sérieuse, c’est impardonnable. C’est vraiment décevant et honteux cela pour l’image de marque de notre pays, indépendant depuis plus de 50 ans. Il faut qu’on se respecte. Il faut donner une image respectueuse et digne à la seule Radio-Télévision que le pays a. Je crois que les gens nous prennent pour des gros plaisantins lorsqu’on exprime ces besoins cruciaux, ils nous banalisent. Je me dis même qu’ils nous ont mis en confrontation avec le harcèlement du quotidien pour qu’on ne puisse pas comprendre et être attentif à cette mafia et à ces difficultés et conditions exécrables de travail que nous vivons. Ils se disent très certainement dans leur tête qu’il faut nous affamer, nous étrangler. Comme ça, ils peuvent voler et vivre tranquillement sans nous entendre évoquer ces tristes réalités qui nous assaillent. Nos ministres du gouvernement, nos hauts cadres, nos leaders viennent à Dakar, à Abidjan, ils sont ostentatoirement reçus dans les grands studios à Paris… Ils y voient ce qu’il y a. Un patriote doit être nourri d’une jalousie positive. Ces personnalités vivent tout cela dans les autres pays et quand elles rentrent en Guinée, elles nous disent: prenez un taxi, je paie.
Ce qu’on nous fait subir ici n’est vraiment pas honorable. Quand ce n’est pas honorable, il faut s’élever et le dénoncer. C’est ce que je suis en train de faire. Quitte aux décideurs de faire ce qui leur semble bon. Je souhaite que chacun, après cet appel, ce cri de cœur, sache réagir favorablement et à la hauteur des problèmes pour enfin apporter les solutions idoines. La RTG n’est pas pour un haut cadre ni pour un ministre. Elle est un patrimoine national. Les présidents passent, ainsi que les gouvernements mais l’institution demeure.
Bientôt, nos leaders vont commencer à battre campagne sur toute l’étendue du territoire. Et c’est la RTG qui est censée faire relayer les messages, montrer les images des différentes activités que ces partis et leurs leaders vont entreprendre sur le terrain. Il y aura de ces partis qui n’auront certainement pas les moyens d’effectuer le déplacement à l’échelle des limites du pays. C’est à la RTG de faire passer leurs messages. Aujourd’hui, aucun de ces leaders, ni les bailleurs de fonds ne prêtent une oreille attentive à ces demandes. Alors que nous constituons un maillon essentiel de la réussite de cette nouvelle phase de la transition qui s’annonce. Ils sont tous plutôt préoccupés par la tenue des élections pour le 27 juin sans tenir compte des aléas, des préalables pour pouvoir assurer, dans la quiétude, le bon déroulement de cette étape cruciale. Nous manquons de caméras, de véhicules, de salles de montage équipées pour pouvoir monter à temps les différents meetings, discours et autres activités de campagne des partis. Si c’est la RTG qui doit les couvrir d’un bout à l’autre, il va falloir qu’on soit équipé conséquemment pour mener à bien notre mission.
Le ministre de la Communication, Aboubacar Sylla, a fait, dès son arrivée, l’inventaire des lieux, chaque service a exprimé ses besoins. Après toute étude, le coût de ces besoins a été estimé à 23 milliards de Fg. Voilà ce qu’il faut pour que la RTG réponde valablement, de façon efficiente et efficace aux différentes sollicitations des partis politiques pendant la campagne. Déjà, on commence à rechigner à cette requête comme si c’est de l’argent qui va directement atterrir dans les poches du ministre Aboubacar Sylla. Parce qu’il y a de ces gens qui pensent toujours que, comme eux, ils ont volé tout l’argent qu’on leur avait versé en leur temps pour couvrir ces besoins, ce montant sera aussi détourné par les autres quand il s’agit des mêmes services. »
Propos recueillis par Amara Moro Camara L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
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