vendredi 13 mars 2009
Abus d’autorité au Port Autonome de Conakry : Un employé accuse Kéira, Boubacar Sow et Mamadouba Sylla
Alpha Ibrahima Kéira

Le 3 octobre 2007, M. Ibrahima Kalil Kéita, administrateur civil, adresse une correspondance à l’ancien Premier ministre Lansana Kouyaté, pour porter à sa connaissance la descente aux enfers que lui ont fait subir M. Alpha Ibrahima Kéira et M. Mamadouba Sylla, respectivement ex-ministre des Transports et ex-directeur général du Port Autonome de Conakry. Ce geste ne fera que compliquer la situation de ce cadre qui va s’attirer les foudres de M. Boubacar Sow, nommé entre-temps ministre en remplacement de Kéira,  qui va finir par l’expulser de son bureau.

Au Port Autonome de Conakry, il se serait passé des choses pas du  tout catholiques sous l’ancien régime. Dans une lettre adressée à l’ancien Premier ministre, Lansana Kouyaté, en date du 3 octobre, M. Ibrahima Kalil Kéita, administrateur civil et ex-directeur de l’Audit interne et du Contrôle de gestion a eu le courage de dénoncer ces maux. Parmi les points développés par ce cadre réputé pour sa probité morale dans sa missive, il y a l’abus d’autorité, l’injustice, le népotisme et le manque d’intégrité. De l’abus d’autorité, Ibrahima Kalil Kéita reproche à  Alpha Ibrahima Kéira, ex-ministre des Transports le non respect des dispositions du décret no 51/PRG/SGG/88 du 17 février 1988 pour le remplacement des cadres défonctionnarisés du Port Autonome de Conakry par des cadres venant du ministère de l’Economie et des finances et du ministère des Transports. Un décret dont les dispositions stipulent entre autres que ‘’ le directeur général adjoint est nommé par arrêté du ministre en charge des Transports sur proposition du Conseil d’administration, après consultation du directeur général, le Conseil d’administration décide du recrutement des directeurs sur proposition du directeur général et de leur licenciement, les directeurs sont recrutés sur contrat, après acceptation par le Conseil d’administration, et que le CA peut seul décider du licenciement d’un directeur et ne peut le faire  qu’après consultation du directeur général. Ce dernier peut éventuellement proposer ce licenciement au Conseil d’administration, mais qu’une telle mesure doit être solidement et dûment justifiée par l’intérêt général de la société ou par une faute grave dans l’exercice de ses fonctions qui est reprochée au directeur en question.» C’est ce décret que M. Alpha Ibrahima Kéira aurait foulé au pied, en procédant à des nominations fantaisistes, par un arrêté, comportant d’ailleurs des erreurs. Comme la loi no L/028/PRG/AN du 31 décembre 2001 portant Statut général des fonctionnaires qui ne s’appliquerait pas à la nomination des directeurs sectoriels du PAC qui doivent être plutôt recrutés sur contrat après acceptation par le Conseil d’administration. Dans le préambule de cet arrêté, il est fait mention du décret no 51/PRG/SGG du 22 juillet 1982, portant création du PAC. Ce qui est loin d’être vrai, le PAC ayant été créé par le décret no 50/PRG/2RC/82 du 22 juin 1982, qui a été supprimé par le décret no 51/PRG/SGG/88 du 17 février 1988 fixant l’organisation et le fonctionnement du PAC. Qui a été érigé en Société nationale par l’Ordonnance no 010/PRG/88 du 17 février 1988. Toujours dans le chapitre d’abus d’autorité, Ibrahima Kalil Kéita, pointe du doigt l’emploi des cadres et agents de la Direction nationale des impôts par l’ex-directeur général du Port autonome de Conakry, M. Mamadouba Sylla. Qui aurait ainsi agi sans l’aval  du directeur national des Impôts, du ministre de l’Economie et des finances et du Conseil d’administration du PAC. Dans sa lettre au Premier ministre, l’ex-directeur de l’Audit interne et du Contrôle de gestion affirme qu’aucune note de défonctionnarisation n’a été exigée au moment de la prise de fonction de ces cadres venus des impôts, qui bénéficiaient là d’une aubaine leur permettant de toucher deux salaires pour deux statuts, à savoir celui de la Fonction publique et  celui du contrat de travail avec le PAC. Au nombre  des griefs portés contre Mamadouba Sylla, Ibrahima Kalil Kéita relève la création d’un poste de conseiller chargé de la logistique et du recouvrement avec rang de directeur au profit d’un de ses amis. Chose qui n’était pas pourtant prévue selon lui dans l’organigramme en vigueur. Il accuse également l’ex-directeur du port et son ministre d’injustice, pour s’être passés des cadres défonctionnarisés, pourtant pétris d’expérience au profit de cadres n’ayant aucune connaissance dans le domaine portuaire. Ce fut le cas de ce directeur financier qui ne savait ni lire ni analyser un compte de résultat ou un bilan. La correspondance de M. Ibrahima Kalil Kéita au PM de consensus était un vrai réquisitoire contre les pratiques qui ont contribué à tuer notre administration sous l’ère Conté. Une démarche qui va contribuer à aggraver la situation de M. Kéita qui s’est vu expulser de son bureau le 9 octobre, par le directeur de l’administration et des ressources humaines du PAC, qui agissait ainsi sur ordre du nouveau directeur général M. Oulaba Kabassan. L’ex-directeur de l’Audit interne et du Contrôle de gestion a été aussi privé de sa dotation en carburant et son numéro de téléphone mis hors service, par les nouvelles autorités portuaires qui étaient de mèche avec le département de tutelle qui aurait refusé de transmettre la lettre adressée à Kouyaté sous le couvert de la voie hiérarchique par M. Kalil Kéita. Celui-ci voit désormais en l’avènement du CNDD une lueur d’espoir, qui pourrait aboutir à la normalisation de la situation au sein du Port Autonome de Conakry, qui ressemblait il n’y a pas longtemps à un vrai capharnaüm.  


Mamadou Dian Baldé
L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com 
 

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Vos commentaires
Roska Balde, vendredi 13 mars 2009
Je n`apperçois aucun climat permettant de retablir la justice et arreter l`impunité dans ce pays. Le seul esprit de travail de nos responsables est l`interet personnel ou rien. La mentalité est loin de changer. Pauvre Guinée.
BANGALY TRAORE, vendredi 13 mars 2009
IL esttemps de traduire la famille de feu conte et les clans militaires et civils a la justice pour crimes de sang et economiques contre le peuple de guinee pendant 24ans.NB:LA JUSTICE POUR FINIR L`INJUSTICE DANS NOTRE PAYS.
Bah, vendredi 13 mars 2009
Je souhaite que les textes régissant les nominations en la matière soit appliquer pour le bon fonctionnement du PAC et l`homme qu`il faut à la place qu`il faut suivant les compétences car nous sommes tous Guinéens et l`arbitraire doit s`arrêter pour le bonheur des guinéens et de la Guinée

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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