lundi 28 avril 2008
Absentéisme notoire !
Image d'archive

Force est de constater que l’Administration publique guinéenne est plongée dans un sommeil profond. Lorsqu’on se rend dans les bureaux, les départements ministériels, l’on constate, avec beaucoup de regret, que le personnel est souvent absent. Une situation qui devrait normalement attirer l’attention des autorités.

En effet, il suffit de faire un tour dans n’importe quel bureau pour se rendre compte que les travailleurs ne viennent pas à l’heure. Pour vérifier cet état de fait, nous nous sommes rendus dans un département à huit heures du matin. Là, à part ceux qui faisaient le ménage, il n’y avait que deux bureaux qui étaient ouverts. Et là aussi, ce sont deux secrétaires qui étaient présentes. Leurs chefs ne sont venus qu’aux environs de onze heures. L’un prétextant une affaire sociale, l’autre affirmant sans ambages qu’il avait une affaire très importante à traiter. A l’intérieur du pays, c’est pratiquement la même chose. A Mamou par exemple, l’on a constaté que la plupart des bureaux de l’administration publique font figure de lieux de discussions et de causes de toutes sortes. C’est seulement à la préfecture et à la Sotelgui où l’on avait trouvé, à la faveur d’une visite, les responsables et les employés en train de travailler. Aussi, il faut noter qu’avec la récente augmentation du prix du carburant à la pompe, le travailleur guinéen se trouve confronté à un choix cornélien : soit se rendre au travail quel que soit ce que cela va lui coûter et de ce fait priver sa famille de son minimum vital, ou bien ne pas se déplacer afin d’être en mesure d’assurer la dépense quotidienne. Devant ce choix, l’un des travailleurs interrogés tranche : « Quelqu’un ne peut pas rester sans manger, ni boire, moi je ne viens que deux fois par semaine, les lundi et vendredi. Je paye 22.000 FG pour l’aller et le retour. Cela me fait 44.000.

Avec l’arrivée des bus, cela est devenu moins cher. Il faut signaler que cet absentéisme dans les départements et les bureaux ne date pas d’aujourd’hui. C’est une habitude chez le travailleur guinéen qui se permet de venir au bureau à dix heures et de rentrer à quinze heures. Ce laxisme  démontre à suffisance que le patriotisme est loin de prévaloir chez les travailleurs. Car dans un pays où tout fonctionne normalement, l’administration doit donner l’exemple et être une référence dans le cadre du dévouement au travail. Mais certaines mauvaises langues estiment que certains bureaux seraient utilisés à d’autres fins. Au total, il ne faut pas se voiler la face car la vérité est que tant que cet absentéisme et ces retards ne sont pas résolus dans l’Administration guinéenne, un travail correct ne  peut pas s’effectuer. Et cela a un impact sur le développement socio économique de notre pays.

C’est le lieu de lancer un appel aux autorités en place pour que des dispositions soient prises afin d’éradiquer ce fléau qui sévit dans l’administration : l’absentéisme. Le contexte qui prévaut présentement nous impose à travailler assidûment. C’est avec ce changement de comportement que l’on peut relever le défi du développement.

Elhadj Mohamed Diallo
L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com

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Vos commentaires
MODYBHOYE BAH, mardi 29 avril 2008
Ne pas venir au travail a l,heure ,c,est en guinee

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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