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Les travaux de la session de formation des journalistes au traitement d’informations sensibles ont pris fin le 7 octobre dernier à Kindia. Présidées par le ministre de la Communication, les cérémonies de clôture de cet atelier ont été une occasion pour Aboubacar Sylla de lancer, depuis la capitale des agrumes, un appel pressant non seulement aux participants mais à travers eux, à toute la presse guinéenne à la veille de la tenue du deuxième tour de l’élection présidentielle prévue pour le 24 juin prochain.
Selon le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, sa présence physique à cette clôture est le signe irréfragable de l’intérêt que le gouvernement d’union nationale de Transition accorde aux médias surtout en cette phase cruciale de l’histoire politique de la Guinée. Pour lui, cet atelier de formation témoigne de la volonté farouche de son département de faire en sorte que les journalistes, qu’ils viennent des médias de services publics ou du secteur privé soient suffisamment outillés pour affronter les nombreux défis qui les interpellent avant, pendant et après cette étape sensible de l’élection présidentielle. Comme en octobre 1958, la Guinée, affirme le ministre de la Communication, se trouve en octobre 2010 à la croisée des chemins avec la tenue du deuxième tour de l’élection présidentielle.
Face aux enjeux liés à cette élection présidentielle considérée par beaucoup d’observateurs comme l’ultime occasion pour la Guinée de se réconcilier avec elle-même mais aussi reprendre la place qui est la sienne dans le concert des nations démocratiques, Aboubacar Sylla, sans langue de bois, martèle que les Guinéens ont aujourd’hui le choix entre prendre le chemin de la démocratie, de la cohésion sociale, de la paix et de l’unité nationale ou alors s’aventurer sur les routes de la division, de la guerre et de la dislocation du tissus social. Conscient du rôle et de la responsabilité des médias dans ce choix, le ministre de la Communication explique que c’est par eux qu’on parviendra à réussir cette traversée et par eux qu’on échouera et entraînera le pays dans l’abîme. Evoquant les conséquences de la défaillance et de l’irresponsabilité des médias, Aboubacar Sylla, rappellera le rôle néfaste joué par la tristement célèbre radio ‘’Mille Collines’’ dans le génocide Rwandais de 1994 ayant fait près d’un million de victimes. C’est pourquoi, précisera le porte-parole du gouvernement, les médias, qu’ils soient de la presse écrite, de l’audiovisuelle, de la presse en ligne, jouent un rôle prépondérant dans la formation de l’opinion publique à la consolidation de la paix, du tissu social sans lesquels il est, souligne-t-il, impossible d’organiser des élections paisibles.
‘’Nous devons être unis pour pouvoir transcender nos différences. Que nos diversités soient une force plutôt qu’une division. Et comme en 1958, en octobre 2010, les Guinéens doivent s’unir pour être forts afin de s’engager résolument dans le chemin de la démocratie et de la prospérité.’’, lancera le ministre de la Communication. Pour atteindre cet idéal, Aboubacar Sylla estime que le ton doit être donné d’abord par les médias de services publics en leur assurant une nouvelle ligne éditoriale.
‘’Les médias d’Etat que ce soit la RTG, le Horoya, l’AGP, les radios rurales, sont aujourd’hui ouverts à toutes les sensibilités politiques, à tous les courants d’opinion et de pensée, à toutes les catégories sociales. Car nous voulons que ces médias de services publics donnent le bon exemple de l’impartialité et de la neutralité. Nous voulons faire en sorte que les médias publics ne soient plus ceux du gouvernement. Mais plutôt des médias de services publics. C’est-à-dire des médias qui seraient toujours à l’écoute de tout le monde et qui donneraient la parole à tous les Guinéens quelles que soient leurs pensées’’, assurera-t-il avant de faire remarquer que les violences qui se répandent toujours dans les rues tirent le plus souvent leur origine du manque de dialogue et de communication sur les ondes de radio ou de plateaux de télévision ou dans les colonnes de journaux pour, soutient-il, expliquer, défendre nos idées, nos positions par rapport aux sujets d’intérêt national.
Camara Moro Amara L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
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