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Il n’est de secret pour personne que l’Union africaine depuis sa création n’a jamais respecté la volonté des peuples africains encore moins la CEDEAO. Ces deux organismes qui se disent défenseurs des droits de l’homme et des peuples sont loin de répondre aux attentes et aspirations des peuples du continent africain. Evidemment rien de surprenant surtout quand on sait que l’UA est la refonte de l’OUA (Organisation de l’Unité africaine) dont la plupart des Présidents fondateurs étaient les fruits des idéologies syndicales.
Lorsque le vent de la démocratie a soufflé sur notre continent au début des années 90 avec l’organisation des conférences nationales dans certains pays comme le Bénin et la transition paisible au Mali ponctuée par des élections libres et transparentes, on croyait finir peu à peu avec les mentalités médiocres qui caractérisaient encore bon nombre de chefs d’Etat africains qui avaient le droit de vie et de mort sur leurs administrés qu’ils considéraient comme des simples sujets. Mais hélas ! C’est toujours bonnet blanc et blanc bonnet. De l’avis du Guinéen lambda, il serait incompréhensible voire injuste que la CEDEAO emboîte les pas de l’Union africaine pour suspendre la Guinée de toutes ses activités jusqu’au retour à l’ordre constitutionnel, dit-on. Et ce, sans aucune préoccupation du devenir de la Guinée et du Guinéen. Ce après 50 ans de perdu dont 26 ans de dictature sanglante et impitoyable, 24 ans de népotisme, de clanisme, de sadisme et de favoritisme où le mensonge et la gabegie sont érigés en système de gouvernement. Tout ceci au nez et à la barbe de la CEDEAO et l’UA qui n’ont jamais condamné un président pour avoir charcuté la Constitution ou truqué des élections.
Qu’a fait l’UA face au cas Mugabé qui, malgré les appels répétés des pays occidentaux à la démission continue à faire la sourde oreille et les épidémies notamment le choléra décime le peuple meurtri de Zimbabwe. Et les Africains étaient encore témoins de ces élections kenyanes en 2007 où le candidat de l’opposition Raïla Odinga était sorti largement vainqueur face au candidat sortant Muwaï Ki Baki. En dépit des massacres qui s’en étaient suivis, ce dernier avec la complicité de l’Union africaine avait fini par garder la magistrature suprême et consoler le gagnant par le poste de premier ministre. En définitive, la CEDEAO et l’UA ont depuis toujours soutenu les dictateurs au détriment des peuples terrorisés.
Pour le cas spécifique de la Guinée, tous les spécialistes et les politiques étaient unanimes que l’après Conté n’augurait pas des lendemains meilleurs pour le pays. Car avec l’ethnocentrisme, le clanisme et la guerre de succession qui pointait à l’horizon, rien de positif ne présageait pour la Guinée. Tout était possible, y compris la guerre civile.
C’est pour sauver la Guinée et son peuple de cette mésaventure que le Conseil national pour la démocratie et de développement (CNDD) avec à sa tête le capitaine Moussa Dadis Camara a pris les devants pour tenter de sortir le pays de l’ornière et de créer les bases d’une démocratie véritable, en organisant des élections libres et transparentes en décembre 2010.
Donc, le rôle de la CEDEAO et de l’UA serait de soutenir ces jeunes officiers et les juger suivant les résultats attendus sinon ils se désavouent complètement. Surtout que les nouvelles autorités à travers le chef de l’Etat clament haut et fort qu’elles ne sont pas assoiffées du pouvoir et bénéficient du soutien de tout le peuple de Guinée.
Bah Ibrahima Gallé L’Indépendant, partenaire de www.guuineeactu.com
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