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Dire actuellement que l’UPR (Union pour le Progrès et le Renouveau) traverse une grave crise serait tout sauf une exagération. Les observateurs de la scène politique guinéenne parlent de plus en plus d’implosion ou de tentative de déstabilisation du parti créé en 1998 sur les cendres de l’UNR, du PRP¨et du RNP. Que se passe-t-il réellement au sein de l’UPR ? A qui profiterait aujourd’hui une éventuelle implosion de cette formation politique. Explications… En 1992, à la faveur de l’instauration du multipartisme intégral en Guinée, des formations politiques ont vu le jour, les unes après les autres, pour prendre une part plus ou moins importante dans la vie nationale. Parmi les premiers partis politiques créés et agréés en Guinée sous la deuxième République, on peut citer entre autres le Parti de l’Unité et du Progrès (PUP), le Rassemblement du Peuple de Guinée (RPG), l’Union pour la Nouvelle République (UNR), le Parti du Renouveau et du Progrès (PRP), le Parti Djama, l’Union pour le Progrès de la Guinée (UPG), le Parti du Peuple de Guinée (PPG). Dans la perspective de l’élection présidentielle de 1998, l’UNR du doyen Bâ Mamadou, le PRP de Siradiou Diallo et le RNP de Diallo Aliou 5 ont fusionné pour former l’Union pour le Progrès et le Renouveau (UPR). La suite, on la connaît. Le doyen Bâ Mamadou, le candidat présenté par l’UPR, est arrivé en deuxième position derrière le président sortant, le général Lansana Conté. Et comme les accords le prévoyaient, le fondateur de l’UNR devait céder la direction de la nouvelle formation à Siradiou Diallo pour devenir le président d’honneur de la formation. Mais au fil des mois et des années, les deux alliés politiques finiront par se brouiller. Le doyen Bâ Mamadou devait quitter l’UPR pour l’UFDG, une formation politique créée par Bah Oury. Après le décès de Siradiou Diallo en mars 2004, Bah Ousmane, alors vice-président, a été porté à la présidence de l’UPR. Quant à la veuve de l’illustre disparu, elle héritera de la vice-présidence au détriment de Saliou Bella Diallo qui n’avait pas fait mystère de son intention d’occuper ce poste stratégique au sein du parti. Il quittera le navire UPR pour Afia, un parti mort-né, l’UNPG et l’UFDG. Le 15 novembre 2007, au bout d’intenses tractations, l’ancien Premier ministre Cellou Dalein Diallo a été solennellement investi président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) en lieu et place de Bâ Mamadou. De cette date à nos jours, force est de constater qu’une véritable recomposition du paysage politique est en train de se faire. Des alliances se dessinent, se font et se défont au gré des rumeurs et des humeurs des leaders politiques. Pour se donner plus de chances de faire de bons scores lors des élections à venir (législatives 2008, communales 2009, présidentielle 2010), certains militants et responsables de l’UFDG et de l’UPR ont jugé nécessaire de tout mettre en œuvre pour fusionner les deux formations qui, faut-il le rappeler, partagent pratiquement le même électorat. Mais jusque-là, toutes les démarches allant dans ce sens n’ont pas abouti aux résultats escomptés, pour des raisons que tout observateur averti peut deviner aisément. Dans une interview accordée la semaine dernière à « L’indépendant », Cellou Dalein Diallo, le président de l’UFDG a clairement laissé entendre que des militants des autres formations politiques (notamment l’UPR) continuent de rallier sa formation. Le 18 avril, c’est une déclaration signée de certains membres du Bureau exécutif national de l’UPR qui annonçait la destitution de Bah Ousmane au poste de président du parti. Une nouvelle qui a été accueillie dans les milieux politiques comme une « bombe » dont l’explosion pourrait faire des victimes collatérales. Le lundi 21 avril, la veuve de Siradiou Diallo, Mme Aïssatou Bah a fait savoir qu’elle assumerait désormais l’intérim de la présidence de l’UPR, une formation que son défunt mari a contribué à porter sur les fonts baptismaux. Certains observateurs estiment qu’une éventuelle implosion de l’UPR profiterait, dans une large mesure, à l’UFDG de Cellou Dalein Diallo. Car, comme indiqué plus haut, ces deux formations partagent à peu près le même électorat. Mamy Dioubaté L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
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