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Dans un article publié sur les sites internet guinéens, le Président de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), personnalité importante dans le processus électoral du pays, suggère au Président de la République et au Premier Ministre, de ne pas impliquer les Guinéens résidant à l’étranger, dans l’élection présidentielle à venir dans leur pays. Les arguments avancés pour cela, tout en étant respectables, ne peuvent résister à une critique sérieuse et honnête.
En effet il s’agit d’ignorer une partie importante de la population guinéenne, la partie de ceux qui résident à l’étranger, ces Guinéens qui sont pour la plupart des acteurs très concrets et positifs dans le développement du pays, ainsi que dans la vie de tous les jours de leurs familles, le tout dans un amour viscéral.
Imaginons un seul instant, que ces Guinéens résidant à l’étranger, n’aient aucun impact concret sur la vie du pays, tant du point de vue social, économique, que politique ! Ce qui n’est heureusement pas le cas on le comprend bien, mais dans cette hypothèse, est-ce que cela suffirait à occulter le fait essentiel de leur qualité de Guinéens tout court, et autoriserait à leur retirer le droit constitutionnel imprescriptible qu’ils ont de participer au choix de ceux qui sont appelés à diriger leur pays ?
Si exclusion il devait y avoir, il faudra bien que l’on nous donne des arguments solides sur lesquels on se baserait pour la justifier, et la faire accepter, en dehors de la forme dictatoriale de gestion des affaires du pays.
Pour notre part, et cela tombe sous le sens, personne n’a le droit d’exclure du jeu politique du pays, cette partie importante de la population guinéenne, qui n’a que le « défaut » de vivre à l’extérieur, mais dont tous les éléments, se dévouent avec amour pour servir leur pays et porter une assistance constante à leurs familles.
Il est surprenant que ce soit le Président de la CENI, très au fait de la législation du pays et des droits de tout Guinéen, qui propose cette curieuse exclusion des Guinéens résidant à l’étranger, même si pour faire passer la pilule amère il tolère leur participation aux législatives.
Dans la justification de cette exclusion on peut nous avancer n’importe quel argument, mais de grâce, pas celui de la difficulté de recenser les Guinéens de l’extérieur, avec toujours ce relent récurrent d’ostracisme à leur égard.
Paris, le 26 Février 2010
Pour le Bureau de l’ACTOG Le Président : Abou KATTY
www.guineeactu.com
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