jeudi 20 août 2009
A propos du léger décalage du chronogramme, Les acteurs politiques jouent la prudence

Le 17 août dernier, sur le plateau de la RTG Koloma, la Commission paritaire ad hoc a officiellement présenté le résultat des travaux d’évaluation du chronogramme de 2009 au président de la République et du CNDD, le capitaine Moussa Dadis Camara. Ce résultat donne un léger décalage des élections présidentielles qui auront lieu désormais en janvier 2010 au lieu de décembre 2009. Mais il faut préciser que même si le chef de la junte a aussitôt opté pour cette nouvelle proposition, les Forces vives, elles, ont préféré rester prudentes. En tous cas, c’est ce qui se dégage des aveux faits par des leaders politiques au sortir de cette rencontre.

 

Bah Ousmane, Pdt/UPR

« Le résultat du Comité ad hoc nous engage »

« Il faut rappeler d’abord que la mission de la Commission ad hoc c’était de procéder à une évaluation à mi parcours du chronogramme. Identifier les causes du retard dans l’exécution de certaines étapes de ce chronogramme et proposer des solutions. Alors, aujourd’hui, si on nous rend le résultat de ce travail, il nous reste à notre tour de l’évaluer. Mais, ce qui est important de souligner est que la Commission ad hoc est une émanation des Forces vives donc une émanation de nous autres partis politiques. Et la décision qui a été prise au niveau de cette Commission nous engage. En tout cas personnellement, je me vois engagé par le résultat de ce travail ».

 
Bah Oury, Vice Pdt/UFDG

« On veut des choses claires »

« Je crois que le premier élément qu’il faut souligner est que le retard était dû à une mauvaise volonté politique. J’aurai souhaité entendre des propos du chef de l’Etat une ferme volonté de tout mettre en œuvre pour qu’il n’y ait plus aucun retard dans le décaissement des financements dans la prise des décisions pour le recensement des Guinéens de l’extérieur et engager toute l’administration et le gouvernement à œuvrer dans ce sens. J’avoue que sur cet aspect, je suis sur ma faim. Parce que ce qui a amené ce retard peut se répéter encore. Deuxièmement, il y a un élément extrêmement important, c’est la non participation des membres du CNDD et du gouvernement pour les prochaines consultations électorales en tant que candidats. J’avoue que de ce point de vue aussi, j’aurai souhaité que la position du président du CNDD soit exprimée de manière nette et claire pour qu’on n’entende plus des ‘’MDDR», c’est-à-dire ‘’Mouvement Dadis Doit Rester». On veut des choses claires, parce que c’est ça qui permettra à la Guinée de s’engager de manière sereine pour l’organisation des consultations électorales. Que ce soit en décembre ou en janvier, février 2010, si toutes les conditions sont réunies pour un processus net et clair avec la non participation des membres du CNDD et du gouvernement aux élections, je pense que l’ensemble des populations guinéennes n’y verront aucun inconvénient pour s’engager de manière résolue pour la réussite des élections afin de sortir de la crise actuelle ».

 
Aboubacar Sylla, Pdt/UFC

« Nous ne pouvons pas d’abord émettre un avis sur ces dispositions »

« Je dois dire d’abord que je suis heureux que ce type de concertation se poursuive. Cela veut dire que la dynamique amorcée depuis décembre 2008 en ce qui concerne l’instauration d’un cadre de dialogue entre le CNDD et les partis politiques existe. Donc, il s’agit là d’un jalon important dans le dialogue national sans lequel aucune paix n’est possible dans le pays. Ceci dit, pour le Comité paritaire ad hoc qui a déposé un rapport qui fixe un projet de chronogramme pour les élections présidentielles et législatives, il y a deux éléments fondamentaux qui changent dans ce chronogramme par rapport au précédent. Premièrement, il y a une inversion des élections. Les présidentielles précèdent maintenant les législatives. Et le deuxième changement majeur, c’est que les élections n’auront plus lieu en 2009 mais en 2010. Nous ne pouvons pas émettre un avis d’abord sur ces dispositions. Parce que nous avons découvert en même tant que tout le monde dans cette salle, le contenu de ce rapport du Comité ad hoc. Nous nous proposons au cours d’une réunion qui va se tenir demain à 11 heures pour discuter de toutes les dispositions de ce rapport. C’est de là que va sortir une position commune qui sera celle des Forces vives, et qui sera exprimée par une déclaration ou par toute autre voie ».

 
Mouctar Diallo, Pdt/NFD

« Les conclusions du Comité ad hoc ne nous lient pas »

 « D’abord, pour ce qui concerne ces résultats, les Forces vives doivent tenir une réunion. Avant de venir à la rencontre d’aujourd’hui, nous avons tenu une réunion au cours de laquelle nous avions dit qu’on viendra simplement pour écouter et que nous ne ferions aucune déclaration. Et après cela, nous allons nous retrouver pour examiner concrètement et de façon approfondie le contenu du chronogramme proposé par le Comité ad hoc. Mais d’ores et déjà, on peut dire que c’est un chronogramme qui présente des insuffisances, des lacunes. Parce que dans ce chronogramme, il est dit qu’il y a des étapes qui doivent être exécutées le 15 août. Nous sommes aujourd’hui le 17 août. Ça veut dire déjà qu’il y a problème. Hormis cela, les Forces vives avaient dit à leurs délégués au sein du Comité ad hoc qu’ils doivent trouver des mesures exceptionnelles, d’ordre institutionnel, juridique, matériel et financier pour les élections en 2009 et non en 2010. Donc, on n’a pas donné mandat de décaler en 2010. Parce qu’il y a un grand risque. Le chef de la junte dit toujours qu’il n’est pas candidat en 2009, mais sur 2010, il ne se prononce pas. Dès fois, il dit que c’est le peuple qui sait. Or, nous savons qu’ils sont en train d’instrumentaliser des jeunes pour créer des mouvements comme ‘’Dadis doit rester». Il y a un grand risque si les élections doivent être tenues en 2010. C’est pourquoi, nous au niveau des Forces vives, nous disons que les conclusions de ce Comité ad hoc qui ont été présentées ici ne nous lient pas, ne nous lient en aucune façon. Nous allons nous retrouver au niveau des Forces vives pour prendre des décisions. Et mieux, si le chef de la junte voulait réellement prouver qu’il voulait aller aux élections, il aurait dû dire, je prends la responsabilité ici de libérer les 30 milliards de francs guinéens qui représentent le reste de la contribution de l’Etat guinéen dans le budget électoral. Il ne l’a pas fait. Donc, c’est pour dire qu’il n’a pas la volonté politique évidente de respecter le chronogramme des élections en 2009. Même le CNT qui a été mis en place ne nous lie pas. Parce que nous, nous avions parlé d’un CNT de 159 membres, mais on nous a présente aujourd’hui un CNT de 244 membres. Ce n’est plus un CNT mais c’est un forum où il y a des gens qui vont venir faire la « mamaya ». Parce qu’ils n’ont aucune expertise en matière juridique. Or, la mission du CNT c’est le toilettage de la Constitution et du Code électoral. Mais aujourd’hui, soyez sûr qu’il y a une dynamique au sein des Forces vives qui nous amène à former un bloc fort pour faire face à cette menace militaire qui risque de prendre en otage la Guinée et compromettre le développement de notre pays ».

 
Propos recueillis par Samory Keita
L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com

 

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Vos commentaires
Chérif DIALLO, vendredi 21 août 2009
L’armée guinéenne est une sorte de ténia qui a proliféré dans l’estomac de cette entité nommée GUINEE. Elle est la cause de nos nausées et de tous nos maux. Pour l’y extirper il faudra au peuple de Guinée un puissant vermifuge. Comment comprendre que la classe politique guinéenne, sa société civile donne le moindre crédit à un soldat de cette armée dont les seuls faits d’armes depuis 1958 ont été d’avoir servit de peloton d’exécution sous le sinistre sékou touré ou d’avoir massacré sa propre jeunesse sous lansana conté ? Je ne peux m’empêcher de sourire quand je lis nos palabres sur les fameux audits des gestions des différents premiers ministres de lansana conté. Je me dis que je dois être le seul à me souvenirs : - que la loi fondamentale (qui servait de constitution) ne prévoyait nulle part un poste de premier ministre ou de chef de gouvernement ; - que lansana conté ne sollicitait ni ses 1ers ministres de pacotille ni ses ministres des finances pour aller à la banque centrale et se servir en devise ou en or et repartir au bord de son Hammer ; - que son successeur distribue à tour de bras des millions qui à des marabouts, qui à des journalistes qui à quoi encore et tout cela sous le contrôle de quel organisme élu ou institution ? aucun. Et personne ne trouve rien à redire. Ce monsieur se permet même de claironner que lui n’a pas volé alors que tous les jours que dieu fait, il vol car il se sert dans une caisse dont personne ne lui à donné les clefs. - que depuis toujours, personne ne tient le compte du nombre de wagons de minerais partis du port de Conakry ou de Kamsar alors même que notre pays n’a toujours ni routes, ni eau courante, ni électricité, ni système de santé ou d’enseignement. - que les hommes en tenues (tous corps confondus) se sont constitués en véritables coupeurs de route de l’éternel KM 36 aux différents barrages qu’ils ont érigés à l’entrée de chacune de nos différentes bourgades poussiéreuses pour spolier nos familles laborieuses qui peinent à aller échanger des pacotilles ou de maigres fruits. - Que depuis 1984, le seul corps de notre société qui a bénéficié des ravitaillements en nourriture, en ruineux 4X4 ce sont les officiers et les soldats. Si dès le 23 décembre ces fameux acteurs politiques avaient signifié à ce soldat inculte qu’il refusent de lui donner la moindre légitimité à prendre les reine du pays que le respect de l’ordre constitutionnel, malgré les limites de la loi fondamentale sera la règle d’or il aurait obtempéré. Aujourd’hui c’est malheureusement trop tard. Dadis ne quitera pas le pouvoir. Malgré la bonne volonté de la communauté internationale il n’y aura pas d’élections ni maintenant ni en 2010, en tout cas pas d’élections que dadis et les militaires ne gagnerons. Vous les avez laissé prendre de l’assurance et assurément, ils ont plus à perdre d’une Guinée démocratique que tous les guinéens confondus. A chaque étape ils créeront une commission (ad oc ou pas) qui trouvera l’argument incontournable que la classe politique et la société civile finira, après quelques protestations, par avaliser. Trente ans plus tard dadis mourra de sa prostate usée de vous avoir « antubé ».

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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