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Le général Sékouba Konaté ne serait pas au dessus de tout soupçon dans l’échec du capitaine Moussa Dadis Camara, depuis l’avènement de la junte au pouvoir. On reprocherait à celui qui est surnommé « Le tigre » d’avoir usé de sa position dominante au sein du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD) pour promouvoir ses proches, qui ont été parachutés ainsi à des postes sans aucun mérite.
Le général Sékouba Konaté a désormais la lourde responsabilité de conduire le reste de la période de transition devant déboucher sur des élections libres, justes et crédibles. C’est l’accord de Ouaga passé entre le capitaine Moussa Dadis Camara et lui, sous l’égide du médiateur de la crise guinéenne qui sert de support aux prérogatives du président intérimaire du CNDD. Sékouba Konaté a intérêt avec sa nouvelle casquette, de revoir sa copie en matière de gestion de cette transition. Pour ne pas sortir par la petite porte de l’histoire comme son alter ego.
Dadis l’a d’ailleurs prévenu lors de son séjour à Ouaga, de faire attention à ne pas tomber dans des pièges de l’ethno stratégie et autres considérations irrationnelles qui ont failli faire échouer la transition.
Sans les citer, le chef de la junte a tancé vertement certains membres du CNDD, qui seraient en réalité de véritables obstacles à un retour à l’ordre constitutionnel.
C’est un Moussa Dadis Camara, lucide et décontracté qui a fait ces révélations sous l’objectif de la caméra de la télévision guinéenne.
Même ses détracteurs les plus habiles, en écoutant ce témoignage ont eu de la compassion pour le président, contraint désormais à rester loin du pouvoir.
« Le sort de Dadis doit donner à réfléchir à tout un chacun et servir de leçon aux hommes politiques », commente-t-on dans la cité.
« Un homme averti en vaut deux », comme le dit un adage bien connu.
« Le tigre » a intérêt donc à se départir de cette habitude consistant à placer ses hommes à des postes juteux, sans pour autant que la plupart de ces promus n’en aient le mérite.
Lui qu’on dit généreux, a tenu à montrer sa reconnaissance à certains amis et bienfaiteurs en leur accordant des faveurs, allant de postes lucratifs à des marchés publics susceptibles de rapporter des gains mirobolants. Ce, parfois au détriment du contribuable.
Ces pratiques pouvaient bien fonctionner pendant que Dadis était là en première ligne. Et qu’on ne pouvait déceler les manœuvres du tigre tapis dans l’ombre.
Maintenant que c’est lui qui doit mener la barque, il doit se mettre en tête que ses moindres faits et gestes pourraient être utilisés par ceux qui essayeront de lui mettre des bâtons dans les roues.
Il en est conscient et a appelé lui-même à un « renouveau de la rupture », afin d’éviter les erreurs du passé.
Et dorénavant Konaté voudrait cultiver les vertus de la méritocratie, dans la gestion du reste de la période transition.
Comme il l’a fait savoir à Ouaga. Espérons qu’il tienne parole.
Mamadou Dian L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
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