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Depuis des années maintenant, des rumeurs circulent dans le Royaume Uni faisant croire à une imminente régularisation massive d’immigrés en situation dite « irrégulière ». Devenues de plus en plus persistantes, ces rumeurs ont dernièrement inspiré l’article «Immigration britannique : bientôt la régularisation 450.000 demandeurs d’asile et un demi million d’immigrés clandestins» paru sur Guineenews le Mardi 27 Janvier 2009. Depuis la publication de cet article qui a attiré plus de sept-mille lecteurs, La Fraternité Guinéenne ne cesse d’enregistrer des appels de la part des membres de la communauté Guinéenne concernés dans le dossier brûlant des demandeurs d’asile et d’«’immigrés clandestins» dans le Royaume Uni.
Ainsi, guidée par sa volonté permanente de sauvegarder les intérêts de la communauté guinéenne du Royaume Uni et, consciente de l’état de confusion générale qui entoure cette épineuse question d’immigration, La Fraternité Guinéenne et le Bureau de Guineenews à Londres ont décidé de mener des enquêtes sur le terrain afin de démêler ce qui est vrai de ce qui ne l’est pas. Car, nous estimons que seul un éclairage effectif pourrait permettre aux personnes concernées de prendre des décisions responsables et saines. Sur le terrain de recherche, le premier constat que nous faisons, est qu’il y a une inadéquation entre les dits dans l’article sus mentionnée et les faits réels.
Mais avant de déplier l’éventail des résultats, encore une fois, nous tenons à préciser que la décision de La Fraternité d’intervenir sur cette question n’est mue que par son dessein patriotique d’œuvrer dans le sens de la protection des intérêts de la Communauté Guinéenne vivant dans le Royaume Uni. Elle ne vise donc aucune personne dans sa réaction ni n’entend engager des polémiques autour du sujet. Elle souhaite juste partager les fruits de sa recherche pour élucider les points jugés apocryphes, et qui malheureusement, pourraient bien entraîner des décisions maladroites. Ainsi, après avoir consulté multiples sources officielles d’information, La Fraternité apporte les éclaircissements suivants.
Il n’est sans aucun doute que l’immigration représente un sérieux sujet de débat dans le pays. Cependant, il n’a jamais été question de régularisation massive d’environs 1 million de demandeurs d’asile et d’immigrants clandestins toutes catégories confondues. La position du gouvernement Anglais par rapport à cette donne n’a jamais changée depuis 2006.
Selon la déclaration du Secrétaire d’Etat aux Affaires Intérieures, Mr John Reid (en 2006, parut sur le site du Parlement Anglais) qu’il adressait au Parlement, il avait clairement dit ceci : « By the end of 2009, in three years’ time, we aim to deal with 75 per cent of new asylum cases — granting or removing, as appropriate — within six months. In five years’ time, by the end of 2011, we intend to deal with 90 per cent within six months, and we have set out plans to achieve that. We will deal with the legacy of unresolved cases in five years or less, as I said last week. We will prioritise those who may pose a risk to the public and then focus on those who can be more easily removed, those receiving support and those who may be granted leave. All cases will be dealt with on their individual merits: there will be no amnesty. »
[En traduction : « D’ici fin 2009, dans trois ans, nous visons à traiter 75 pour cent des nouveaux cas de demandes asile – agréant ou déportant (les sujets), de manière appropriée – dans les six mois (suivant la date de demande). Dans cinq ans, d’ici fin 2011, nous avons l'intention de traiter 90 pour cent [des cas] dans un délai de six mois, et avons mis en place une stratégie permettant d’atteindre cet objectif. Nous traiterons les anciens cas non résolus dans cinq ans ou moins, comme je l’ai dit la semaine dernière. Nous nous occuperons en priorité de ceux qui sont susceptibles de représenter une menace pour le public avant d’enchaîner sur ceux qui peuvent être plus facilement rapatriés; ceux qui reçoivent de l’aide et ceux dont les demandes peuvent être agréées. Tous les cas seront traités individuellement, selon leurs mérites : il n'y aura aucune amnistie. »]
Toutefois, nous reconnaissons que cette politique du gouvernement date de l’année 2006, et depuis lors, plusieurs journaux, hommes religieux et politiciens ont, à tour de rôle, expliqué au gouvernement la nécessité de régulariser ou de rapatrier les demandeurs d’asile vivant dans le pays. Quoi qu’il en soit, le gouvernement britannique paraît, de plus en plus, clairement indiquer son choix entre l’amnistie générale et la déportation massive. Son tâtonnement à souscrire à la politique de régularisation massive s’explique par sa crainte de voir un tel geste de clémence favoriser la ruée d’« immigrants économiques » vers le Royaume.
Ainsi, dans une lettre standard, datée de janvier 2009, écrite par Lin Homer qui est actuellement la Directrice Générale de l'Agence des Frontières du Royaume-Uni, elle explique ceci : « we are aiming to resolve these cases by summer 2011 and are on track to do so. The number of cases being concluded is rising. By the end of 2007 we had resolved arround 52 000 cases – 29 000 of these in the period from July to September – and we are continuing to raise our performance. Of the 52 000 cases, arround 1/3 (16 000) have been removed; conclusively demonstrating that there is no « amnesty policy » and arround a further 1/3 have been closed for example because they have been identified as a data error or duplicate. Around another 1/3 have been granted.
As we have previously stated, we will prioritise those individuals who may pose a risk to the public and then focus on those who can more easily be removed, those receiving support and those who may be granted leave. All cases will be dealth with on their individual merits and in accordance with these priorities. »
[En traduction: « Nous visons à résoudre ces cas d'ici l'été 2011 et sommes déjà sur cette voie. Le nombre de cas résolus ne fait que croître. Vers la fin de 2007 nous avions résolu environ 52 000 cas – dont 29 000 pendant la période d’entre juillet et septembre – et nous continuons à accroître notre performance. Des 52 000 cas, environ 1/3 (soit 16 000) a été déporté, démontrant à la fin, qu'il n'y a aucune ‘politique d'amnistie’ et environ 1/3 des dossiers a été refermé, par exemple les cas dus aux erreurs de données ou simplement dupliqués. Environ 1/3 des demandes d’asile a été agréée. Comme précédemment énoncé, nous nous occuperons en priorité de ces individus qui peuvent être une menace au public et nous focaliseront ensuite sur ceux qui sont plus facilement rapatriables, qui reçoivent de l'aide et ceux dont la demande d’asile peut être agréée. Tous les cas seront traités individuellement, sur leurs mérites et en fonction de ces priorités ».]
Elle explique aussi que le gouvernement a « mis en place environ 60 équipes spécifiquement chargées du traitement des cas anciens non résolus. Et ces équipes appelées ‘Case Resolution Teams’ », seront basées un peu partout dans les régions et ne traiteront pas de nouveaux cas ni ne recevront de nouvelles preuves sur les cas sous traitement.
Toutefois, pour remettre les choses dans leurs contextes, La Fraternité reste préoccupée par les rumeurs de régularisation massive qui circulent dans le pays et hors du pays, et de par l’article ci haut cité. La Fraternité soutient formellement que le gouvernement britannique n’envisage pas encore la politique de régularisation massive, à la date d’aujourd’hui.
Pour ceux qui ne sont pas familiers avec le terme « legacy », ce mot est une consignation des autorités de l’immigration britannique qui désigne tous les cas de demande d’asile qui existaient dans le RU avant Avril 2007 – date d’introduction de NAM (New Asylum Model qui est le Nouveau Modèle d’Asile).
D’après nos propres recherches, nous comprenons qu’il y a une volonté renouvelée de la part du gouvernement de déterminer une décision pour chaque cas considéré sous le couvert de « legacy » d’ici l’été 2011. Mais cela ne veut aucunement dire qu’il y aura une régularisation massive. Nous comprenons par régularisation, l’octroi de droits d’asile à toutes les personnes ayant déposé une demande d’asile.
Aussi, contrairement à ce que soutient l’article, les étudiants étrangers vivant au Royaume Uni ne sont pas concernés par les mesures ci avant. Cependant, les étudiants peuvent bénéficier d’un visa d’une durée maximum de deux ans, appelé ‘Post-Study Work’ permit, une fois qu’ils auront obtenu leur diplôme au sein d’une institution reconnue par l’Etat. Ce visa qui garanti un emploi sans aucune restriction permet à son récipiendaire de faire valoir son diplôme, bénéficiant ainsi une expérience professionnelle. A préciser que le « Post Study Work Permit » peut être converti en full « Work Permit » ou Plein Permis de Travail selon la durée du contrat éventuel de travail auquel on est soumis.
Enfin, pour des raisons de prudence, La Fraternité, déconseille fortement de recourir aux services de ‘Lawrence Associates Solicitors’ sis à Londres et exhorte toutes les personnes concernées à consulter fréquemment le site officiel du Ministère de l’Intérieur http://www.homeoffice.gov.uk [en Anglais] ou à voir la rubrique «immigration» du site Internet www.mafraternite.com qui montre toutes les sources d’information relatives à cet article.
Le Bureau Exécutif de La Fraternité Guinéenne en collaboration avec le Correspondant permanent de Guineenews à Londres.
Abraham Diallo | Dr A. Modibo Traore | Lamarana Diallo | Sinkoun Kaba | Ahmed Keita
Londres, 14 Février 2009
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