 |
J'avais comme Ibrahima Diallo « Ollaïd », l'intention d'exprimer ma surprise à la lecture des déclarations de Jean-Marie Doré. Ibrahima Diallo a été plus rapide que moi et à la lecture de sa réaction, je constate que je suis en parfait accord avec lui. Je ne vais donc pas être long. Je ne comprends pas que Jean-Marie, l'homme au franc-parler (depuis le Collège), l'un des vieux routiers de l'opposition politique guinéenne, Secrétaire général de l'UPG, ait pu tenir ce langage si conciliant sur Lansana Conté, l'homme qui a ruiné la Guinée et dont tout le monde souhaitait le départ. Les syndicats guinéens ont été pour beaucoup dans l'ébranlement du pouvoir de Conté en janvier-février 2007, au cours des évènements dramatiques de ces mois. Je suis, par conséquent, toujours stupéfait de constater que certains de nos compatriotes et Jean-Marie n'est pas le seul, continuent de brandir la Loi fondamentale pour signifier que des syndicats n'ont pas à se mêler de politique. D'où leur vient ce juridisme sans fondement réel puisque le Président de la République, Lansana Conté, a toujours été le premier à fouler aux pieds toutes les lois de la République ? Si l'esprit de Loi s'installait un jours en Guinée, le juridisme reposerait alors sur des fondements réels et ce serait une abomination de tenir ce genre de langage. Pour l'instant, nous sommes dans une situation d'absence d'esprit de Loi et surtout par le fait de ceux dont le rôle est de protéger la Loi. C'est cette situation qui a poussé des syndicalistes et la société civile à investir le champ politique puisqu'aucun autre acteur ne se dressait devant un pouvoir aveugle et sourd aux réalités guinéennes. Je croyais sincèrement que depuis le début des années 90, plus précisément depuis la légalisation des partis politiques d'opposition, l'objectif était de conquérir le pouvoir pour une meilleure gouvernance du pays que de toute évidence des militaires ne pouvaient pas réaliser. Alors quand Jean-Marie en vient à dire que soit Lansana Conté laisse travailler Lansana Kouyaté, soit il nomme un autre Premier Ministre, en somme le retour à la situation d'avant janvier - février 2007, on relit plusieurs fois son texte en se demandant s'il ne s'agit pas d'erreur de frappe. En disant cela, ce n'est pas qu'on ignore que Lansana Conté est encore aussi accroché à son fauteuil qu'une huître au rocher. Ce n'est pas non plus qu'on ignore qu'il n'a pas cessé d'entraver l'action que Lansana Kouyaté aurait pu entreprendre. Même en sachant tout cela, on ne peut se résoudre à continuer de faire de Lansana Conté un recours, surtout de la part d'un dirigeant de l'opposition. Il n'est toujours là que par la force qui ignore ce qu'on appelle la Loi. Bien qu'en situation d'impuissance devant cette force, c'est une incongruité d'invoquer la Loi à son sujet. Ansoumane Doré, Dijon, France
|
 |