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La polémique que soulèvent les propos prêtés à M. Alpha Condé (1) devrait être un des sujets de premier plan, qui seront abordés lors des débats incontournables que j’appelle de tous mes vœux, depuis le Manifeste Odyssée 2010, et aujourd’hui, l’Appel pour la tenue d’Assises des Guinéens de l’Extérieur.
En effet, si le démantèlement du système pédégé, qui a fait le lit de celui qui l’a suivi et qui n’est pas mort, est la condition sine qua non de la sortie de la longue crise où végète la Guinée depuis cinquante ans, eh bien, la dissolution de la Ligue islamique comme institution étatique, sera au cœur de la réflexion des Guinéens de toute confession, sans oublier ceux qui confessent leur athéisme ou leur agnosticisme.
Une ligue, dit Le Petit Larousse, qui commence par renvoyer ce terme à l’Histoire (en Occident), « est une union formée par plusieurs princes (souligné par moi), en partie, pour défendre des intérêts politiques (souligné par moi), religieux, etc. ou une association formée pour défendre des intérêts politiques, religieux, etc. Ex : La Ligue des droits de l’homme ».
De quelque côté qu’on envisage la question de la Ligue islamique, on doit faire le constat qu’elle n’a (plus) rien à faire dans les structures d’un Etat laïque. L’O.G.D.H. n’est pas une institution de la République.
La Ligue islamique et toute autre association ou confrérie, comme au Sénégal (2) et même en Guinée, telle que la Tidjania ou celle d’obédience de la Quadria, sont bien là où elles se trouvent, dans la sphère privée.
D’ailleurs il y a un propos bien connu de la Tradition et de l’hagiographie islamique qui dit :
« Les meilleurs princes sont ceux qui rendent visite aux Saints, et les pires des saints (donc les faux saints) sont ceux qui veillent à la porte des princes. »
Il faut expurger radicalement la Ligue islamique des institutions républicaines, à plus forte raison, des structures gouvernementales. Pour le plus grand bien de l’Islam et des musulmans guinéens.
En le disant, je ne pense absolument à aucune personne physique de cette institution. J’ai connu, et ceux qui prient dans certains quartiers de nos faubourgs savent parfaitement qu’il y a des imams qu’on a embastillés pour cause de qutbas (sermons du Vendredi) politiquement incorrectes. Les plus vieux comme moi, savent qu’on a égorgé un imam à la porte d’une de nos mosquées, après que les hommes de mains des « princes » de l’époque, eurent brûlé des exemplaires du coran, laissé s’entre-égorger Wallons et Flamands guinéens, alors que l’Homme blanc et son larbin noir chantaient :
« Al yé kèlèkè, ngnè tabanin fô ! Tuez-vous, je bats le tam-tam ! »
El Hajj Saïdou Nour Bokoum
Signataire de l’Appel qu’on peut toujours signer
pour www.guineeactu.com
Notes :
(1) J’entends déjà certains, notamment ceux qui, dans les dîners en ville, frappent avec leur tamani : « Comme d’habitude, Saïdou Bokoum ne dit rien sur les propos eux-mêmes, pas étonnant, on vous le dit, c’est un fieffé R.P.G. ! ». Je réponds : ces propos, s’ils étaient avérés tenus comme tels, ne m’interpelleraient qu’en la sphère privée, donc en stricte logique, du moins si l’on me lit jusqu’au bout, cela ne regarde que M. Alpha Condé et moi.
(2) Je n’ignore pas l’appréciation mitigée, voire critique faite par certains observateurs, à l’encontre du « poids et de l’influence politique et économique » des confréries musulmanes au Sénégal, mais cela est une autre affaire, et le développer serait ici, hors de propos.
Pour signer allez sur le lien URL suivant : http://www.lapetition.be/sign_petition.php?petid=3333
Pour voir les signataires allez sur lien URL suivant : http://www.lapetition.be/list_signs.php?petid=3333&page=1
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