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Le tableau que renvoient des jeunes dames et/ou filles voilées est des plus désolants. A telle enseigne que l’on se demande si certaines voilées par respect de certaines prescriptions islamiques ne sont pas en train d’être profanées par d’autres canailles à peine dissimulées mais en quête permanente de repentance, après de longues années de perdition, de déviations et de récidives.
Traditionnellement, pour la femme croyante, c'était et c'est toujours un honneur d'incarner les valeurs fondamentales de l'Islam par des caractéristiques externes, telles les vêtements. Ainsi beaucoup de musulmanes portent le voile islamique « pour être conformes aux prescriptions du Coran ». D'autres motivations poussent les femmes à porter le voile : la volonté de marquer leur identité culturelle, de se défendre des avances des hommes. Il reste qu’aujourd’hui que, dans les centres urbains, notamment à Conakry, on rencontre de nombreuses jeunes filles ou femmes qui portent de faux masques. A les observer à priori, elles inspirent piété, respect, considération, etc. mais en réalité – on l’a compris – c’est des noceuses impénitentes qui peinent à se départir de cette vieille habitude plutôt affriolante. Même si elles prient régulièrement, lisent le Coran, se rapprochent des hommes instruits, demandent des précisions et des interprétations. Elles masquent pour autant mal, pour dire tout net, leurs idylles ou leur penchant pour le mâle dont la seule préoccupation est lui, de satisfaire une curiosité connue de tous.
« Je ne suis pas une fanatique. »
Dans l’imagerie populaire, dès qu’une dame est voilée, elle est sensée être chaste. Mais, Mlle BM, 22 ans partiellement voilée : hijab, le voile que certaines femmes musulmanes se placent sur la tête en laissant le visage apparent prouve le contraire. Son passé n’est pas en effet des plus souhaités, parce que tous ses proches l’accusent d’avoir été une grande canaille insondable avec ses sulfureuses aventures amoureuses avec professeurs et élèves pères et fils. Ayant certainement pris peur de ce qu’elle fait ou a fait, BM cherche à se repentir.
Depuis quelque quatre ans, elle porte son hijab. Un voile qui amuse encore ceux qui la connaissent et qui ne pensent pas vraiment qu’elle pourra changer tant elle tombe encore si facilement dans les bras des hommes aux fausses allures de riches. Elle sort en boîte pour "veiller avec des amis". Elle fréquente les plages pour "se changer les idées". Et quand vous lui poser des questions du genre : Pourquoi cette option de vouloir de la chose et de son contraire ? La réponse est toute simple presque évasive: « Je ne suis pas une fanatique. » Cette jeune fille qui se reconvertit sait sans doute de quoi elle parle car « Le hijab désigne une tenue aux justifications coraniques confuses. Il se veut symbole de modestie et de piété, mais il désigne aussi, et surtout, une nouvelle manière de se couvrir la tête. » Mais il ne justifie point les dérives comportementales.
Le prix du voile forcé
Autre décor, autres considération. FDB, elle, a 25 ans, mère de deux filles dont une de jeunesse. Elle est déscolarisée et confinée en simple ménagère dans le quartier de Concasseur jouxtant le fumant dépotoir d’ordures. Toute de noire vêtue, cette jeune mère s’est vu imposer cet accoutrement par son époux. Après moult tentatives de divorce ou de fugues, elle a fini par rester, presque résignée. Mais le prix à payer est bien cher si l’on en croit ses voisines voilées comme elle. « Ce que fait cette femme est punissable par notre religion. Non seulement elle se parfume, mais aussi on a l’impression qu’elle fait des gaffes dehors à chaque fois que son mari va à son lieu de travail. » Cette accusation est bien difficile à être prouvée. En revanche, indiquent des sources concordantes, le père de sa première fille, 9 ans, l’invite souvent chez lui à certaines heures. L’homme habiterait de l’autre côté des rails vers le carrefour Séreim, sur la Transversale n°1.
Ce que dit le Coran…
Dans les hadiths, il est mentionné nous dit-on que tout le corps de la femme est "awra" (à cacher) excepté ses mains et son visage. Cette donnée est vraisemblablement battue en brèche par la sourate XXIV, versets 30,31 : « (…)Dis aux croyantes de baisser leurs regards, de garder leur chasteté, et de ne montrer de leurs atours que ce qui en paraît et qu'elles rabattent leur voile sur leurs poitrines; et qu'elles ne montrent leurs atours qu'à leurs maris, ou à leurs pères, ou aux pères de leurs maris, ou à leurs fils, ou aux fils de leurs maris, ou à leurs frères, ou aux fils de leurs frères, ou aux fils de leurs sœurs (...) »
Faut-il alors prendre au sérieux ces filles et femmes voilées comme des canailles dissimulées, de simples adeptes du voile qui s’exposent ou se livrent à la concupiscence de ceux qui n'en sont pas les propriétaires ? Que dire des autres hommes qui passent tout leur temps à prêcher la chasteté par-ci et avoir des yeux de Chimène pour les femmes ou jeunes filles par-là ? (On y reviendra). A chacun donc de juger ayant en conscience qu’il serait nécessaire de distinguer les nombreuses voilées vertueuses des autres… en "divagation vestimentaire"! Car après tout, comme l’enseigne Lévi-Strauss: « Une société ne peut se maintenir si elle n'est pas attachée inconditionnellement à des valeurs. » Autant préserver les valeurs morales et… spirituelles. Loin de toute emphase doctrinaire !
TFS
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