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 | Dadis et les chefs d'état-major |
Une dizaine d’officiers ayant tous en commun d’avoir occupé de hautes fonctions au sein de la grande muette du temps de Moussa Dadis Camara, ont été interpellés la semaine dernière. Aucun acte officiel n’a pour le moment justifié cette vague d’arrestations, qui survient à deux semaines du scrutin présidentiel.
Des officiers de l’armée convoqués par les services de la gendarmerie la semaine dernière, n’auraient toujours pas regagné leurs domiciles.
Ils étaient huit au départ, un neuvième est venu s’ajouter à la liste le dimanche dernier. Il s’agit du colonel Sow qui a rejoint le colonel Oumar Sanoh, ex-chef d’état major général des armées ; le lieutenant-colonel Abdoulaye Kéita, ex-chef d’état major adjoint de l’armée de terre ; le lieutenant-colonel Alpha Ousmane Diallo, ex-chef d’état major adjoint de la marine ; Amara Samaké, ex-chef d’état major adjoint de l’armée de l’air, pour ne citer que ceux-ci.
Les officiers interpellés sont quasiment tous des anciens chefs d’états-majors de l’armée. C’est à la gendarmerie de Matam, qu’ils seraient détenus d’après des sources concordantes.
A priori, bien des gens ont pensé à des velléitaires, qui avaient voulu saper la transition. La Guinée étant un pays où le spectre du complot permanent continue encore de planer.
Surtout que ces hauts gradés de l’armée étaient parmi les fidèles collaborateurs du chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara. Dont l’entourage jouit de préjugés défavorables, pour ce qui est de leur volonté de voir notre pays opérer un retour à l’ordre constitutionnel.
Aussi, le fait que ces interpellations surviennent juste au lendemain d’une réunion entre le général Sékouba Konaté et le commandement militaire avait de quoi accréditer cette thèse.
Konaté ayant convié les chefs militaires au cours de cette réunion, à accroître la vigilance, et à se tenir à l’écart du processus électoral au risque de subir son courroux.
Des sources officieuses de l’état-major général des armées révèlent cependant, que ces officiers ont été convoqués pour des raisons portant simplement sur leur gestion antérieure des fonds alloués à leurs services.
Des trous auraient été décelés dans les finances des différents états-majors de l’armée, durant la période qui a précédé la signature des accords de Ouagadougou, dit-on.
Cet argument ne convainc toutefois pas certains proches de ces militaires, qui parlent d’une logique de deux poids deux mesures. Arguant que la gestion des deniers publics a toujours été entachée d’irrégularités au sein de l’administration guinéenne, et dans l’armée en particulier, où sous la deuxième République même le budget alloué au ministère de la Défense était gardé sous le sceau du secret. Et que ceux qui géraient l’intendance militaire se servaient ainsi comme ils le voulaient dans les caisses, sans aucune crainte qu’on leur fasse payer un jour cette concussion.
Aux dernières nouvelles, les officiers interpellés ont été libérés.
Aly Badara Condé Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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