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En effet depuis l’avènement du CNDD au pouvoir en décembre 2009, la Guinée et les Guinéens ont parcouru un chemin important vers l’avènement de la démocratie.
En effet avec l’arrivée du CNDD au pouvoir, les Guinéens ont accueilli cette junte avec à sa tête le Capitaine Moussa Dadis Camara comme le « messie ». Certains n’hésitant pas à le qualifier de « Moïse » par pure métaphore. Je comprends ces personnes qui le qualifieraient de « Moïse » au sens je ne dirais pas direct mais indirect. Car cette qualification était pour moi circonstancielle.
En effet cette qualification était la mieux adaptée vu la souffrance dans laquelle le peuple de Guinée était plongé depuis plus de 50 ans d’indépendance. D’autant plus en écoutant les premières déclarations de la junte, les Guinéens se sont dit enfin le « lion noir » dont parlait Kamara Laye dans son livre « DRAMOUSSE » est arrivé avec entre ses griffes le symbole du pouvoir et de la liberté : « le fusil, la daba et la sagaie ». Raison pour laquelle les Guinéens ont applaudi Moussa Dadis Camara et ses compagnons. Mais cette espérance à la liberté et à la démocratie fut vite disloquée dans l’esprit du peuple…
Et depuis les accords de Ouaga entre le Capitaine Dadis et le Gl Sékouba Konaté qui aboutirent à l’élection du 27 juin 2010 du premier tour de la présidentielle, on a assisté à l’arrivée de deux personnalités au parcours atypiquement différent, à des personnalités diamétralement opposées. Ces deux personnalités sont Alpha Condé et Cellou Dallein Diallo. Deux Guinéens desquels le peuple attend une seule chose : le changement.
Et depuis j’observe avec attention les uns, les autres et aussi les partisans de chaque candidat. Mais ce qui ressort le plus dans cette élection c’est la haine que certains montrent au grand jour envers une « ethnie », les « peuhls ». Tantôt on dit qu’ils sont des étrangers, tantôt qu’ils sont islamistes et tantôt qu’ils sont ethnocentristes. C’est sur ce dernier mot « ethnocentriste » que je vais m’attarder. En effet on peut dire tout de cette communauté, mais disons-nous la vérité. Les peulhs sont un peuple épris de liberté, de paix et de démocratie.
De ce fait, qui a oublié le royaume théocratique du Fouta Djallon ? N’est-ce pas le royaume qui était le mieux structuré et ou il y avait une alternance démocratique et politique en place… ? Je ne vais pas revenir là-dessus mais ça donne à réfléchir, n’est ce pas ?
Secundo, qui a risqué sa vie et celle de sa famille pour la liberté et le respect de la justice quand Alpha Condé a été arrêté à Piné ? Un peulh, je dirai même plus deux personnalités peulh et non des moindres. Car il s’agit d’El Hadj Boubacar Biro Diallo, ancien Président de l’Assemblée Nationale et de Bâ Mamadou qui était député de la même Assemblée. Tout le monde a suivi les interventions du vieux Biro que ce soit en Guinée ou ailleurs, qui fustigeaient le régime de Conté dont il était issu, à cause d’Alpha Condé.
Un jour quelqu’un demanda à El Hadj Biro Diallo pourquoi il soutenait Alpha Condé alors qu’il est Malinké et qu’il n’était pas du même bord politique. Et le vieux lui répond : je ne soutiens pas Alpha Condé, mais je soutiens et défends la justice et l’égalité, et en plus : « je suis un digne fils du Fouta Djallon. Issu d’une famille théocratique et féodale… De ce fait j’ai hérité des mes ancêtres la justice pour tous les enfants de ce pays quelle que soit leur appartenance politique, linguistique et ethnique. De ce fait, la façon dont on a arrêté un député de la République sans tenir compte de ses droits n’est pas conforme à la règle républicaine pour laquelle je me bats pour mon pays. Il fallait respecter la loi, en convoquant une session extraordinaire de l’Assemblée Nationale pour lever l’immunité parlementaire de M. Alpha Condé… » . Et la personne de rajouter, « vous n’avez pas peur des représailles sur vous et votre famille… ? » Le vieux répond « mes enfant sont des Guinéens comme tous les autres enfants. Je n’ai pas à les favoriser dans quoi que ce soit bien que je sois Président de l’Assemblée nationale. Ils sont sur un même pied d’égalité que tous les autres enfants guinéens…. ».
N’est-ce pas à ce moment que Conté organisa un meeting au palais et traita de tous les mots le vieux Biro ? N’est-ce pas à ce moment que Somparé suspendit Biro du PUP ? Et que tout le Fouta Djallon s’aligna derrière le vieux Biro ?
N’est-ce pas Bâ Mamadou et El Hadj Biro Diallo seuls qui rendaient visite à Alpha Condé à la prison de Corinthie ? Alpha Condé même a dit cela une fois… « seul le Doyen Biro et Bâ Mamadou me rendaient visite à la prison… ».
Ces deux personnalités El hadj Boubacar Biro Diallo et Bâ Mamadou symbolisent à elles seules les valeurs républicaines des « peulhs » en ce 21e siècle dans notre cher pays. Et surtout les valeurs de paix et de justice. El Hadj Boubacar Biro Diallo répondait à un journaliste qui lui demandait ce qu’il va répondre à Lansana Conté lorsque celui-ci l’insulta au palais à cause d’Alpha Condé, le vieux lui répondit « Mon éducation ne me permet pas d’insulter quelqu’un … » Cette phrase ressemble très bien à ce qui se passe avec Cellou Dallein aujourd’hui… On l’insulte mais il ne répond pas. Cela prouve tout ce que je dirai dans cet article. Les valeurs qu’El Hadj Boubacar Biro Diallo, ancien président de la première assemblée nationale démocratique en Guinée cultive et a cultivé depuis longtemps montrent que sa communauté reste et restera fidèle à elle-même.
Quand je dis que les peuhls représentent un peuple épris de paix et de justice et donne Bâ Mamadou et El Hadj Boubacar en exemple ce n’est pas pour m’attirer leur sympathie car, personnellement, je ne connais ni l’un ni l’autre, mais parce que ce sont des personnalités publiques et qu’ils ont servi leur pays avec dévouement. Il est important de dire les choses comme elles sont. On connait le vieux Biro pour sa véracité, d’ailleurs c’est le seul à avoir tapé sur la table devant Sékou Touré pour lui dire la vérité et lui dire qu’on ment au peuple.
Les peuhls sont un peuple entreprenant et respectueux des valeurs morales. Cellou Dalein Diallo sera obligé de se conformer à ces valeurs pour mieux gouverner s’il est élu. Sinon c’est son propre peuple qui lui dira halte.
Donc à mon avis le peulh n’est pas ethnocentriste. Au contraire il aime la liberté, la paix et la justice. Et de surcroit le peulh est démocrate. Donc si un « Peuhl » est élu demain, je pense que le pays sera le plus démocratique en Afrique et symbole de l’unité nationale. Il ne va pas renier les sacrifices qu’ont faits ses ancêtres peuhls pour déshonorer sa communauté. D’ailleurs les peuhls ne seront pas les mieux servis car, comme le disait le vieux Biro, « le peuhl aime l’honneur, l’impartialité et le peuhl regarde la qualité de l’être humain et non son ethnie pour lui confier un poste ».
Vive la paix, vive l’unité nationale et vive la démocratie…
Mamadou Camara
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