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Au lendemain du 1er tour de la présidentielle guinéenne, en pleine période de coupe du monde de football, j’avais dit à des compatriotes et amis de la Guinée que vous, Cellou Dalein Diallo avez a tiré un pénalty et votre adversaire, Alpha Condé, leader du RPG, un coup franc de 30 mètres.
L’arbitre du match, le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), va-t-il accepter votre argumentation basée sur le fait que vos adversaires ont déplacé les buts au moment où vous vous avanciez, les yeux fermés, pour tirer dans le ballon ? Ou va-t-il privilégier ceux de votre adversaire, qui a pris tout le temps nécessaire pour mieux s’exercer au tir de 30 mètres avant de se présenter au concours qu’il avait avec vous ? Ce qui est incontestable actuellement, c’est que cette situation plonge la Guinée dans une crise aux lendemains incertains.
Vous et vos alliés sauriez-vous limiter vos revendications au niveau juridique et ne pas en rajouter, notamment par des déclarations du genre « Tout sauf en peulh » ? Il faut le souhaiter. Votre adversaire, Alpha Condé, et ses alliés, ont-ils réellement commis les actes que vous avez dénoncés et qui pourraient remettre en cause la crédibilité de l’élection dans différentes préfectures ? Avez-vous des preuves irréfutables de ce que l’on pourrait alors appeler fraudes majeures ? D’où vous et votre adversaire avez-vous tiré les informations qui vous ont permis, chacun de son côté, de compiler des résultats curieusement favorables pour l’un et l’autre à la fois ?
Monsieur Cellou Dalein Diallo,
Avant et après le 1er tour de l’élection présidentielle du 27 juin dernier, j’avais soutenu à différentes occasions qu’Alpha Condé était le plus méritant de tous les 24 candidats à cette compétition. En même temps, j’avais également souligné que l’UFDG était devenue la première force politique du pays… loin devant tous les autres partis politiques, à commencer par le RPG du professeur Alpha Condé.
Cependant, vous devriez savoir que sans l’appui de la coalition coordonnée par Sidya Touré, président de l’UFR et qui a appuyé votre candidature au 2e tour, votre adversaire aurait gagné indiscutablement.
Au lendemain du 2e tour de cette même élection, la situation sociopolitique en Guinée est explosive. Vos propres déclarations et celles de vos conseillers indiquent une détermination à s’opposer à des résultats provisoires qui n’auront pas tenu compte de vos revendications, notamment l’annulation des votes de Siguiri et de Kouroussa. Et dans le camp adverse, l’Arc-en-ciel du Professeur Alpha Condé n’entend pas se laisser faire. C’est dire donc que la Guinée avance à grands pas vers une confrontation entre partisans des 2 camps politiques engagés dans le 2e tour. Que fera l’armée ?
Afin d’éviter au pays de tomber dans la guerre, je souhaiterais qu’un terrain d’entente puisse être trouvé et qui permettra l’annulation des votes dans toutes les préfectures où vous et votre adversaire avez dénoncé des irrégularités. Mais comme une telle opération vous profiterait, en même temps qu’elle nuirait à votre adversaire, il faudrait alors organiser dans lesdites préfectures des élections en janvier prochain pour compléter l’élection présidentielle guinéenne.
Monsieur Cellou Dalein Diallo
Je crois qu’il serait plus acceptable de demander la reprise des élections à Siguiri et Kouroussa que d’exiger l’annulation pure et simple, quels que soient les arguments. Pour des résultats acceptables par tous, vous pourriez convaincre Alpha Condé et ses alliés d’opter pour la reprise des élections dans toutes les préfectures. Si chacun de vous est sûr d’avoir gagné les suffrages annoncés par la CENI, vous devriez alors accepter de retourner devant ces électeurs en janvier prochain.
Autrement, comme chacun d’entre vous avait envisagé un retour de l’armée aux affaires, il faudrait alors que vous et votre adversaire demandiez aux forces militaires de constituer une équipe essentiellement chargée d’organiser le 2e tour de l’élection présidentielle au plus tard en mars 2011. Cette équipe devra mettre en place une nouvelle Commission électorale nationale indépendante, qui ne comprendrait aucun ancien membre.
Pour éviter à la Guinée un conflit dramatique, vous devriez entreprendre des démarches auprès du Groupe de contact international pour définir un nouveau programme de la transition. Car pour élaborer celui qui est mis en application actuellement, les partis politiques et la société civile de Guinée, n’avaient pas été consultés.
Ibrahima Sory Baldé Canafnews.ca
www.guineeactu.com
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