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Mon cher Damaro, en effet entre « Plateau » et moi, c’est plus que de l’amitié, c’est presque de l’Histoire à cause de notre âge. Nous sommes si vieux, nous avons assisté à tellement de faux départs historiques… Quant à « Morik », quoique plus jeune, nous sommes en plus des frères en Dieu… Il a aussi à son actif, discrètement, l’honneur d’avoir été la boîte aux lettres de Jean-Claude Diallo (paix à son âme !) pour l’expédition des télégrammes envoyés depuis Abidjan, invitant certains Guinéens à aller en Guinée pour être les premiers ministres civils issus de la diaspora. Depuis, personne n’a entendu ou vu Morikè Camara s’agitant pour être là où il aurait pu se hisser aujourd’hui. Modeste comme lui tu crèves, super matheux, ayant été une des chevilles ouvrières de journées sur l’éducation, Morikè aurait pu tranquillement rester à Abidjan avec un super salaire d’expatrié. Je dis cela pour ceux, je l’ai ai entendus encore il y a deux jours à une rencontre « scientifique », qui continuent à éructer la fadaise « des diaspos qui coulent des jours tranquilles à l’extérieur alors que la Guinée se meurt ». Des gens comme Morikè il y en a des dizaines, des centaines, qui ont même dû plier bagages, chassés par les Guinéens qui aiment écouter Sékou Touré vociférer encore dans des haut-parleurs au marché du Niger. Laissons-là le domaine privé, en notant au passage qu’il y a des leçons de patriotisme à tirer de certaines tranches de vie, utiles pour certains jeunes. Je comprends l’ironie sous-jacente à propos de ton interrogation sur le chiffre de 50 000 généralement avancé. En toute honnêteté, je l’ai repris selon une source écrite (journalistique), affirmant que ce chiffre serait donné par Amnesty international. S’il est établi qu’Amnesty a donné ce chiffre, je dis que c’est fiable et j’assume. Prouve-moi le contraire auprès d’Amnesty, je promets qu’à l’avenir je serai encore plus prudent. D’ailleurs je t’avais facilement (trop) accordé le chiffre de 63 suppliciés dans l’affaire Diarra. Moi je parlais de 18 officiers ; de ton côté, s’agit-il de 63 officiers ? Cela étant, s’agissant de morts d’innocent(e)s, qu’importe qu’ils fussent 50.000 ou 5000. Ton frère Morikè ne me contredirait pas lui qui s’y connaît en « islamologie ». Il sait que « tuer un seul musulman ou simplement un seul innocent, c’est tuer toute l’humanité ». Je crois bien citer en substance un « Dit » du Prophète de l’Islam (P.S.L), en tout cas un propos de la Tradition islamique. Pour ce jeune qui semble perplexe sur la solitude du non guinéen alors que le P.R.A. qui l’a prôné plus tôt que le P.D.G., n’a été en phase avec la résolution de Cotonou qu’en Guinée avec curieusement le P.D.G., je lui réponds que le revirement (historique) des Senghor et Cie ne change strictement rien à cette résolution, et que ce sont des responsables de P.R.A-Guinée ( Diawadou, Koumandian, Karim Bangoura, et le socialiste Barry III ) qui ont permis le vote massif pour le Non. Si 10%, disons sans le respect (et non le ralliement) par ces derniers de leur engagement à Cotonou, le P.D.G. n’aurait pu obtenir le vote historique : des fraudes massives par la France étaient prévues, comme au Niger de Bakary Djibo. Le Niger qui avait en réalité majoritairement voté non. Cela dit où avez-vous vu que j’ai écrit que partout le R.D.A.avait prôné le Oui ? Cela c’est l’Histoire. Wa salam. Saïdou Nour Bokoum pour www.guineeactu.com
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