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Le coup d’envoi du troisième et dernier tour des éliminatoires combinées CAN-Mondial 2010 sera donné le week-end du 29 mars prochain. L’occasion est opportune pour présenter les trois adversaires de la Guinée dans cette ultime phase des qualifications que sont la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso et le Malawi. Si les deux premiers pays cités peuvent prétendre se qualifier pour les deux compétitions, malgré l’inégalité de leur potentiel, il n’en demeure pas moins que le Malawi se contenterait d’une qualification pour la CAN angolaise, même si sa mission est loin d’être aisée.
Eléphants de Côte d’Ivoire Faire respecter la hiérarchie
Si elle est considérée comme le favori du groupe E, il n’en demeure pas moins que la Côte d’Ivoire devrait se méfier de la Guinée et du Burkina Faso, qui sont à priori ses principaux challengers. La mission qui attend donc le sélectionneur de la Côte d’Ivoire, Vahid Halilhodzic, est claire : montrer le vrai visage des Eléphants lors de ce dernier tour des éliminatoires combinées CAN-Mondial 2010. Pour maints observateurs de la scène sportive, la Côte d’Ivoire devrait logiquement terminer à la première place du groupe. Mais, ce statut de favori ne permet pas aux Ivoiriens de dormir d’emblée sur leurs lauriers face à des adversaires qui, dans de beaux jours, peuvent déjouer les pronostics. Pour certains médias ivoiriens, la bataille psychologique peut occuper dans cette configuration une place de choix et l’essentiel consiste à contenir la furia des deux pays voisins que sont la Guinée et le Burkina. Un quotidien sportif de ce pays fait d’ailleurs le diagnostic : « Depuis l’annonce du résultat du tirage au sort, le Burkina Faso et la Guinée paraissent remontés comme des pendules. Hommes intègres et Syli national ont hâte de croquer de l’Eléphant. On a l’impression que dans cette poule, le Burkina Faso et la Guinée n’ont du respect que l’un pour l’autre. Les deux pays ont annoncé les couleurs en faisant totalement abstraction de leurs contre-performances antérieures face à la Côte d’Ivoire. Pour les Eléphants, il s’agira de contenir cette furia en ne concédant de défaite ni à Ouaga ni à Conakry. Dans tous les cas, dans les confrontations directes avec ces deux adversaires, ils devront avoir un solde positif pour affirmer leur leadership. Pour demeurer souverain dans ce groupe, l’équipe de Vahid doit prendre les six points en jeu contre le Malawi qui apparaît comme le plus faible du groupe. » Pour réaliser son pari qui consiste à se qualifier pour une seconde phase finale de Coupe du monde, la Côte d’Ivoire, finaliste de la CAN 2006 et quatrième lors de la précédente édition, peut compter sur son effectif assez riche : Didier Drogba (Chelsea), Yaya Touré (FC Barcelone), Kolo Touré (Arsenal), Kader Keïta (Lyon), Aruna Koné (Marseille)…Les Eléphants peuvent également exploiter un calendrier très favorable. Il s’agit pour eux de démarrer à domicile avec l’adversaire le plus faible, enchaîner avec deux matches à l’extérieur et terminer à domicile avec l’adversaire le plus redoutable. D’où la conclusion d’un confrère ivoirien : « Si les Eléphants réalisent un sans faute à domicile, font le plein face au Malawi, ne concèdent pas de défaite face au Burkina et à la Guinée et exploitent judicieusement l’avantage du calendrier, les portes d’Afrique du Sud 2010 s’ouvriront grandement à eux. » Un avis que partage largement le président de la Fédération ivoirienne de football, Jacques Anouma : « Nous devons tout mettre en œuvre pour gagner toutes les rencontres à domicile et négocier des points chez nos adversaires. » A l’approche de cette phase décisive, les Eléphants tentent de faire taire les querelles intestines pour répartir sur de nouvelles bases, avec une rigueur sans faille que le coach Vahid Halilhodzic tente d’imposer tant bien que mal au sein du groupe. En définitive, la qualification pour la CAN 2010 considérée comme acquise, n’est pas à l’ordre du jour pour la Côte d’Ivoire, mais plutôt une place pour le Mondial.
Flammes du Malawi La CAN, ultime objectif
Après 24 années d’absence, l’équipe nationale du Malawi rêve de faire son retour en phase finale de Coupe d’Afrique des nations, à défaut d’une place pour le Mondial qui semble vraisemblable. Sa qualification pour ce dernier tour des éliminatoires au détriment notamment des Simba de la RD Congo prouve que les Flames ne se présentent plus sur un terrain en victimes expiatoires. Même s’il apparaît un peu vulnérable en déplacement, le Malawi dont la seule participation à une Coupe d’Afrique des nations remonte à l’édition de 1984 en Côte d’Ivoire, apparaît comme une équipe difficilement maniable à domicile. Il a d’ailleurs réussi à dominer l’Egypte, championne d’Afrique en titre, lors du précédent tour éliminatoire (1-0). Loin d’avoir des joueurs de renommée internationale, et conscient de la réalité des choses, le Malawi peut compter néanmoins sur la valeur de certaines de ses pièces maîtresses que sont : Swadic Sanudi, Robert Ngambi, Valence Kamzere, Jimmy Zakazaka, Kanyenda Essau, Elvis Kafoteka, John Banda, Fisher Kondowe et James Sangala. Pour le buteur de l’équipe, Kanyenda Essau, le Malawi, malgré son statut de petit poucet du groupe, garde toutes ses chances de qualification pour la CAN 2010. Pour atteindre son objectif, le Malawi mise sur un parcours sans faute au Kamuzu Stadium de Blantyre qui peut accueillir 45.000 spectateurs.
Le talon d’Achille du Malawi
Le football malawite souffre d’un problème financier récurrent. Ce n’est d’ailleurs pas étonnant si les Flames ont failli renoncer aux éliminatoires combinées CAN-Coupe du monde 2010. Il a fallu l’intervention énergique du président de la Fédération, Walter Nyamilandu, pour sauver les meubles. Pour manque de moyens financiers, le coach Kinnah Phiri, s’est contenté, en lieu et place des matches amicaux internationaux, d’une préparation presque bâclée, avec une rencontre amicale contre une équipe nationale bis. Un état de fait qui avait provoqué auparavant le départ du coach danois des Flames, Kim Splidsboel, remplacé finalement par un fils du pays, Kinnah Phiri, dont les résultats sont pour l’instant positifs.
Etalons du Burkina Faso Le vent en poupe
« Il n’y a pas une équipe de ce monde qui puisse faire peur aux Etalons de nos jours ». Cette phrase du président de la Fédération burkinabè de football, Zambendé Théodore Sawadogo, confirme l’euphorie qui règne actuellement au pays des hommes intègres qui a terminé à la place de leader de son groupe devant la Tunisie, le Burundi et les Seychelles, lors du second tour des éliminatoires combinées CAN-Mondial 2010. L’ambition du Burkina consiste désormais à bousculer la hiérarchie afin de se faire une place au soleil. Absents de la phase finale de la CAN depuis l’édition de 2004 en Tunisie, les Etalons entendent redorer leur blason en se qualifiant non seulement pour la CAN angolaise, mais aussi tenter le pari de l’Afrique du Sud 2010. Mais, si ce pays, demi-finaliste à domicile lors de l’édition de 1998, peut logiquement prétendre se qualifier pour la CAN, en revanche, pour ce qui du Mondial, sa mission s’annonce particulièrement délicate, malgré sa bonne forme du moment. En tout état de cause, le sélectionneur Paulo Duarte qui a réussi à ramener le Burkina sur le devant de la scène, peut tenter le miracle en misant notamment sur Youssouf Koné, Yaya Kébé, Amadou Séré, Narcisse Yameogo, Charles Kaboré, Moumouni Dagano, Issouf Ouattara ou encore Patrick Zoundi. Il n’a d’ailleurs pas hésité à demander à ses poulains de ne pas se laisser emporter par l’euphorie suscitée par les derniers résultats positifs. Fait marquant de ce groupe, les retrouvailles entre Ivoiriens et Burkinabè qui ont des relations parfois très tendues, s’annoncent particulièrement chaudes.
Le joueur à suivre
Moumouni Dagano, auteur de 7 buts et meilleur buteur des éliminatoires, sera l’homme à surveiller du côté des Etalons du Burkina Faso. Ancien sociétaire du Racing Genk (Belgique), cet attaquant qui continue de confirmer ses qualités de serial buteur, pourrait encore faire mal lors de ce dernier tour des qualifications tant au stade du 4 août de Ouagadougou qu’en déplacement. Une véritable menace donc pour les Eléphants de Côte d’Ivoire, le Syli national de Guinée et les Flames du Malawi.
Mamoudou Bory Bah Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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