vendredi 25 janvier 2008
22 Janvier 2007 - 22 Janvier 2008. Un an après le massacre des jeunes en Guinée
Mamoudou Kouyate

Un an  après le massacre de janvier 2007, une nouvelle histoire de la plus grande importance dans le contexte social est en train de s’écrire en Guinée.  Le moment est venu de rompre avec l’hypocrisie et l’indifférence et de s’engager pour soutenir la jeunesse en Guinée.

Toujours en revenant sur ce sujet qui suscite horreur et répulsion, la question d’ordre moral m’interpelle face à ces actes de pure sauvagerie. Comment faire preuve de neutralité intellectuelle devant ces théâtres  qui ont donné la mort à de nombreux jeunes Guinéens??? Nombreux sont des Guinéens et amis de la Guinée qui ont exprimé leur désolation après les événements qui ont débuté le 22 janvier 2007 et la compassion pour les victimes entraîne logiquement la condamnation de leurs bourreaux.

Ils ont utilisé la violence non seulement pour maintenir l’actuel système, mais ils l’ont aussi empruntée comme une voie privilégiée pour s’accaparer des richesses de notre pays, intérêts égoïstes. Seule une telle ambition offre une telle possibilité d’horreur. Nous attendons toujours que justice soit faite dans les normes adéquates. C’est pourquoi nous restons patients quand il s’agit de donner le temps aux personnes qui sont en charge du dossier pour que le travail soit efficacement produit. La pression morale est plus déterminante. Je me réfère à ce que Kant dit de la conduite morale : « Agis toujours de telle sorte que le motif immédiat de ton vouloir puisse devenir une règle universelle pour tous les êtres intelligents. » Fin de citation.

Ceux qui ont osé massacrer des civils dans le cas guinéen ont recouru à une méthode de lutte extrême de l’ancien temps en ignorant les hauts faits de la liberté et de l'esprit humain, dont chacun a marqué une époque de notre civilisation. Il faudrait donc corriger les erreurs de ce genre pour créer entre les différentes composantes de la Guinée, qui semblent avoir des avis divergents sur la question, de justes relations sociales harmonieuses qui garantissent l’avenir de la jeunesse montante.

Non seulement cette jeunesse veut se doter d’une moralité sévère donnant à la Guinée le charme essentiel pour se développer, mais elle veut aussi garantir la réalisation de tout ce qui a été porté à l'esprit de sacrifice par des camarades tombés sous des balles de Janvier et Février 2007. Il faudrait vraiment sauver cet honneur et nous encourageons tous ceux qui se battent objectivement dans ce sens, parce que l’avenir des jeunes devient une responsabilité collective. Je ne parle pas seulement parce que j’ai eu des amis personnels ou des proches qui sont morts pendant la grande grève de 2007 car  nous avons tous des amis ou proches qui y sont restés. Donc c’est la jeunesse toute entière qui a été profondément touchée et elle a besoin de se réunir pour consolider l’uniformité de sa conquête et son homogénéité au delà de toute considération subjective comme l’ont fait ceux qui sont morts pour affirmer et défendre ces valeurs. Que Dieu les bénisse ! Amen !

C’est une nouvelle renaissance de la conscience collective que nos victimes de Janvier et Février 2007 ont construite en Guinée. Regardons autour de nous : tout récemment au Kenya, pas plus d’un mois, quand les élections se sont mal déroulées, on a dénombré des morts. Les conditions et les réclamations selon lesquelles nos victimes ont trouvé la mort en Guinée sont différentes de celles au Kenya. C’est un fait émouvant ! C’est un véritable engagement social fondé sur la défense d’intérêts communs, dont l’efficacité immédiate a été sentie pour TOUS, que nos braves camarades nous ont confié en mourant.

Ils ont réclamé du travail en échange de la mort! Alors il faut créer de l’emploi. Ils ont demandé de l’eau et de l’électricité en échange de la mort! Alors il faut les fournir. Ils ont dénoncé la hausse généralisée des prix sur le marché pour mourir! Alors il faut maitriser l’inflation...

Nous sommes conscients des retards causés dans plusieurs secteurs par les anciennes équipes gouvernementales, mais nous voulons aussi avoir de l’eau et la lumière permanemment en Guinée d’ici l’an 2009 pour que par exemple étudiantes, étudiants et élèves ne se regroupent plus autour des lampes électriques de l’aéroport international de Gbessia pour réviser leurs cours (préparation des examens l’exige). Ils sont sérieusement exposés à l’insécurité nocturne dans les rues de Conakry pour s’y rendre. Un cas semblable est vécu par les jeunes dans les autres régions du pays. Il faut penser à eux car c’est l’avenir de la Guinée qui est concerné.

Je salue toutes les organisations sociales guinéennes et étrangères qui ont salué la mémoire des victimes de Janvier et Février 2007.

Vive la Jeunesse guinéenne.

Mamoudou Kouyate, depuis New York

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Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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