dimanche 21 juin 2009
« Sur le plan du caractère BA Mamadou était un psychosomatique » dixit Jean Marie Doré
Jean Marie Doré

Notre rédaction a rencontré cette semaine Jean Marie Doré, le Secrétaire général de l'UPG, pour évoquer des sujets brûlants dominant l'actualité nationale, notamment le possible report des élections, le retour manqué de Lamine Sidimé dans l'Administration publique, la réaction du Président face au diplomate allemand, le débrayage du personnel judiciaire, ''l'article 4500'' du capitaine Thiégboro.

 

Dans cette interview qu'il nous a accordée, Jean Marie Doré croit déjà succéder, non sans humour, au capitaine Dadis Camara à l'occasion de la prochaine présidentielle.

 

L'Observateur : Le doyen Bâ Mamadou s'en est allé, mais lors de ses funérailles, vous étiez absent au Palais du Peuple. Que s'est-il passé ?

 

Jean Marie Doré : J'ai beaucoup regretté de n'avoir pas été à Conakry et d'être pris dans un programme qui avait été annoncé de longue date en Guinée Forestière et en Haute Guinée où les citoyens étaient mobilisés. J'avais reporté le déplacement à maintes reprises. Je me suis finalement trouvé dans une situation que je ne contrôlais pas. C'est pourquoi j'ai mobilisé tout le bureau politique national de l'UPG pour nous représenter d'abord au symposium et ensuite accompagner la dépouille mortelle à Dinguiraye. Je remercie et félicite tous ceux qui nous ont représenté.

 

Quel souvenir gardez-vous de l'illustre disparu ?

 

Je n'ai pas besoin de vous dire que je regrette profondément le décès du doyen Bâ Mamadou, que je considère prématuré pour ce qu'il était, un brillant intellectuel, un financier compétent, un homme politique courageux. Je ne dis pas cela parce qu'il faut toujours dire du bien des morts, mais c'était comme tel. La lutte politique pour l'instauration du multipartisme lui doit beaucoup, moralement et matériellement.

 

Pouvez-vous être plus clair dans ce que vous dites ?

 

Moralement, parce qu'il a initié par ses critiques, le fonctionnement du Comité Militaire de Redressement National (CMRN) et à dénoncer des choses concrètes que tout le monde voyait sans avoir le courage de révéler.

 

Matériellement, parce qu'il a mis son domicile à la disposition du Forum Démocratique National. C'est à son domicile privé que ce forum a été créé ; forum à partir duquel les partis politiques se sont créés et sont devenus par la suite un ensemble plus grand.

 

Avec la légalisation des partis, nous avions cherché un espace plus grand, mais en ayant comme sous- bassement l'esprit de forum démocratique.

 

Quelles étaient vos relations et l'origine de votre collaboration ?

 

J'avais de bonnes relations avec le doyen Bâ Mamadou depuis 1958 avant même l'indépendance. Nous nous rencontrions dans le quartier qu'on appelle aujourd'hui, Cité des Nations, qui était habité par les hauts fonctionnaires blancs, précisément au domicile de Sarr Amsata, professeur de philosophie à l'époque, et qui était devenu directeur adjoint du cabinet de Sékou Touré. Les milieux pensants d'alors se retrouvaient là. Bâ Mamadou travaillait dans le crédit français. Il fallait avoir une grande efficacité et une forte compétence pour un africain d'être recruté dans ce temple financier français. Moi, j'étais inspecteur de travail. C'est en analysant la situation de notre pays au jour le jour, que les Moumini et d'autres cadres intellectuels venus des Antilles, du Niger, comme les Béhan zin, que nous avions pu procéder à l'indépendance de la Guinée. Nous avions joué un rôle clé, quand le référendum avait été annoncé (?) Après l'indépendance, chacun avait pris son chemin. Les cadres intellectuels de niveau universitaire n'étaient pas assez nombreux à l'époque. Nous nous connaissions tous, et Bâ Mamadou dans sa position a toujours su montrer qu'il avait le courage de ses opinions, cela nous manquera beaucoup. Parce que pour exercer la politique en Guinée, il fallait avoir certaines de ses qualités, comme le courage.

 

Pour vous, le doyen Bâ Mamadou n'était qu'un ange ?

 

En vérité, Bâ Mamadou n'était pas un saint, il était loin de l'être. Sur le plan du caractère, par exemple, il était psychosomatique.

 

C'est-à-dire ?

 

Alors, il pouvait aller d'une opinion à une autre comme ça, et souvent ça déroutait. Mais, il avait une capacité : lorsqu'il se trompait, il ne se gênait pas de le reconnaître. Alors que d'autres en font une religion de ne jamais avouer qu'ils se sont trompés. Il est certain qu'il manquera encore parce qu'il n'est pas donné à tout le monde d'être leader politique. Parce que le mot leader politique est galvaudé. Car n'importe qui peut prendre son copain dans un bistrot pour créer son parti. C'est une manière d'évaluer la politique que de permettre à n'importe qui de se parer d'un sigle ou de le mettre au front, mais il faut avoir une vision, la volonté d'atteindre son aspiration. Cela vous permet de ne jamais vous décourager. Sans vision ni perspective claire, vous laissez tomber la lutte dès les premières difficultés. Donc, le doyen Bâ Mamadou avait sa perspective, parfois elle recoupait les miennes, parfois non sur une série de problèmes. Mais aujourd'hui, il ne s'agit pas d'analyser les points de convergence et de divergence, il s'agit au contraire de pleurer les larmes de son corps pour que ce torrent de sympathie l'accompagne au paradis des héros.

 

La constitution n'est pas révisée, le recensement suspendu, le CNT dans les tiroirs. Concrètement, les élections prévues dans quatre mois auront- elles lieu à la date indiquée?

 

Report ou pas report, il faut qu'il y ait des élections, c'est obligatoire. Maintenant, nous allons tenir compte de la réalité du terrain pour voir comment organiser les élections. Parce qu'il y a les législatives et la présidentielle. Il est vrai qu'il y a de petits problèmes techniques. Naturellement, quand ils s'accumulent, ils deviennent de grands problèmes dont la résolution décidera de la fixation, du maintien ou de la modification de la date. Je ne peux pas vous le dire maintenant. La question sera débattue au sein des forces vives, ces jours-ci. Dans ma position, je ne peux pas anticiper sur la décision majoritaire des forces vives pour faire des spéculations de cet ordre. Ce ne serait pas correct de ma part.

 

La CENI a annoncé que son recensement est si satisfaisant qu'il a reçu la félicitation de certains leaders politiques qui lui ont demandé d'organiser les élections dès maintenant.

 

Personnellement, je n'étais pas à cette conférence de presse de la CENI. Je pense qu'elle s'est basée sur des faits pour affirmer cela, moi je l'ignore. Si le recensement est à 67 %, on ne peut pas organiser des élections. Mais si c'est à 79 %, cela veut dire 80 %, on peut évaluer les chances d'organiser de bonnes élections. Alors, sur le fonds de ce que la CENI a dit, étant donné que je n'ai pas toutes les données avec moi, il m'est difficile de me prononcer là-dessus.

 

Le Secrétaire d'Etat chargé de la lutte contre le grand banditisme, le Capitaine Moussa Thiègboro Camara, a instruit de brûler vifs tous les voleurs. Ce qui n'est pas conforme aux principes démocratiques et religieux. Qu'en pensez-vous ?

 

Je suis optimiste dans ma relation avec les hommes. Je pense que c'est un lapsus, parce qu'un ministre de la République n'est ministre que dans le cadre légal. Pour condamner quelqu'un à être décapité, fusillé ou brûlé, il faut que cela soit prévu par la loi et seul le juge a la capacité de décider d'exécuter une sentence. C'est lui qui la prononce et dit le mot d'exécution.

 

Ni un commissaire de police, ni un gendarme, ni un ministre, ni un leader politique, ni un chef religieux, dans le cadre de la République de Guinée, n'a le droit de prononcer une sentence de quelque nature que ce soit (?). Sur le fonds, je ne suis pas d'accord. Mais je pense que le Capitaine Thiègboro est un officier responsable. Je mets cela au compte de lapsus, c'est une erreur de la langue. Je ne crois pas qu'il l'ait pensé profondément. Si chaque fois qu'on dit ''Mougnati" ! Mougnati !'', il va falloir prendre le type, pour le brûler vif ; en ce moment, nous ne serions plus dans un Etat non civilisé, mais sauvage. Or, on ne peut pas donner à chaque citoyen véloce de courir derrière le voleur pour le mettre dans un fagot de bois après, avant de mettre le feu (?).

 

Le chef de l'Etat a récemment durci le ton contre les magistrats, mais ces derniers n'ont pas plié, jusqu'aujourd'hui. Alors, comment entrevoyez-vous le débrayage au sein de l'appareil judiciaire ?

 

Il y a un problème ! Le respect est fonction de la façon dont la loi est appliquée dans ce pays. Or, la magistrature n'inspire plus de respect en Guinée. Je crois que les juges devraient faire l'effort interne pour qu'on les prenne au sérieux. Nous qui avons étudié cette matière, nous sommes gênés d'apprendre que le droit n'a pas de valeur ici. Dans certaines interviews, de citoyens sont allés jusqu'à dire : « quand on prend les voleurs, les juges les relaxent contre de l'argent », mais c'est grave pour la corporation. Les juges sont revêtus d'une autorité grave ; celle de vous supprimer la liberté, d'ordonner qu'on vous ôte la vie, alors si ce juge est corrompu jusqu'à l'os, s'il instaure la vénalité des arrêts, des jugements. Si l'on achète les décisions de justice, alors, le juge de vient un criminel de la liberté. Parce que selon le montant qu'on lui donne, il peut faire condamner un innocent et libérer un coupable. Dans quelle proportion, les juges guinéens méritent-ils cette critique, je ne sais pas. Mais je crois que la première revendication interne de la magistrature, assise ou débout, c'est-à-dire, les juges du siège ou les magistrats du parquet, c'est d'amener l'opinion à avoir foi en eux.

 

Vous en voulez aux magistrats, mais pas aux militaires qui braquent leurs armes contre les citoyens?

 

Ce que je dis des juges, je le dis des militaires, parce que le militaire a le fusil, il peut menacer les citoyens, je dis non. Je ne suis pas d'accord. Il commet un péché capital, car c'est l'impôt de nous tous qui a permis l'achat de cette arme pour défendre le peuple. Le péché grave du soldat qui se sert de la puissance du feu de son arme pour aller violenter les gens équivaut au juge qui s'abstienne de juger ou qui vend son arrêt, c'est la même chose. Les armes sont là pour que vous et moi, nous dormions tranquilles sur le territoire national et pour que personne, même pas une mouche ne franchisse nos territoires, sans être instantanément abattue. Cette arme ne doit être tournée que contre l'ennemi extérieur, ou l'ennemi intérieur nommément désigné. Si l'arme est orientée vers la population, il y a une violation du sacré, celui qui devient militaire par vocation, par appel divin sait qu'il a choisi de mourir hors de son lit, pour que vive la patrie. En 1995, j'avais dit au Président Conté qu'un militaire ou sa famille ne doit pas se préoccuper s'il aura quoi manger, parce que sa vie est offerte comme le mouton de sacrifice sur l'autel de la patrie. Donc, pour moi, d'après ma conception du droit et de la fonction, c'est inacceptable que les magistrats fassent la grève, de par leur fonction.

 

Quels commentaires faites-vous sur la réaction du Président Dadis contre l'ambassadeur allemand, Karl Printz dans les locaux de la RTG lors de sa rencontre avec les forces vives de la nation, les ambassadeurs et les représentants des institutions internationales ?

 

Vous me posez cette question, mais je réponds, en toute franchise. Les deux sont des amis. Je vais vous révéler que l'ambassadeur allemand a des rapports amicaux avec le Président Dadis. Sa question méritait d'être posée dans le cadre de sa mission d'ambassadeur qui prendrait rendez-vous pour une rencontre privée avec le président dans le bureau de la présidence. Dans la forme, il pouvait demander au nom de son gouvernement, avoir des informations plus précises en disant par exemple : « mon gouvernement aimerait savoir si les élections auront lieu en 2010, est-ce vous serez candidats ? ». Cela fait partie de la fonction normale d'un ambassadeur d'aller voir un président dans le respect de sa fonction qui lui est vêtue en posant sa question. Donc, si sur le fonds, il a le droit de poser la question, il s'est trompé de cadre, ce n'était pas le lieu indiqué pour parler sur le ton de la familiarité. Ce n'était pas bien la réponse du Président. Sur le fonds, je suis d'accord. Naturellement, il a fait un développement un peu long en disant que vous vous adressiez à un Président de la République. Je suis l'égal de la chancelière Angela Merkel, c'était assez dit. Je voudrais qu'à l'avenir que vous tenez compte que vous vous adressiez à un Président de la République. Le président avait raison sur le fonds. Mais l'un et l'autre ont été au-delà. A l'avenir, je souhaiterais que chacun se respecte mutuellement.

 

S'entretenir avec le Président Dadis est une épreuve redoutable, certains sont souvent rabroués. Mais avec vous mercredi, il riait, il applaudissait et vous avait même salué? Quel secret pour séduire un capitaine aussi impulsif ?

 

Voltaire a dit que la culture est tout ce qui nous manque quand on nous a tout appris et inversement la culture est tout ce qui nous reste après avoir tout oublié. J'ai été fonctionnaire international pendant 26 ans en Suisse. J'ai travaillé au département des relations officielles, à celui de la coopération. J'ai fait des missions en Amérique Latine, dans les 52 pays africains, en Europe. Cela vous permet instantanément ce que vous devez dire. Il fallait évaluer la situation qui prévalait, je pense qu'il est de devoir des forces vives. Lorsque le Président fait un pas vers eux, elles doivent faire deux pas vers lui.

 

Me Lamine Sidimé qui est accusé par l'opinion d'avoir empêché l'alternance politique en Guinée est encore de retour dans les affaires, voilà faire du neuf avec les anciens dignitaires. Qu'en pensez-vous ?

 

Le président Dadis a en sa faveur d'être profondément sincère et honnête. Je crois qu'il a tenu compte du niveau de formation de Lamine Sidimé. Mais naturellement, il peut se tromper comme n'importe quel autre homme. Pourquoi ? Lamine Sidimé n'est ni sociologue, ni politologue, moins économiste. Alors, si la Commission Nationale d'Orientation est Politique et Economique, cela ne convenait pas à Lamine Sidimé, qui est un juriste. Je crois que l'entourage du Président ne lui a pas dit que Lamine Sidimé a été accusé à plusieurs reprises d'être à la base de graves critiques contre la façon dont le régime de Conté appliquait la loi. Il trouvait toujours des arguments indéfendables pour défendre les résultats du scrutin. A l'état actuel, je crois qu'il y a des fonctions qui peuvent lui convenir pour continuer à être utile à son pays et au Président. Mais à mon avis, si j'avais été consulté par le président, je lui aurais dit que Mr Lamine Sidimé n'était pas l'homme pour orienter politiquement et économiquement le pays.

 

Ah bon ! Lui qui a été Premier ministre de feu Président Conté ?

 

A mon avis, le profil de Mr Sidimé ne lui permettrait pas d'accepter la fonction de Premier ministre. Quand il a été Premier ministre, l'économie guinéenne a continué à plonger. Je ne dis pas que c'est sa faute, mais il n'a pas su l'orienter à l'époque où il avait le plein pouvoir. Il n'est pas démontré qu'il était l'homme dans cette période où l'économie et la politique se disputaient la première place.

 

Si je vous comprends bien, vous condamnez sa nomination à présent ?

 

Cela ne veut pas dire que je condamne sa nomination, non, mais je dis que dans l'intérêt supérieur du pays, il ne convenait pas. Le président Dadis est le guide. En italien, il y a un mot fort pour indiquer le guide, c'est ''Duce'', qui est plus fort que ''Führer'', en allemand, le chef. Le mot produire en français, si vous cherchez l'origine lointaine latine, signifie conduire devant.

 

De manière concrète, que voulez- vous dire par là ?

 

Alors, il n' y a que le Chef de l'Etat pour orienter la politique nationale, c'est sa fonction. Le capitaine Moussa Dadis Camara est le guide, le conducteur du peuple de Guinée, il ne peut pas y avoir d'autres conducteurs. Si ces préoccupations sont telles, le seul qui peut automatiquement assumer une telle fonction, c'est le Premier ministre, qui est chargé d'appliquer l'ensemble de la politique du gouvernement. Le Premier ministre, chef de gouvernement, est celui qui est revêtu de cette fonction. Au moins, Mr Kabinet Komara est un bon technocrate, un bon banquier. Je félicite le président Dadis qui a fait preuve d'une grande honnêteté et de sincérité vis-à-vis de son peuple. D'autres chefs d'Etat auraient persisté. Mais lui, dès qu'il a vu la contestation de la population, il a eu l'honnêteté de rapporter le décret. Ce que je dis, c'es t mon opinion. Je ne sais pas quelle sera la décision des forces vives, je suis très discipliné. Si les forces vives prennent une décision contraire aux remarques que j'ai faites, je me plierais démocratiquement.

 

En parlant des noctambules, devant le Président, je pensais naïvement aux abonnés des boites de nuit. Alors que vous dénonciez un groupe de personnes qui fréquentent nuitamment le Camp Alpha Yaya. Personnellement, je me couche tôt, et à part les sentinelles, je n'en connais pas. Alors, dites nous qui sont ces gens là ?

 

Je ne réponds pas à cette question ! Je ne réponds pas !

 

D'accord, il y a plus de 70 partis politiques en course pour un fauteuil présidentiel. Mais des voix ne cessent de demander le niveau de baccalauréat et la limitation d'âge pour les présidentiables. Votre commentaire ?

 

C'est absurde. Il y a des docteurs en droit qui sont incapables d'être de bons présidents. Il y a également des agrégés, si vous leur demandez d'être maire de Dixinn, ils ne réussiront pas. C'est dire que le diplôme n'a rien à voir ici. Les qualités de commandement sont aidées par l'instruction, la culture, mais cela n'est pas suffisant. Donc, nous pouvons établir une relation entre le diplôme et la fonction politique. Parmi nos militants, nous avons des avocats et des économistes. Mais quand un problème politique se pose, leur façon de répondre est tellement bête que si on les écoutait tout le temps, le parti sombrerait. Par contre, vous avez des ménagères et des ouvriers qui expriment des points de vue pertinents. Pour la limitation d'âge, j'ai entendu ces arguments, mais c'est tellement idiot. Il faut changer le nombre de mandats à 5 ans, renouvelable une seule fois pour la Guinée. Mais l'âge est une question individuelle. Il n'y a que des sots et des imbéciles qui parlent de la limitation de l'âge. Vous avez des gens de 60 ans qui sont croulants. Comme Abdoulaye Wade du Sénégal, qui est octogénaire, qui est plus âgé que Lansana Conté. Faites la comparaison. Robert Mugabé du Zimbabwe est plus âgé que Me Wade du Sénégal. De toutes les façons, vous avez des gens de 50 ans, tout leur sens de discernement est affecté.

 

Vous n'avez pas accepté les deux précédents arguments, suggérez- nous au moins, quelques critères pour les présidentiables ?

 

Pour être présidentiable, il faut que chaque candidat aux élections dépose des pièces, des dossiers ou le certificat de visite et de contre visite qui doit attester que vous êtes physiquement et mentalement aptes à exercer la fonction. Vous pouvez avoir 60 ans, mais si votre corps est déjà ruiné, vous êtes atteint de la maladie d'Alzheimer ou de Parkinson, (maladie neurologique, NDLR), vous ne serez plus candidat, devant ce Monsieur qui a 75 ans qui fait le footing chaque matin. Les guinéens parlent n'importe comment, c'est par ignorance. Il y a eu le Bénin qui avait limité l'âge à 70 ans, dans la première constitution. Mais, quand ils se sont rendus compte que c'était idiot, ils l'ont supprimé. Fouillez les constitutions de tous les continents, mais vous ne verrez jamais un tel critère. Le doyen Bâ Mamad ou réfléchissait comme un cerveau tout frais par rapport à d'autres qui avaient moins de 15 ans et qui raisonnaient comme des handicapés mentaux.

 

Le secrétariat d'Etat chargé des conflits est supprimé et le lieutenant Issa Camara, promu capitaine, puis gouverneur de Mamou, avec d'autres attributions. Un «Super gouverneur» non ?

 

Non ! Vous aimez jouer avec des choses graves. Il ne faut pas jouer avec ça. Nous avons parlé des juges qui sont les seuls habilités dans un pays normal, doté de la constitution pour rendre des arrêts. Quand un juge en 1ère instance rend l'arrêt, l'instance supérieure reçoit en appel les réclamations et la porte de recours est toujours ouverte, et nous allons à la cour suprême, où à la cour de cassation. Le secrétariat d'Etat chargé des conflits revenait souvent sur des actes de justice devenus définitifs, ayant acquis l'autorité de la chose jugée. Ce n'était pas normal. Il n'y avait pas de PV. L'une des seules attitudes dans la critique des magistrats que j'ai approuvé est qu'il n'y a pas de concurrence entre eux et une administration publique. C'est à eux de rendre une décision de justic e, et pas un ministre. C'est une question de principe très grave. On ne peut pas vouloir construire un Etat de droit, en entamant la crédibilité des institutions chargées de dire le droit, et en donnant à un tiers de rendre la justice, sans compétence. Parce que le magistrat est formé pour faire la distinction entre les différents droits et obligations. Le fait que le secrétariat d'Etat faisait doublon avec la justice, sans être investi de toutes les compétences techniques, créant un certain désordre dans le champ de la justice. C'est pourquoi la revendication était largement motivée, et le Président Dadis a dû, pour des raisons d'Etat, supprimer ce secrétariat, en nommant un titulaire que je connais bien, gouverneur de Mamou, chargé en plus de cette fonction, de lutter contre les coupeurs de route, de trafiquants de drogue, je crois que cela est bien. Le président a agi d'une façon conforme à l'esprit démocratique.

 

Vous avez promis lors d'une interview que vous avez accordée à notre rédaction que vous serez le futur président de la Guinée. Mais voilà que la scène politique est envahie par une multitude de leaders politiques dont certains sont très riches.

 

Pensez- vous que les guinéens sont achetables avec le tas d'argent. Je crois qu'il ne faut pas faire injures à nos compatriotes. Je vous dis que si Dieu nous prête vie, qu'il y ait moins de problèmes en Guinée et qu'il y ait des élections, je serai le futur président de la Président de la République, je n'ai pas changé d'avis, et si mon parti accepte de me présenter?

 

Mais les ''si'' sont nombreux dans votre communication?

 

Je vous dis que je serai le futur Président de la République, même s'il y a des gens qui dorment sur des matelas de dollars ou d'euros, ils vont sentir le parfum de leur billet de banque, mais ils mourront sans être président de la République, et moi, je serai le futur Président de la République de Guinée.

 

 

Propos recueillis par BAH Abdoulaye

L'Observateur

 

 

www.guuineeactu.com

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Vos commentaires
baldé, jeudi 25 juin 2009
M Doré est un beau parleur mais de la à rêver débout pour la présidence il y a un ocean d`inconnus.
camara karifa, jeudi 25 juin 2009
Jean marie doré de son tour a porté le chapeau on lui en veux tout simplement par ce qu`il parle psychosomatique a l`égard de Bah Mamadou.
cheik oumar camara, mardi 23 juin 2009
M. Doré compte de nombreux amis parmi lesquels les ex presidents Sekou Touré et Lansana Conté mais aussi l`actuel Dadis Camara,feux Siradiou et Ba Mamadou,et la totalité des leaders politiques:Somparé,Sekou Konaté,Ba Ousmane,Tidiane Cissé,Alpha Condé,Sidiya,Cellou...j`oubliais et l`ambassadeur de l`allemagne.Pour resumer on dirait qu`il est l`ami de tout le monde.
Taniko, dimanche 21 juin 2009
Ce que je retiens de Doré, il est l`ami de tout le monde.IL est fourbe et demagogue.En fait c`est un amuseur publique sans vergogne.Cet homme est dangereux .

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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