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Le président de la Commission nationale électorale indépendante (CENI), M. Ben Sékou Sylla risque de s’attirer les foudres de ses compatriotes, pour avoir semble-t-il tenté de convaincre le général Sékouba Konaté d’avaliser le report de la présidentielle du 27 juin. Son institution étant dans l’incapacité de boucler les préparatifs avant le jour J.
La nouvelle d’un éventuel report du scrutin du 27 juin a suscité un tollé au sein des états-majors des partis politiques. Et en attendant que cette information ne revête un caractère officiel, bien des gens ne veulent pas y croire.
C’est le président de la Commission nationale électorale indépendante (CENI), Ben Sékou Sylla, en convalescence en France, depuis plusieurs jours, qui aurait jeté ce pavé dans la mare électorale, en annonçant au président de la Transition l’incapacité de son institution à mettre tout au point avant le 27 juin.
Cette démarche relayée par des sites Internet, a failli donner un goût amer à la campagne électorale qui suit son cours, depuis près de 3 semaines.
Quand on sait que parmi les 24 candidats, il y en a qui ont certainement déployé de gros moyens dans leur offensive de charme en direction des électeurs. A travers des tournées marathons, qui les mèneront dans les quatre coins du pays, à coût de milliards de francs guinéens.
Le président de la CENI n’aurait toutefois pas réussi à faire avaler cette pilule au général Sékouba Konaté, qui aurait rétorqué de façon péremptoire que ‘’ce n’est pas à Paris qu’il fallait lui suggérer un éventuel report de la présidentielle». Ben Sékou Sylla, qui n’aurait toutefois pas baissé les bras, devait rentrer ce lundi, pour porter la "mauvaise" nouvelle à l’opinion.
Une pareille démarche du président de la CENI pourrait avoir un effet boomerang. C’est le moins qu’on puisse dire, étant donné que c’est cette même CENI qui a proposé la date du 27 juin à l’appréciation de Konaté. Qui n’a pas trouvé à redire, entérinant du coup cette proposition.
C’est le lieu de rappeler que certains milieux politiques avaient pris avec réserve la nomination de M. Ben Sékou Sylla au poste de président de la CENI, l’organe qui est le maître d’œuvre du scrutin électoral.
Soupçonnant celui-ci de flirter avec une des têtes d’affiche de l’opposition, à l’époque.
Ces détracteurs le qualifient de roublard. Ce qui pourrait déteindre sur sa démarche visant à prêcher pour un report du vote, ce, pour une date ultérieure. D’autant qu’ils insinuent que toute tentative destinée à repousser la présidentielle au delà du 27 juin, pourrait cacher des visées mercantiles.
Comme quoi le président de la CENI a intérêt à mieux se pourvoir, pour ne pas sortir par la petite porte.
L’exemple de la Côte d’Ivoire nous hante encore l’esprit. Là-bas, le chef de l’Etat avait réussi à se débarrasser du président de la Commission électorale indépendante (CEI). L’accusant d’avoir trafiqué le fichier électoral. Beugré Mambé avait beau s’agripper à son fauteuil, refusant de démissionner, il a fini par débarrasser le plancher.
Certains observateurs pensent d’ailleurs qu’à cette allure, on risque bien de connaître nous aussi ce type de scénario. Car si Ben Sékou par son comportement, arrivait à se mettre à dos l’opinion voire les candidats à la présidentielle, cela pourrait lui valoir d’être démis de ses fonctions.
Il a donc intérêt à faire profil bas…
Dian Baldé Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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