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Dans une déclaration rendue publique mercredi 8 mai à Conakry, la société civile guinéenne "a tenu à exprimer sa vive préoccupation quant aux événements qui ont émaillé la vie politique et sociale du pays ces trois derniers mois".
"Nous sommes dans l'incertitude, avec ces nominations fantaisistes. Rien pour l'instant ne prouve que le pays est à l’abri d'un nouveau coup d'Etat" a affirmé, Aziz Diop, le Secrétaire exécutif du Conseil national des organisations de la société civile de Guinée (CNOSC-G).
Pour le Conseil national des organisations de la société civile de Guinée, "de nombreux évènements et décisions prises par le nouveau pouvoir constituent des obstacles à la mise en place d'un réel Etat de droit en Guinée ainsi qu'à la marche vers la Démocratie..."
Certes "des progrès significatifs ont été faits par les nouvelles autorités, notamment l'unicité de la caisse de l'Etat; la lutte contre la corruption et le détournement de fonds; la maitrise de l'inflation, l'organisation des états généraux de la justice..." considère le CNOSC-G.
Mais "la mise en place des institutions telles que la commission nationale des droits humains et le Médiateurs de la République est en violation avec l'article 30 de la constitution qui prévoit leur désignation qu'après l'installation de l'Assemblée nationale" note la société civile guinéenne.
23 conseils communaux et communautaires ont été dissouts et remplacés par des délégations spéciales ces derniers temps. La société civile guinéenne rappelle que "la procédure de dissolution de ces 23 conseils locaux est en violation flagrante de l'article 80 du code des collectivités."
Des militaires ont effectué une descente dans les locaux du groupe de presse L'Indépendant-Le Démocrate. Pour la société civile guinéenne, "cette descente ainsi que les menaces et sanctions arbitraires à l'endroit de certains journalistes des médias publics, constituent des atteintes graves à la liberté de la presse et d'expression".
Comme pour joindre la parole à l'acte, la société civile guinéenne a condamné avec fermeté toute les atteintes civiques, politiques et aux droits humains indiquées ci-dessus. En réclamant l'ouverture d'une enquête sur la mort du jeune militant de l'opposition en avril dernier et les violences policières survenues le même jour.
Dans la même lancée, la société civile guinéenne, outrée par les propos divisionniste de Facinet Touré a demandé son limogeage immédiat de son poste de Médiateur de la République. De même que l'arrêt immédiat de toutes les entraves au débat politique, y compris les médias publics et privés.
En définitive, le CNOSC-G sollicite l'instauration d'un dialogue démocratique entre tous les acteurs politiques et sociaux de manière la plus inclusive possible, et la mise en place d'une commission "vérité, justice et réconciliation".
"Les événements et décisions prises ces derniers temps constituent des éléments qui risquent d'installer un climat de méfiance entre les citoyens, les acteurs politiques et l'Etat, et fragiliser ainsi davantage le tissu social déjà fortement éprouvé" a-t-elle lancé comme avertissement à Alpha Condé.
La société civile n'a pas manqué d'interpeller Alpha Condé et son gouvernement sur l'absence d'un chronogramme précis concernant les législatives. "Pour le bien-être du pays et pour éviter de mettre en cause les acquis de l'élection présidentielle, les législatives doivent se tenir d'ici décembre 2011au plus tard" estime-t-elle.
"La tenue d'élections législatives libres et transparentes mettra un point final à une transition qui n'a que trop duré et permettra l'instauration d'un vrai débat démocratique à travers l'émergence d'une majorité et d'une opposition qui pourront s'exprimer dans un cadre institutionnel clair et légitime" ajoute la société civile.
"La Guinée, après des années de souffrance, vient d'entrer dans une nouvelle ère de son histoire à travers un processus de démocratisation qui se doit d'emmener l'Etat à respecter ses Lois et à se réconcilier avec ses citoyens" conclut la société civile.
Il faut dire que c'est pour éviter au pays une nouvelle période d'exception avec tout ce qu'on sait de cela que le Conseil national, qui n'a que le rôle de mener des plaidoyers et ne dispose d'aucun moyen de coercition, a décidé d'interpeller Alpha Condé et ses acolytes sur ces cas de violation des droits humains, civiques et politiques en cours.
Heinan Goba de Conakry pour www.guineeactu.com
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