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Il est étrange de remarquer que la manifestation tragique du 28 septembre a été précédée, et suivie, à une cadence très rapide, d’autres événements significatifs, comme dans le déroulement d’un plan bien orchestré.
Le magazine « Jeune Afrique » a sorti son attaque frontale contre Monsieur Dadis Camara, juste après la visite en France du général Konaté, comme pour ruiner les efforts déployés à Paris. Dans son édition en vente du 20 au 26 septembre, l’hebdomadaire semble sous-entendre que de graves événements se préparent…. et les graves événements que l’on sait ont suivi à Conakry, donnant la parole de façon exclusive à l’opposition, qui a pu ainsi se répandre dans les médias contre le Président.
Dès le lendemain du drame, le29 septembre, avec une surprenante rapidité, le gouvernement français suspend l’arrêt de sa collaboration militaire avec la Guinée, sans attendre d’être mieux informé par une enquête sur les responsabilités des uns et des autres dans cette affaire. Comme si cette décision avait été prise à l’avance.
Dans cet enchaînement, les faits apparaissent liés les uns aux autres comme dans un scénario bien réglé visant à déstabiliser le régime, et le pays. La situation créée par les manifestations pour faire jaillir la violence apparaît elle aussi comme préméditée. TOUT SEMBLE AVOIR ETE ECRIT D’AVANCE, EPISODE PAR EPISODE, de l’article de presse malveillant, à la provocation du 28 septembre, visant à discréditer Monsieur Camara, à le piéger, et à justifier le « lâchage » de la France - laquelle s’est montrée moins regardante au Gabon après les troubles de Port Gentil, où beaucoup d’hommes et de femmes ont trouvé la mort sous le feu de l’armée gabonaise sans émouvoir grand monde, et sans retarder d’une seconde la reconnaissance de l’élection pourtant contestée de Monsieur Ali Bongo. Les manifestants ivoiriens victimes des tirs de l’armée française à Abidjan il y quelques années témoignent aussi que les dérapages du maintien de l’ordre sont jugés à Paris selon des critères assez variables …
Par son action contre les narcotrafiquants, contre les abus de toutes sortes, et son indépendance d’esprit, le Président Camara gêne beaucoup de groupes de pression, beaucoup d’intérêts, dans un pays dont les richesses excitent les convoitises, en Guinée, et partout ailleurs.
Y-a-t-il eu complot pour barrer la route des élections au Président Camara ? Qui aide l’opposition à le mettre ainsi en danger ? Ce sont des questions à considérer pour décrypter les événements, et prévoir l’avenir. Le premier résultat du plan est atteint pour l’instant : présenter Le capitaine Dadis Camara aux yeux du monde comme un dictateur sanguinaire, un soldat incapable de gouverner.
S’en prendre ainsi à l’image d’un leader africain pour le déstabiliser et tenter de le faire partir est une vieille technique très éprouvée : Laurent Gbagbo, entre autres, en a déjà fait les frais pendant les années de sa brouille avec la France.
Cette fois, et quinze jours à peine après les faits, avec une précipitation qu’on peut trouver suspecte, en tout cas inhabituelle, c’est l’Union Européenne qui appelle à traduire Dadis Camara devant un tribunal pour « crime contre l’humanité », et les Etats Unis qui ordonnent à la junte de quitter le pouvoir.
On ne peut être plus catégorique dans la condamnation organisée, préméditée, d’un homme. Le Diable habite à Conakry, détournez-vous de lui : voilà le message envoyé au monde, et à l’entourage de Dadis Camara.
C’est ce qu’on peut appeler sans exagération un complot.
Amine Diallo, Conakry
www.guineeactu.com
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