mercredi 15 juin 2011
"Il n'y a aucune différence entre le régime d'Alpha Condé et les régimes précédents en matière... d'impunité" dixit Thierno Bah, président du CODDH

Thierno Bah, président de la Coordination des organisations de défense des droits humains (CODDH) a fait cette déclaration le 14 juin devant la presse. Il s'exprimait sur la situation sociopolitique et économique actuelle de la Guinée, entouré d’Ousmane Ben Camara, Secrétaire Général du Réseau guinéen pour la protection des consommateurs, Noha Traoré, représentant de la RADHO et Me Aimé Christophe Labilé Koné, président de l'association des jeunes avocats de Guinée.

Dans une déclaration lue par Thierno Bah, la coordination des organisations de défense des droits humains, dans son ensemble, se dit "préoccupée vis-à-vis de l'évolution de la situation sociopolitique dans la perspective d'une meilleure réussite du processus de démocratisation et du décollage économique de la Guinée". Cependant, note-t-elle : "Nous constatons avec amertume la lenteur observé dans le déclenchement du processus de réconciliation nationale figurant parmi les priorités du programme du Président de la République..."

Tout en récusant "avec force les propos à caractère ethnocentriques du médiateur de la République, en exprimant ses vives préoccupations vis-à-vis de la monté en puissance des propos aux relents ethnocentriques sur les ondes de certaines radios, la CODDH a exprimé ses préoccupations vis-à-vis de la lenteur observée dans la tenue des législatives. La coordination des organisations de défense des droits humains n'a pas manqué, aussi, de condamner les velléités de bâillonnement de la presse à travers des menaces, des tentatives d'arrestation et d'intimidation dirigées contre les responsables de certains organes de presse.

L'assassinat, le vendredi 20 mai, d'un pauvre citoyen par quatre agents du commissariat central de la police de Ratoma, les affrontements intercommunautaires survenus à Galakpaï ont été dénoncés et condamnés par la CODDH. A propos des affrontements intercommunautaires survenus à Galakpaï, les défenseurs des droits humains se disent au regret de constater que leurs agents ont été empêchés d'aller sur le terrain.

Ousmane Ben Camara, Secrétaire Général du Réseau guinéen pour la protection des consommateurs, membre de la CODDH, a ajouté plus particulièrement que la nomination au sommet de l'Etat des barons du régime de Lansana Conté, considéré par l'opinion comme responsable du retard du pays, est l'illustration du cautionnement par le régime d'Alpha Condé de l'impunité. "Tant que cela persiste nous n'allons jamais nous en sortir" a averti le Secrétaire Général du Réseau guinéen pour la protection des consommateurs.

Au regard de tous ces faits, la Coordination des organisations de défense des droits humains recommande au Président de la République de mettre en place un cadre de concertation pour le déclenchement du processus de réconciliation nationale. Elle lui recommande aussi de faire application des dispositions prévues par les textes de loi en vigueur en Guinée vis-à-vis des récentes déclarations du Médiateur de la République, le Général Facinet Touré.

"Le respect de ces recommandations de même que celui des engagements internationaux que la Guinée a librement souscrits feraient d'elle un bel exemple en terme de respect des droits humains" conclut la Coordination des organisations de défense des droits humains.

Le rôle des défenseurs des droits humains est de dénoncer, condamner, les cas de violation de l'homme pour éviter la commission de nouveaux crimes. Elle a aussi pour mission d'informer et d'éduquer les populations sur leurs droits et leurs devoirs. Mais au-delà de ces principaux rôles, les défenseurs des droits humains peuvent assigner en justice les auteurs présumés de violation des droits de l'homme. Ils peuvent également assister les personnes victimes de violation de leurs droits.

Cependant rappellent Souleymane Bah et ses collègues "les cas de violation des droits de l'homme portés devant les tribunaux n'ont jamais été jugés". "Chaque fois que nous portons plainte, c'est notre dossier qui se perd" a déploré Souleymane Bah.

La CODDH pense que le gouvernement Guinéen fait semblant de vouloir juger le massacre du 28 septembre. Les moyens mis à la disposition des juges en charge de ce dossier sont dérisoires, selon le président de la CODDH. Le local mis à la disposition est à la vue des forces de l'ordre mettant en insécurité les victimes ou les témoins qui souhaitent s'exprimer sur la question. Souleymane Bah et ses collègues se disent choqués du fait que pendant que les victimes attendent impatiemment, les présumés coupables se promènent et occupent une place au soleil.

La faible capacité des organisations guinéennes de défense des droits humains et l'existence de ce que Noha Traoré, le représentant de la RADHO a appelé les rouleaux d'étranglement (obligation d'épuiser tous les recours internes) sont aujourd'hui des faits qui handicapent la volonté de saisir les juridictions régionales et internationales, a fait savoir la CODDH.

Malgré les menaces qui pèsent sur eux, Souleymane Bah a dit qu’ils n’ont pas peur. Seulement ils ne sont pas audacieux. "Si vous vous engagez dans un combat, la peur ne fait pas gagner. Nous n'avons pas peur. Seulement nous ne sommes pas audacieux parce qu'il ne faut pas exposer sa vie" a-t-il dit en substance.


Heinan Goba

de Conakry pour www.guineeactu.com

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Vos commentaires
Taniko, jeudi 16 juin 2011
Conté et Dadis sont plus serieux et plus apte à gouverner que ce voyou que nous avons.Alpha est incompetent,il est mechant et complexé.Ce sont les genes de sekou touré et ils ont les memes réactions,ils voient les mercenaires,les saboteurs partout
Bangaly Traoré, jeudi 16 juin 2011
Le régime de RPG est semi-militaire,totalitaire c`est le règne de l`impunité et de l`aplatissement devant le pouvoir et les puissances de l`argent.NB:Le régime est dépourvu de toute culture démocratique.
Ibrahima M`Bemba Sow, jeudi 16 juin 2011
On ne répétera jamais assez que Alpha Condé - qui ne s`est jamais opposé qu`au régime de Lansana Conté -, n`était obsédé que par le pouvoir. La démocratie et le progrès social des guinéens ne font pas partie de ses priorités. Il cherche au contraire à reconstituer une dictature sur le modèle de celle de son mentor Sékou Touré, quitte enflammer ce qui reste de tissu social et d`unité nationale. A observer attentivement les différents actes posés par le nouveau PRG depuis six mois, l`on se rend aisément compte que Alpha Condé méprise en fait les guinéens et qui sait, la Guinée avec. Toujours est-il que les partis d`opposition et les organismes de défense des Droits humains ne semblent pas avoir bien compris les objectifs politiques du Pouvoir d`AC. En effet, celui-ci n`entend surtout pas s`inscrire (volontairement) dans une logique de démocratisation de la vie publique. Ce qui serait incompatible avec sa vision despotique de gouvernance de l`Etat. C`est donc aux guinéens patriotes courageux, à quelque niveau que ce soit, de savoir ce qui leur reste à faire pendant qu`il est encore possible de défendre les maigres acquis démocratiques si chèrement arrachés aux dictatures militaires.
alpha sombory, mercredi 15 juin 2011
ALPHA CONDE, avait dit "je prendrais la GUINEE, ou SEKOU TOURE, la laissee. eh bon, nous savons tous qui etait ce dictateur. nos parent et compatriotes guineens ont vecu" les exations SEKOUTOURENNN". il n y pas trop de difference.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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