vendredi 25 avril 2008
« Le gouvernement doit être remanié, il y a des ministres qui sont négatifs »
Thierno Dayèdio Barry

Ce sont les propos de Mme Rabiatou Serah Diallo de la CNTG, tenus lors d’un débat télévisé-le dimanche dernier - animé par le confrère Yamoussa Sidibé de la RTG.

L’on n’attendait plus que cette vérité, pour mieux comprendre la position de la centrale syndicale la plus forte du Pays, sur un sujet aussi préoccupant.

Il n’est plus question de fermer les yeux sur la réalité. Ce gouvernement, en place, a raté le coche. Serah nous en fait le diagnostic.

Pourquoi le remaniement ?

Pour avoir un gouvernement performant et engagé, mais, surtout  faire appel à des cadres  compétents et responsables. De bien des points de vue, toute la carence du gouvernement actuel est imputable au fait que Kouyaté a perdu le contrôle de son équipage. Ce qui aurait dû le préoccuper,  après l’évaluation - que d’aucuns estiment complaisante - des membres de son gouvernement, c’est moins le renouvellement de sa confiance en ses collaborateurs, que la mise su la touche de tous ceux qui en constituent le poids mort. Aujourd’hui, c’est trop tard, le gouvernement est poreux, en son sein la divergence est totale. Kouyaté n’a plus la situation en main, le naufrage  est irréversible.

Tout se résume en une sorte d’anarchie entretenue. Le germe de l’échec réside dans l’équipe gouvernementale, elle-même. Pas question d’accuser le charlatan du voisin.  Faudrait-il en déduire que si le choix tombé sur Lansana Kouyaté a été une maladresse, la nomination de certains ministres n’en aura pas été moins ? Le laisser-faire se manifeste en tout. Sinon, comment comprendre que le ministre des Affaires étrangères s’octroie le privilège de donner, au nom du gouvernement, sans en informer son chef, et en lieu et place de son homologue de l’Emploi et de la Fonction publique, pleins  pouvoirs à une délégation de quatorze membres, composée de citoyens choisis - l’on ne sait sur quels critères - pour représenter le Conseil national du Patronat guinéen  aux travaux de la 97e Session de la Conférence internationale du Travail à Genève (Suisse), à partir du 27 mars dernier ? Notons qu’aucun représentant du Ministère de l’Emploi et de Fonction publique n’accompagnait la délégation. Sans compter le fait que le Patronat connaît une cacophonie en son sein par la faute du gouvernement qui y a toujours entretenu de la confusion. Pendant que le ministre de la Fonction publique soutient Youssouf Diallo, son homologue des affaires étrangères s’empresse à donner pleins pouvoirs à celui qui lui semble le mieux  placé pour parler au nom du gouvernement. Ce désordre est d’autant préjudiciable à la crédibilité du premier ministre, que son autorité, au sein de son équipe, est entièrement compromise.

Que restera-t-il au chef du gouvernement ? N’en attendez pas une réponse de la Primature.

L’homme a horreur de perdre cette image de chef d’Etat potentiel qu’il s’efforce de se donner, partout où il passe.

Il se poserait plutôt un problème de point de chute. Voilà qui freine la volonté de renoncer au vin d’honneur. 

Mais rien n’est encore joué, puisque Kouyaté ne s’est pas encore lassé d’incarner le personnage de ses rêves - depuis plus d’une année - à ce prestigieux poste, sans statut.

Il n’y a plus d’illusions à se faire, le gouvernement a atteint ses limites.

Il ne reste plus à Kouyaté qu’un geste à poser : Remanier son gouvernement, pendant qu’il en a encore le temps. Ce serait une façon de répondre à une certaine préoccupation. La proposition d’aller à un gouvernement d’ouverture pourrait, peut-être, lui éviter une sortie par la petite Porte.

Thierno Dayèdio Barry
L’Indépendant, partenaire de www.guineectu.com

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Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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